LÉGENDE DE LA PLANCHE V
Fig. 1. — Coupe de la paroi d'un abcès froid montrant la transformation caséeuse en pleine épaisseur de la paroi. Des cavités pariétales irrégulières résultent de cette transformation ; leur contenu se déverse dans la cavité de l'abcès.
Fig. 2. — Vaste foyer bémorrhagique et petits foyers secondaires au sein du tissu des cellules embryonnaires de la paroi d'un abcès froid.
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ans un sens parallèle à la surface de la paroi. On trouve quelquefois les communications de ces espaces vides avec la cavité 1 abcès, par des trajets analogues à ceux des follicules tuberculeux, et j'en fais représenter le dessin. Ces larges cavités sont placées entre la zone de prolifération et la zone voisine de la cavité de l'abcès. Elles ont pour limite un bord granuleux comparable au bord tangent à la cavité de l'abcès. De plus, elles reçoivent un certain nombre de follicules qui viennent y déverser leur contenu ; plusieurs trajets tuberculeux y aboutissent en un mot. La forme de ces espaces pariétaux est très capricieuse et indique, avec le concours des particularités précédentes, le mécanisme de leur origine. Peut-être est-ce le ramollissement d'un ou plusieurs tubercules agglomérés qui leur a donné primitivement naissance ; mais, dans la suite, il s'y ajoute certainement la destruction d'une partie de l'épaisseur de la paroi ; l'envahissement des cellules étant irrégulier, inégal selon les directions, il en résulte bientôt des amas de matière caséeuse désagrégée. Par les communications qui s'établissent avec la cavité de l'abcès, ces amas sont entraînés du côté de cette cavité, et il ne reste plus alors qu'un des espaces précédents. La présence de ces cavités est d'ailleurs éphémère, et elles doivent tôt ou tard faire partie de la cavité de l'abcès. La résistance des éléments qui les entourent cesse en effet à un moment donné, les fissures se multiplient et s'agrandissent, une partie de l'épaisseur de la paroi tombe dans l'abcès, la caverne a disparu. C'est par ce même mécanisme d'une transformation caséeuse rapide et étendue, en nappe et d'une grande épaisseur delà paroi, qu'on doit expliquer la présence dans la cavité de l'abcès de lambeaux membraneux ou de couches caséeuses plus ou moins épaisses. Tantôt libres, d'autres fois retenus par un bord, un angle, une courte surface adhérente, ces lambeaux ou amas portent endans les éléments cellulaires qu'on y rencontre, toute la
. - e d es transformations accomplies, et sur certaines prépa-
rations on assiste pour ainsi dire au moment où leur chute va se faire.
C'est aussi dans les mêmes circonstances que se produisent au sein de la couche des cellules en voie de désorganisation des hémorrhagies pariétales (pi. V, fig. 2), par destruction des vaisseaux capillaires embryonnaires qui la parcourent. Ces hémorrhagies se montrent sous forme d'amas de globules rouges, épars et disséminés au milieu des cellules, ou sous forme de traînées le long de la paroi de ces vaisseaux qui ne se trouve plus qu'indiquée au milieu d'elles. Ailleurs, c'est une nappe hémorrhagique que l'on suit jusque dans la cavité de l'abcès ou dans une des cavernes précédentes. Les ruptures qui donnent lieu à ces hémorrhagies s'expliquent d'autant mieux que les dimensions des capillaires sont quelquefois énormes ; nous en avons mesuré qui avaient près d'un millimètre de diamètre ; leur unique paroi, formée uniquement de cellules embryonnaires peu reliées entre elles, privée du soutien des parties voisines altérées probablement aussi comme elles, se rompt spontanément sous l'effort d'une circonstance quelconque d'origine extérieure ou intérieure.
Pour compléter l'étude anatomique de la paroi, nous devrions maintenant montrer les modifications qui se passent du côté des tissus et faire voir comment la paroi se renouvelle, se développe et s'accroît à leur détriment, tandis qu'elle se détruit sans cesse du côté de la cavité de l'abcès. L'histoire de cette évolution est chose nécessaire ; mais nous croyons qu'en la traçant dès l'origine, depuis la tumeur primitive qui précède l'abcès jusqu'à la période où l'abcès a atteint ses dimensions ordinaires, elle trouvera un plus grand intérêt et sera faite avec plus de fruit.
Evolution des abcès froids. — Tumeur primitive ; formation de l'abcès. — Envahissement des tissus voisins; accroissement de l'abcès. — On peut dès l'origine suivre en entier l'évolution des abcès froids ; car il est ordinaire de trouver sur le