CHAPITRE III
Les observations suivantes viennent à l'appui des considérations qui précèdent sur la tuberculose osseuse et ses complications les plus immédiates. Elles sont groupées de manière à constituer plusieurs séries.
La première catégorie comprend les faits où la tuberculose est évidente ; la présence des granulations y est constatée le plus habituellement, et, quand elles font défaut dans les os atteints par suite de l'intensité des lésions destructives, on trouve ces mêmes granulations dans des régions éloignées du squelette, ou il est survenu une méningite tuberculeuse qui donne à l'affection primitive des os sa véritable signification. Ajoutons enfin que l'inspection microscopique a révélé dans d'autres circonstances l'existence de tubercules élémentaires dans les fongosités. Mais cette série de faits, pour avoir toute sa valeur, doit être complétée par les observations déjà présentées dans la seconde partie sur les abcès concomitants, et dans le premier chapitre de la troisième partie de ce mémoire, où l'examen des parois des abcès ossifluents a démontré l'existence des follicules tuberculeux. Cet ensemble de faits gagnerait à être présenté sous cette dernière forme ; le nombre assez imposant de ces observations ne manquerait pas de frapper l'attention en montrant la fréquence extrême de la tuberculose osseuse. Mais nous avons dû sacrifier cette manière d'exposer la question pour faciliter les descriptions de cette étude.
Une seconde série de faits se compose de plusieurs observa-
tions d'abcès tardifs apparaissant dans les maladies des os qui ont amené la destruction plus ou moins complète de l'articulation dont ces os font partie. Ces abcès sont d'ailleurs intraarliculaires ou en dehors de la jointure. Dans le premier cas l'articulation n'était le siège que d'une ankylose incomplète, et c'est dans le tissu inodulaire plus ou moins disposé en loges qu'une poussée inflammatoire venant à se produire a amené la formation de l'abcès; on peut encore supposer que l'affection osseuse n'avait terminé son évolution qu'en apparence et que, reprenant son cours sous diverses influences, il s'est fait à l'extérieur de l'os un travail de propagation tardif et lent, qui a amené la formation secondaire de ces abcès par un mécanisme comparable à ce qui se produit dans les premières périodes de l'affection.
On doit rapprocher des faits de ce groupe deux observations d'abcès symptomatiques de maux de Pott, XLIV et LI, dans lesquelles les sujets ont paru guéris pendant plusieurs années, et ce n'est que huit et dix ans après la formation de la gibbosité que se sont montrés les abcès.
La troisième série d'observations comprend celles où la température a été prise avec une certaine continuité chez un même sujet.
Enfin, une dernière catégorie se compose d'un certain nombre d'exemples d'affections osseuses portant simultanément sur divers points du squelette. Ce dernier groupe serait beaucoup plus nombreux si on y ajoutait, pour ne former qu'un seul faisceau, tous les faits de même nature qui ont été présentés successivement dans divers chapitres de ce travail. Mais il n'a d'autre importance que celle qui se tire de l'influence générale à laquelle on doit rapporter toutes ces manifestations disséminées, et si dans les observations de ce groupe la cause génératrice ne se montre pas avec évidence, il n'en est pas de même dans les autres observations éparses qui présentent son produit spécifique, le tubercule.