‹ Abcès froids et tuberculose osseuseChapitre 5 sur 42 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

approfondi des altérations subies par les parties molles voisines où apparaissent et se forment, par un mécanisme particulier, ces suppurations qui n'ont pas d'analogie avec les suppurations inflammatoires ordinaires. On n'a pas suffisamment insisté sur ce point, que les lésions osseuses ne restent d'habitude qu'un certain temps confinées dans l'enceinte de l'os ; et il arrive en général, à une époque plus ou moins éloignée, que ces parties se trouvent envahies.

Comment se fait cette propagation des parties dures aux parties molles et quelle en est la nature : tel est le point sur lequel il convient d'autant mieux d'être fixé, que, s'il est insignifiant et sans importance, il ne changera pas les données acquises ; mais il mérite au contraire la plus grande attention s'il vient révéler un fait nouveau quel qu'il soit ; il acquiert alors une portée qu'on ne saurait lui contester. L'examen est au surplus facile, car les phénomènes se passent dans des parties accessibles, à la surface d'un os, et l'on trouve à chaque instant sur le malade l'occasion de choisir le cas que l'on veut observer. Mais ce n'est que par l'inspection microscopique que l'on peut établir la nature du travail qui s'accomplit. Déjà Robin (1) avait mieux fait connaître certains états de l'affection tuberculeuse des vertèbres ; quelques années plus tard Ranvier (2) étudie avec soin les granulations tuberculeuses du tissu osseux, et il fait cette remarque importante : Les granulations tuberculeuses, même réunies en îlots, occupent des surfaces étendues de la moelle sans qu'on en puisse soupçonner l'existence autrement que par une légère décoloration de ce tissu ; ce n'est, en un mot, qu'avec le microscope qu'on en peut affirmer la présence. Au surplus, il n'était question jusqu'alors que de la granulation

(1) Robin (Ch.), in Gonzalez Echeverria. Sur la nature des affections dites tuberculeuses des vertèbres. Thèse, Paris, 1860.

(2) Ranvier, Tubercules du tissu osseux (Archives de physiologie normale et pathologique, 1868, p. 87).

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