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sous ces deux états et lorsqu'elles infiltrent une portion du tissu osseux, elles vont bientôt constituer des taches que nous examinerons un peu plus loin. Si les modifications ultérieures n'avaient trait qu'aux métamorphoses qui vont s'accomplir dans ces produits néoplasiques, la description n'éprouverait pas d'embarras. Mais la moelle, le périoste, le tissu osseux, les cartilages voisins sont le siège d'altérations concomitantes qu'il est d'autant plus important de connaître, que dans la tuberculose limitée elles seules persisteront à un moment donné, alors que toute trace de tubercules a disparu au moins sur place, dans l'endroit primitivement atteint.
Activité de la moelle, ostéite raréfiante. — Au voisinage des granulations tuberculeuses, la moelle est le siège d'une prolifération active, ses éléments reviennent à l'état embryonnaire et ce travail s'étend quelquefois assez loin. 11 a pour conséquence l'agrandissement des cavités osseuses voisines; les parois osseuses de ces cavités sont rongées et disparaissent sans laisser de traces. En un mot, on se trouve en présence d'une ostéite raréfiante de voisinage. Le microscope démontre que cette ostéite est un fait constant, et, pour lui donner plus d'importance, Ranvier, qui en a bien tracé les phases, la met sous la dépendance de l'irritation formatrice ou créatrice des granulations L'ostéite, en un mot, précéderait de quelques instants l'apparition des tubercules. Ce n'est évidemment là qu'une hypothèse, et, s'il est difficile de dire lequel des deux phéno-
' P c -i nrécédé l'autre, leur simultanéité n'en reste pas moins comme un fait acquis dont l'importance ne saurait échapper. P tt ostéite raréfiante ou destructive se traduit par un agrandi fi-ps visible à l'œil nu des cellules du tissu spondissemeni usa »"> r
• ï- le même phénomène se propage quelquefois jusqu'au
1 médullaire dont les fines cloisons disparaissent sans
i • or de traces. L'intérieur de ce canal se trouve plus lisse
continuant à s'agrandir aux dépens du tissu compact
. jjsparaît par résorption, il peut réduire à des dimen-
sions très exiguës l'écorce compacte des os longs. Dans plusieurs de nos observations nous avons fait cette remarque en examinant comparativement les os similaires, et le dessin de la planche VIII, fig. 1, est un exemple frappant de cette diminution d'épaisseur. Cette variété d'ostéite raréfiante est une des causes de la fragilité des os longs, fragilité qui les expose aux fractures, lorsqu'on veut redresser trop brusquement des membres qui ont, dans ces conditions, une attitude vicieuse.
Ainsi les cavités osseuses s'agrandissent dans les points envahis par le néoplasme tuberculeux, et l'on trouve autour de lui tout d'abord une zone excentrique de couleur rouge. d'autant plus marquée que le point occupé par les granulations est plus pâle. Cette ostéite ne reste pas longtemps limitée ; elle s'étend et se propage, peut-être parce qu'elle est provoquée par de nouvelles poussées tuberculeuses ou uniquement par le fait de l'intensité de l'irritation périphérique. Elle peut ainsi envahir la presque totalité d'une épiphyse, se cantonner dans une région de ces éminences, ou se propager encore du côté de la diaphyse. On voit de suite toutes les conséquences qui vont en résulter pour les cartilages diarthrodiaux et épiphysaires et par suite le danger qui menace les articulations.
Mais, avant d'en parler sommairement, il est nécesaire de compléter cette étude de l'ostéite raréfiante secondaire qui ne se révèle pas toujours avec les mêmes caractères. Pour mieux en apprécier les variétés d'aspects, on doit se rappeler que la marche de cette ostéite est essentiellement lente, d'une durée de plusieurs années quelquefois, et qu'elle trouve chez les jeunes sujets, qui y sont infiniment plus exposés que les adultes, des os en pleine activité d'accroissement.
Cela dit, si l'on fait au couteau des coupes variées d'une épiphyse qui présente des granulations tuberculeuses, voici quelles en sont les apparences diverses ; une pièce peut ne pas les présenter toutes, bien qu'on les trouve fréquemment associées; mais, en faisant plusieurs examens, on reconstitue facilement la série.