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que de ne pas êlre diagnostiqué ni même soupçonné.
La constation d’un tel trépied : notion étiologique, céphalée, torpeur intellectuelle, doivent inciter à la recherche des autres symptômes moins constants et d'une observation plus difficile. Le faisceau symptomatique ainsi constitué permet de serrer de plus près un diagnostic, qui, trop souvent encore, n'est confirmé ou infirmé qu'au cours de l'intervention ou de l’autopsie. £
Peut-on diviser les signes de l’abcès du lobe frontal, en signes de la période de début, signes de la période de rémission, et signes de la période termina-
le, comme il est classique de la faire pour les abcès cérébraux? Nous ne le pensons pas. Dans la majorité des cas, en effet, lorsqu'un malade se présente à nous, son histoire est la suivante : Un sujet à présenté une sinusite frontale, une ostéite, ou a été victime d’un traumatisme frontal ; les jours ou les semaines suivantes, sont apparus une céphalée plus ou moins vive, des signes de dépression psychique, une fièvre légère, de l’amaigrissement, parfois on peut noter un vomissement ou des nausées, une crise conyvulsive ou une parésie.
A notre avis, il serait téméraire de dire : il s'agit là de signes de la période de début. Il nous semble plutôt qu'il s'agit de signes d’abcès, dont il faut compléter par tous les moyens cliniques et de laboratoire la symptomatclogie.
Laissant de côté la division classique, nous dé-
crirons l’abcès du lobe frontal sans nous préoccuper de leur succession dans le temps, laquelle ne nous semble pas pouvoir cadrer avec aucune’-classification.
Nous les grouperons sous 4 rubriques +
Signes d'infection sinusienne ou frontale.
Symptômes de suppur2tion. | Symptômes de compression intra-Cranienne.
Symptômes de localisation.
Symptômes d'infection sinusienne frontale
La notion étiologique est le plus souvént évidente. .. Dans la moitié des cas d’antrites frontales, compliquées d'abcès du cerveau, il existe une collection suppurée frontale ou orbitaire. Cette collection ne saurait faire défaut, lorsqu'il s’agit d’ostéite frontale, sans participation de l’antre, comme dans nos deux premières observations. « La notion de son existence devra tenir éveillée l’attention du rhinologiste, vers la possibilité d’une intériorisation des lésions vers le lobe fronta! », disent Portman et Moreau, dans une publication récente. D’autres fois, la malade souffre de céphalée violente au niveau du front ; il raconte qu'il mouche du pus. L’interrogatoire doit rechercher l’anosmie, et la cacosmie qui sont fréquemment observées en cas de sinusite frontale chronique. La palpation du sinus frontal réveille une vive douleur: L'examen rhino-
logique après adrénaio-cocæ#nisation révèlera du pus dans le méat moyen fréquemment obstrué par des polypes.
La diaphanoscopie est un signe infidèle en raison de la grande variété de formes et de dimensions des
sinus frontaux. .
La radiographie est beaucoup plus fidèle ; elle indique nettement un point de nécrose osseuse en cas d'ostéite évoluée ; mais il est des foyers d’ostéites qui échappent aux rayons ; d'autre part, les sinus frontaux peuvent manquer ; ils peuvent contenir à leur intérieur une cellule: ethmoïdale anormalement développée comme dans le cas décrit par Abrand. Ce sont autant de causes d'erreurs. Il ne faudra donc passe fier à un signe isolé ; mais essayer d'en constituer un faisceau pour établir sa conviction.
Signes de suppuration
Frèvre. — La fièvre est la manifestation clinique de l'infection. Classiquement, elle est peu éievée, ne dépassant pas 38 ou 38/5 ; mais son appréciation est difficile, en raison des lésions concomitantes ; sinusites ostéomyélites frontales, phlegmon superficiel ou orbitaire, méningite purutente, ete., susceptibles de déterminer de l’hyperthermie. La température a été trouvée normale dans de nombreux cas. Nous citerons les observations de Martin, Kebel, Paul Laurens, et plus récemment celles d'Aboulker, Belle. Portman t Moreau, Guillain et Libert. Ce. dernier
cas nôus paraît particulièrement intéressant, puisqu'il s’agit d’un abcès métastatique, dont le point de départ aurait été un petit foyer d’ectasie ‘bronchique ; ici la lésion concomitante était si minime que, pratiquement, on peut la négliger dans l'appréciation de la température. :
L'hypothermie a été signalée .; les auteurs anglais ont voulu ÿ voir un signe d’une grande valeur diagnostique ; mais il est si rarement rencontré qu'on ne saurait en faire un signe de premier plan. De l'ensemble des constatations faites par les différnts auteurs, il ressort, que l’'abcès du lobe frontal s accompagne d’une fièvre peu élevée ou d’une température normale. C’est là un signe dont on ne saurait nier la valeur, puisque toutes les autres complications craniennes ou endocraniennes s'accompagnnt d'une hyperthermie manifeste.
ETAT GÉNÉRAL. — Si la fièvre est peu élevée, ot même ‘absente, par contre, l’état général est fréquemment et profondément atteint ; ce contraste ne manque pas d'intérêt au point de vue diagnostic. Dans bon nombre de cas, le malade, immobile, prostré, se montre indifférent aux personnes et aux objets qui l'entourent. Son facies est pâle et plombé. Il donne l'impression d’une atteinte profonde por: tée à sa santé ; mais ce signe est loin d'être constant, comme le prouvent les observations d’abcès ambulatoires, publiées par : Aboulker, et encore les observations de Guillain et Libert, de Belloimo.
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AMAIGRISSEMENT. — C’est un signe sur lequel les
auteurs insistent. Dans quelques cas, il atteint un
degré tel, qu'il devient significatif. Luc, Lemaître, en rapportent chacun une observation démonstra-
tive ; il s’agit de malades opérés de sinusites fron-
tales ; en quelques semaines, sans qu'aucune auire complication puisse en donner une explication, ils ont maigri de plusieurs kilos (8 kilos en un mois dans le cas de Lemaître). L'intervention a permis de découvrir un abcès du lobe frontal. De tels faits sont
rarement rapportés ; le plus souvent l’amaigrisse-
ment est beaucoup moins marqué, et partant, beaucoup moins significatif.
Les autres signes : inappétence, état saburral des
voies digestives, frissons, ne présentent aucun Ca-,
ractère susceptible de retenir l'attention. Ils exis- | tent dans la plupart des cas ; cependant, un de nos malades s’alimentait normalement, et même réclamait à manger.
EXAMEN DU SANG. — Ncus n'avons pas connaissance que la recherche des modifications de la formule sanguine ait été pratiquée dans les abcès des lobes frontaux. Nous devons nous en tenir aux don
nées établies par Sébileau pour les abcès du cerveau
d'origine otique : Hyperleucocytose légère, variant autour de 15.000 globules blanes avec 35 % de de nucléaires,