PT PAR
Signes de compression
SIGNES DE COMPRESSION. — Il constitue le groupe de signes le plus fidèle ; c'est sur éux que repose ic diagnostic dans la majorité des:cas.
CÉPHALÉE. — Parmi ces signes, la céphalée occupe une place primordiale ; bien qu'elle soit moins constante, et surtout plus variable que dans les cas de tumeurs.
C’est un mal de tête général, fixe, pouvant, s'accompagner de paroxysmes, sous forme d’élancements ; il est augmenté par toute cause d'hypertension intra-cranienne, toux, éternuments, changements de position.
Son acuité est des plus variables; il peut être extrèmement intense, arrachant des cris ou des plaintes inarticulées au patient.
Le malade qui a fait l’objet de notre observation n° 2 en est un exemple. Paul Eauxens, Leesaard, Mac Coy avaient déjà signalé des cas analogues.
Par contre, la céphalée est très peu accentuée dans nombre de cas. C’est une céphalalgie vague, une sorte d’abrutissement sur lequel le malade n’attire pas spontanément l'attention, ct, que l’interrogatoire doit mettre en lumière.
Quant aux cas où la céphalée a fait ete défaut, comme celui de Bellomo, de Luc, nous les croyons extrêmement rares. Îl est, en effet des malades qui sont dans un'tel état d’obnubilation, qu ii est impossible d'obtenir d'eux une réponse précise.
Chez le malade qui a fait l’objet de notre observation n° 1, la céphalée a complètement disparu du jour où son abcès a été ouvert et drainé. Luc, Rafin, avaient déjà signalé ce fait.
Le siège de la céphalée est en général la région frontale, et du même côté que la lésion ; mais, dans bien des cas, elle est généralisée ; nous avons vu un de nos malades, se plaindre surtout de la nuque.
La différence de volume de l’abcès, les sièges di-
vers qu’il occupe suivant les cas, et aussi la multi plicité et la variété des lésions concomitantes peuvent, croyons-nous, rendre compte des variations si grandes de l’acuité et du lieu où le malade situe ‘a douleur. Qi
Pour rendre à cette céphalée toute sa valeur, il faut encore la distinguer des violents maux de tête que peuvent causer les lésions osseuses : antrite frontale, ostéomyélite cranienne, méningite.
Une céphalée qui persiste après une intervention sur les sinus devient un puissant argument en faveur de la propagation de l'infection au cerveau.
VOMISSEMENTS. — Ce signe est loin d'avoir la valeur de la céphalée. Il nous est apparu inconstant,
car il n’est pas signalé dans un grand nombre d'ob-.
servations. Les vomissements ont fréquemment une } durée éphémère ; souvent on en observe un seul, ou
simplement quelques nausées ; on conçoit que dans:
ces conditions il puisse passer inaperçu. Lorsqu'ils existent, ce sont des vomissements du type cérébral, 4 L.
-en fusée, sans effort, né s'accompagnant d'aucun signe gastrique ou digestif.
On ne saurait vraiment Compter sur un signe auss’ fugace ; il n’acquiert une réelle valeur que par son association avec d’autres symptômes d'hy pertension intracranienne. |
| RALENTISSEMENT pu POULS. — C'est beaucoup plus “un signe d'hypértension intracranienne qu'un symptôme d’abcès du cerveau. Aussi ne faut-il pas - s'étonner que les caractères du pouls varient énormément d'un cas à l’autre dans les abcès du lobe frontal, dont le volume et la conformation sont ex- trêmement diverses.
Luce note le ralentissement du pouls dans 11 cas seulement sur 36.
C’est en générai un lénenent nigdété entre 5o et 60 pulsations à la minute. Parmi les chiffres les plus bas, nous trouvons 50 Jacubash, Lannois et Sargon, 4o Harris.
Fréquemment, le pouls est plus rapide que la normale ; c’est qu'en effet, l'abcès n’est pas la seule cause qui agit sur le pouls. I faut tenir compte des lésions ostéitiques ou méningées, des résorptions sceptiques qui évoluent de concert avec l'abcès et provoquent de la tachycardie. L'existence d’un pouls dissocié avec la température par exemple d’un pouls à 70, alors que la fièvre atteint 39° où 4o°, doit être considérée comme un vrai ralnetissement du pouls.
Après intervention, lorsque l’abcès a été évacué, |