‹ Abcès du Lobe frontal consécutifs aux Ostéites et aux Sinusites frontalesChapitre 11 sur 16 · LE 0 OU · texte numérisé non relu

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Evacuarion pu PUS. — Le pus étant découvert, il faut l'évacuer. |

Pour cela, on pourra faire usage du bistouri (Bonninghauss, Maxeven) ou simplement d'une pince coudée, en se servant comme conducteur de l’aiguille qui a permis de découvrir le pus et qui est restée fichée dans la substance cérébrale: On fera de la sorte un orifice assez large qui permette une bonne évaeuation du pus ; on ‘se gardera de toute manœuvre inutile et traumatisante pour le tissu cérébral : introduction du doigt ou d'instruments divers dans. la cavité de l’abcès.

DRaAINAGE. — C'est un des temps les plus difficiles et les plus contreversés du traitement. La plupart des auteurs lui restent fidèles ; ils le pratiquent avec des drains divers, en caoutchouc, en verre, en os décalcifié, et résorbable, à l’aide de compresses.

Moure critique ces procédés ; le drainage par fils, ou tubes perforés, ne donne aucun résultat, dit-il. comme le prouve le flot de pus qui s'échappe au cours de chaque pansement, alors que les compres-

ses restent propres ; il préconise des valves mécani-

ques maintenues écartées par un ressort doux. D’autres auteurs déclarent que tout drainage, quel qu'il soit, est fatalement défectueux, en raison de la consistance de la matière cérébrale, qui vient fatalement obstruer toute lumière ouverte à son intérieur. La seule façon de pratiquer une évacuation correcte de l’abcès consiste à faire des pansements quotidiens

LE Re

après ouverture du trajet à l’aide d'une ou plusieurs pinces coudées, ou d’un spéculum à valves longues

et étroites, spéculum d’Hautant.

: Par contre, Joseph T. J. King, Leriche, plaident en faveur du traitement à plat des abcès du cerveau. Ils incisent le toit de la cavité abcédée et suppriment

out drainage.

Mais, eéette nouvelle méthode de traitement estelle applicable dans tous les cas?

Tavernier établit très nettement la distinction qui existe entre les abcès superficiels, et les abcès profonds.

Dans le premier cas, la cavité de l’abcès est facile-

. ment accessible, et le pont de substance cérébrale

qui le sépare de la corticalité est de faible épaisseur. Dans ces conditions, la méthode préconisée par King et Leriche paraît la plus logique. Luc avait déjà vu combien ces abcès superficiels guérissent facilement après incisions.

Mais, quand il s’agit d’abcès profonds, séparés de la corticalité par des distances de 3 cm. ; 3 em. 1/2 comme dans nos trois observations, de 12 cm. (Jaboulay), l’incision du couvercle de substance cérébrale, séparant la poche purulente de la corticalité, ne va pas sans gros dégâts. Un tel délabrement ne constituerait-il pas un ros danger par lui-même?

La ligne de conduite recommandée par Tavernier nous paraît la plus logique :

Lutin

Abcès superficiel : traitement à plat sans drainage; ‘ Ouverture large.

Abeès profond : établissement d'un trajet fistuleux et drainage. Le drainage sera poursuivi très longtemps, plusieurs mois s’il le faut.

Dans cette seconde éventualité, le pronostic reste

fatalement beaucoup sombre : tous les recessus de la poche de l’abcès ne sont pas également bien drainés, et on risque de voir se former de nouvelles collections purulentes.

Le choix de la méthode de traitement reste donc

pour nous une question d'espèce ; le chirurgien s laissant guider par la profondeur des lésions.

SOINS POST-OPÉRATOIRES. — Abcès superficiel traité à plat, suivant la méthode préconisée par Leriche et King. à

Ces auteurs recommandent des pansements rares.

Au 4° ou au 5° jour, on enlèvera le premier pansement ; par la suite on fera un pansement toutes les semaines, avec de la gaze stérilisée, disposée à plat sur la plaie, en s’abstenant de toute manœuvre 1ntra-cérébrale. Nettoyage soigneux des téguments au pourtour de la plaie.

Abcès profonds, traités par drainage.

Les pansements seront fréquents, tous les jours ou tous les deux jours ; renouvelés aussi souvent que le réclamera la rétention du pus. À ce point de vue l'examen de la courbe thermique sera d’un précieux secours.

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