acte de Tassalité et la conséquence de Tartiele i*^ du
Irailé de la Tafna; mais, il faut le reconnaître, il y
avait, entre la pensée de Témir efc rinterprétatkm
qu'y donnait le gouvernement, toute la différence cpie nous avons signalée enlre le texte arabe et le texte français du même traité. Au surplus, si Abdel*ILader cédait aux iostances dont il avait été Tobjet, G est qu'il espérait qu'en donnant satisfaction aux vœux qui lui étaient exprimés, il obtiendrait, grâce à rhabileté de ses envoyés , la consécration des faits accomplis, c'est-à-dire que le gouvernement adhérât au sens assigné par lui aux mots : jtis^ qui à VOm^Kaddara ei au delà. Aussi, lorsque, voulant profiler du passage de Ben-Arach à Alger pour faire régler la question des limites, le marécbai Ya<léc lui présenta un projet de convention complémentaire destinée à éclaircir les points obscurs du traité de la ïafna, le ncgoeiateur eut-il soin d'ajourner à son retour Texamen des questions qu'il espérait pouvoir régler plus avauLageusenient à Paris* Hais le gouvernement, prévenu par le marédial, refusa de voir dans Ben-Aiacli autre chose qu'un porteur de présents , et il le renvoya au gouverneurpour toutes lesaflaires qui avaient trait aux
difficultés pendantes.
La mission de Ben-Arach avait donc échoué en partie, et il se trouvait de nouveau, à son retour i
Alger, au mois de juillet 1838, en présence du pro-
AÏN-MADHI. 207
jet de convention qui lui avait été soumis une première fois. Ge projet était ainsi conçu :
Lo maréchal comte Talée, gouverneur générai dea pot* fessions françaises dans le nord de l'Afrique» et Témlr El-
Hadj-Abd-el-Kader-beiî-Mahhi-ed-Dîn , reprcseiUé par le ski Miloud-imn-Arach, voulant expliquer les termes qui sont nelésobsGursetinconplelsdanslacoDYentiondadOmail^?, et asawer rexécution de ce traité, sont conTenus de ce qui
suit :
Art. l'^'' (relatif *.à l'art. 2 de la convention). Dans la province d'Alger, les limites du territoire que la France s'est réserré au delà de l'Oued-Raddara sont fixées de la manière suivante : le cours de rOued-kaddara jusqu'à sa source au mont TitHarin ; de ce point jusqu'à lisser, au-dessus du pont de Ben-Uini, la ligne actuelle de délimitation entre Vùuthm de Kacluia et. celui de Beni-Djaai], et au delà de i'isser jusqu'aux Bibân, la route d'Alger à Constantine, de manière à ce que le fort de Hamza, la route royale ' et tout le territoîre, au nord et à Teai des limites indiquées, restent à la France, et que la partie du Leri iluiie des Beiii-Djaad, de Hamza et de l'Oueiinougha, au sud et à i'oueat de ces méaies limites, soit administrée par l'émir*
Dana la province d'Orao, la France conserve* le droit de
1 . Le mot relatif n'est pas exact. Il fallait dire : destiné à remplacer Tarticle 2 du traité de la Tafna, '
La roule royale! elle n'est pas encore co^^^lraite! elle consi:>lait à cette époque en un seniier arabe qui disparaissait chaque hiver poup être retracé d'une manière dilTerente au printemps suivant. Prendre la route d'Alger ù Constanline pour limite, et cela au leodemain du traité de la Tafna 1 Que Ton s'étonne encore des difficultés au-devant desquelles on courait en aveugle !
3. Nous avons tu que le traité de la Tafaa avait précisément oublié de résosdfa le droit de passage sur le leniloire aecordé
AÏN-MADHl.
passage sur la route qui 'conduit actuellement du territoire
d*Arzew à celui de Moslaghanem ; elle pourra, si elle le juge convenable, réparer et entretenir la partie de cette route, à l'est de la Makta^ qui n*est pas sur le territoire de Mostaghanem; mais les réparations seront faites à ses frais et bans préjudice des di oils de l'émir sur le pays.
Art. 2 (relatif à l'art. 6 de la convention). L'émir, eu remplacement des 30000 fauègues de blé et des 30000 fanégues d'orge quMl aurait dû donner à la France avant le 15 janvier 1838, versera chaque année, pendant dix ans, 2000 faaègues (d'Oran) de blé et 2000 fanègues (d'ûrao) d*oi^.
Ces denrées seront livrées à Oran le l*' janvier de chaque année, à dater de 1839. Toutefois, dans le cas où la récolte aurait été mauvaise, l'époque de la fourniture sera retardée.
Ârt. 3 (relatif à Tart. 7 de la convention). Les armes, la
poudre, le soufre et le plomb donb l'émir aura besoin seront demandés par lui au gouverneur général» qui les fera livrer à Âlger» au prix de fabrication, et sans aucune augmentation pour le transport par mer de Toulon en Afrique.
Art. k. Toutes les dispositions du traité du 30 mai 1837 qui ne sont pas modifiées par la présente convention, continueront à recevoir leur pleine et entière exécution, tant dans Test que dans Touest.
Qaoique rarticle l^*" de ce projet manquât encore de la précision mathématique si nécessaire lorsqu'il s'agit de délimitations de frontières, cependant il est évident qu'il avait ponr résultat d*inter-
à l'émir, et que, grâce à cet oublia les commuriications entre Arzew et Mostaghanem ne pouvaient avoir lieu que par mer.
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ÂiN-MAÛUI. 209
dire à Abd-el-Kader l'accès de toute la partie située à Test de la province d* Alger, entre autres da Zàb et de la Mcdjana, et de lui accorder seulement, en plus de ce que le trailè lui avait attribué sans con** teste, une portion du pays des Beni-Djaad et tout rOnennoogha qui sont à Test du Tittery. Pour faciliter cette transaction, le gouvernement renonçait à 10 000 Canègues de blé et à 10 000 funègues d'orge* L'acceptation de cette convention parTémircût donc été pour lui un écfaec moral, beaucoup plus encore • qu'un échec matériel. Le parli fanatique, avec lequel ilavait constamment à lulter, n'aurait pas manqué de lui reprocher d'avoir abandonné aux clirétiens des musulmans qui s'étaient donnés à lui. Ben-Arach le savait, et pour ne pas avoir à consacrer un acte qu'il jugeait plein de dangers pour son maître, il déclara que, tout en reconnaissant que Fînterprétaiion donnée par le projet au traité de la Tafha obtenait son approbation personnelle^ il n'avait pas de pouvoirs pour le rigner. Le gouverneur, outré de cette réponse, fit remarquer à Ben-Arach que le jeu qui se jouait ne lui paraissait pas convenable; que^ s'il avait les pouvoirs de Ternir, il devait signer ce qu'il déclarait approuver ; s'il ne les avait pas, il lui avait manqué d'égards en acceptant la discus-* sion. En présence de l'attitude du maréchal Valée, Ben-Arach comprit qu'il n'y avait qu'un seul moyen pour lui de sortir d'Alger sans amener une rupture
ilO AIN-MADHI.
imiiiédiate et dangereuse poar rémir, c'était de demander rautorisaiioa d'aller chercher lui-même auprès d*Abd*el*Kader, occopé en ce moment a» siège d'Âm-Madhi, petite ville située à 1^ lieues dans le sud d* Alger, les pouYoirs qa*!! aTait dédaié lui mouquer. U l'obtint ; mais, au préalable, le maréchal Valée le mit en demeure de donner par écrit son approbation pirsmmlU au traité^ qui Jie deviendrait définitif qu*aprts la rallifiùQiwa d$ témiT. Dans ces conditions,, et sous cette réserve, Ben- Arach, qui n'éprouvait qu'un seul désir, cétan de quitter Alger au plus vite, accéda à la demande qui lui était faite, et il apposa son cachet sur le projet de convention. Dèsce moment, il fut libre de partir; toutefois, comme le gouverneur général se méfiait des dispositions du négociateur, et craignait qu'arrivé auprès d'Abd-el-Kader, il ne cherchât à Tiniluencer dans un sens contraire au traité, il le fil accompagner par le commandant de Salles S son gendre, auquel il donna mission de pousser jusqu'à Ain-Madhi avec Ben-Arach. Ils parvinrent ainsi jusqu'à Milianab ; mais, arrivés dans celle ville, les khalifahs refusèrent de laisser le commandant de Salles etBen-Arach continuer leur route, et, au bout de quelques jours, ce dernier ayant subitement disparu, l'ofiicier français reconnut qu'il n'avait
t. Depuis général (1« dàTisioQ et commandant l'un descorp» de l'armée d'Orient.
AÏN-MADHI. 211
plus qvCan parti à prendrci celui de retourner à
Le maréchal Valée regardait donc à bon droit comme sans valeur la convention non ratifiée ; il Favait déclaré au gouvernemeut eu lui rendant compte de toutes les circonstances de celle affaire. Néanmoins, le cabinet, par suite d'une inadvertance qui allait avoir la guerre pour conséquence, considéra ce projet coiimie ayant acquis toute sa force, le présenta comme tel, et le fit publier dans ies docuaienls oUiciels distribués aux Chambres en 1839*. Dès cet instant, il fut focile de prévoir la fin de cette paix boiteuse qui s est appelée le traité de la Tafna ; il ne s'agissait plus que d'une question de jours ou de mois; niais le gouvernement avait laissé échapper le moment où nous eussions pu * faire la guerre avec la chance de la terminer promptement Ce moment était celui où, n'ayant pas encore eu le temps d*organiser le pays, èomme il le fit à partir de 1 839, l'émir se trouvait lancé dans les diflicultés du siège d'Aïn-Madhi.
Ce siège a joué un rôle trop important dans This» ioire d'Abd*el-Kader pour que nous n'entrions pas^ dans quelques détails sur les causes de cet événe* meut» qui faillit lui devenir fatal.
L'émir était à Médéali, poinl central qu'il avail
1. Voir le Tableau de la siLaation des éiahUssemejiU français en Algérie.
212 AÎN-MADHX«
choisi comme lieu de résidence, à raison de sa proximité d'Alger, lorsqu'un nommé £1-Hadj-Alssa, appartenant à l une des familles les plus importantes de LaghouAtS vint le trouver avec quelquesuns des principaux de la ville, pour lui offrir des présents et des chevaux de soumission. fil-Hadj- Aïssa lui déclara que, grâce à la direction qu'il avait su donner aux esprits, toute la contrée le désirait pour chef, et qu'il lui suffirait de se présenter pour recevoir les hommages de tous. Abd-el-Kader fut ilatlé d*une démarche qui témoignait du prestige qu'exerçait déjà son nom dans les oasis du sud, et en récompense de ce qu'El-Hadj-Aïssa prétendait avoir fait, il Tinvestit du titre de khalifah de La* ghouat. Il donna en outre à son nouveau lieutenant un contingent de 120 fantassins réguliers, et lui remit des proclamations dans lesquelles il invitait les habitants à obéir à son représentant. Mais Ei- Hadj-Aïssa avait laissé ignorer à Témir une circonstance importante : c*est que Laghouat se trouvait divisée en deux camps, Tun composé de ses partisans, Tautre de ceux d*un marabout nommé Tedjini, chef du ksar voisin d'Aïn-Madhi, et qu eu venant lui offrir sa soumission il avait eu principalement pour but de cliercher un appui contre rinfluence rivale. A son retour à Laghouat, El-Hadj-
1. Oasis située dans la région saharienne , à 450 kilomètres environ an sud d*Alger.
* , ArN-MADHI. 213
Aissa conçut un 'moment Tespoir de détruire }a
puissance de soa compétiteur en se prévalant du titre de khalifah du sultan des Arabes ; mais il ne parvint qu'à obtenir une trêve de quelques jour$* Bientôt les passions locales reprirent le dessus, et le ksar présenta de nouveau le spectacle d'une ville de S 500 habitant» échangeant perpétuellement enti*e eux des coups de fusil.
Impuissant à dominer cette situation, El-Hadj- Àissa rendit compte à Ad-^-Kader des faits qui Tenaient de se produire, et les signsda, non pas comme le résultat d*un état habituel» mais coinuie provenant des intrigues de Tedjini, qui, selon lui, était prêt à soulever le pajs si Téiiiir ne venait avec son armée détruire le chef d'AYn->Madhi. Trompé par les rapports d El- Hadj-Aîssa; supposant, d'après les lettres qui lui étaient adressées par son lieute* uant, que ïedjini pouvait devenir un danger au milieu des tribus turbulentes du Sahara; voyant dans la personne de ce marai)0Ut un homme qui cherchait à lui disputer le gouvernement du sud, tandis qu*après tout il n'avait. a£Caire qu'à un chef dont Fautorité ne dépassait guère les murs de son hsar, Abd-el-Kader résolut de ntarcher contre lui. Le 11 juin 1838, il partit à la téte de 2000 fantassins, de 200 cavaliers réguliers et de 30 artilleurs servant deux obusicis de 24. Aiii-Madlii ne comptait pas plus de 600 défenseurs. Hais cette ville était pro-
214 ALN-MADHL
tégée par une mnraille constraite m pierres et par une ceinture de palmiers qui permettait aux assiégés de faire une guerre de tirailleurs très-meurtrière, fille avait surtout pour elle le prestige du siège mémorable qu'elle araît soutenu vîclorieuscment, en 1783, contre Moliammed-el-Kebir, bey d'Ûran.
Le premier soin d'Abd-el-Kader à son arrivée devant Ain-Madbi fut de détourner le ruisseau qui alimentait le ksar; il cspcrail ainsi vaincre toute
résistance en quelques jours et obtenir une sou--
mission forcée. Mais il avait compté sans le secours que devait apporter aux assiégés un puits intérieur qui. pendant toute la durée du siège, suffit à leurs besoins. Le 2 juillet, Témir, trompé dans ses es* pérances, se décida enfin à commencer les travaux , d'approche, et tout d'abord à faire enlever les jardins de palmiers qui entouraient la place; il n'y parvint qu'au prix de pertes considérables éprouvées par son infanterie régulière*. Matlre enfin des jar* dins, Abd-el-Kader fit ouvrir le feu sur les murailles; mais ses obus ne produisirent aucun effet, car, pour rappeler ici une expression arabe, « les bon« lets rebondissaient contre le rempart et tombaient morts à ses pieds. » On recourut à la mine ; la mine à son tour demeura sans résultat. A ces difficultés
1. On peut comprendre par les difficultés que nous avon& éprouvées nous-mêmes, lors du siège de Zaaicfaa, ceUesqu'a pu l'MfiOQtrer Ai^l-Sadar demi Ai]i*M«dlii.
illîI-MADHI. ♦ 215
inbérentfs âu siège» vinrent bientAt- s*ezi ajouter
d'autres. La tribu des Larluia, toute dévouée à Tedjim»«echargeadlQfercepier les communications entre la petite armée d'Abd-el-Kader et le nordf de piller les convois, d'arrêter les munitions. Il n'en fallait pas tant pour décourager des troupes habitoées à coml>attre en rase campagne, nullement à attaquer une ville. Aussi parlait-on déjà de retraite, lorsque Tarrivée de 400 obus envoyés Alger par k gouverneur général^ la nouvelle du retour de Ben- Ârachy chargé de remettre à Tômir des présents de la part du roi, la réception de quatre pièces de canon offertes à Abd-el-Kader par Tempereur du Maroc» ranimcreni le courage de Tarmée et les bonnes dispositions des tribus amies.
Abd-el-£ader avait grand besoin de ce reulort moral et matériel. Informé des difficultés que Ben- Arach avait rencontrées à Alger» de la signature 4'ailleurs eondUiomeUe que son représentant avait donnée au traité, il était vivement préoccupé des embarras qui pouvaient résulter de ces événements compliqués par son absence prolongée. D*un autre e6té» rémir sentait qu'une fois le siège commencé^ il lui était impossible de le lever sans nuire à son influence, sans avoir peut-être à redouter un soulèvement général des tribus sabarieunes qu'il venait à peine de dompter. Mais la fortune ne devait pas encore Tabandonner. Si ses troupes se trouvaient
216 * AIN-MâDHI*
fatiguées par un siège de cinq mois, les habitants
du ksar Tétaient bien davantage. Serrés de près, épottTanlés des résultats que pourrait avoir pour eux une plus longue résistance, si cette résistance devait un jour devenir inutile, ils décidèrent leur chef à capituler. Dans la position respective des deux partis, il était facile de s'entendre, car, du côté de Témir, tout ce qu'on pouvait demander, c'était un semblant de victoire. En conséquence, le 17 novembre 1838, fut signéi entre ïedjini et Moustapha-ben-Thamyt beau-frère de Témir, une convention par laquelle le premier s'engageait à évacuer la ville dans Tespace de cinquante-trois jours, laps de temps jugé nécessaire pour que ses partisans et lui pussent emporter tout ce qu'ils possédaient. Âbd-el-Kader dut fournir les moyens de transport et se retirer avec soa armée à quatre journées de distance, en attendant ^époque fixée pour la remise de la ville.
Ce singulier traité fut loyalement exécuté. Le 10 janvier 1839, six mois et huit jours après l'ouverlure du siège, Tedjiiii cl ses partisans quillèrent Aïn*Madhi, où l'émir entra le 13. Abd-el-Kader, croyant iiiuUle, ou ne jugeant pas possible d*occupei la place, à cause de la difficulté des communications, prit le parti d'en détruire les murailles. Six cents individus appartenant aux ksars voisins furent employés à ce travail, qui fut achevé le 20.
Le 21, l'émir partit d'Ain-*Hadhi, et arriva, le 26,
. AiN-MADHI. 217
à Tegdemt, où raltendailBen-Arach, très-inquiet de la réception qui lui était réservée par son maître. Ce n'était pas sans motif. Abd-el-Kadef, en effet, avait à reprocher etreproctiaen termes très-durs au négociateur d'avoir outre-passé tous ses pouvoirs en donnant son adhésion au trmté supplémentaire ; il lui signilia eu môme temps « que jamais il ne rali- « fierait une convention qui avait pour résultat « d'ouvrir à la France des communications entre « Alger et Gonstantine, et de lui faire perdre, à lui, « le bénéiice de l'étrange distraction qu'avaient eue c les rédacteurs du traité de la Tafna, en étreignant « Alger dans un cercle formé par la mer, la Gbiffa, « les crêtes du petit Atlas et TOued-Kaddara. »
Dès ce moment, en présence de partis si complètement en désaccord à Fégard de leurs droits respectifs , il était aisé de prévoir que le traité de la Tafna ne pouvait manquer d*ètre bientôt rompu.
in
s 18 L'OBUAMISATION.
l.'OMMnUULI18N*
Organisation des pouvoirs. — Chiurfoi et djouâdt, — Établisse* ment de pestes svr la ligne du TelL Aniée légnlière* MM4que drames. » Pefoeptîen des impôts. — Les silas du
beylik. — Décoralioii. — CulLe et iasUucLion publique. — Respect des livres. — Justice. — Morale publique.
Abd-el^-Kader, débarrassé des préoccupations si graves du siège d^Âin-Mâdbiy peut s*occuper désormais de rorganisation du pays dont le texte arabe du traité de la Tafaa Ta reconnu souveraia. Avant son départ pour le sud, il n*a fait qu'en poser les bases; d*Ain-Madhi, il a continué à diriger ses khalifahs par ses instructions ; maintenant , il va surveiller personnellement rexécution de ses plans.
Ce que l'émir a fait comme organisateur, ce qu'il
avait projeté de faire» nous ail(ms le lui enleudre raconter lui-même à M. le génial Danmas^Ces reoeeiguemenls out été recueillis pendant que le général, alors colonel» remplissait auprès d*Abdel-Kader» détenu au fort Lamalgue, une mission toute de confiance, pour laquelle le désignairat sa double qualité d'ancien consul de F rance à Mascara» et les grands services qu'il avait rendus comme directeur central des affaires arabes sous le gouvernement du maréchal Bugeaud. Toutefois, avant de céder la parole à M. le général Daumas, ou plutû4 à Abd-d*>Kader, il est indispensable de rappeler dans quelle situation i'éniir avait trouvé le peuple arabe, car le point de départ est nécessaire pour bien mesurer la distance parcourue. Confusion absolue de pouvoirs rivaux, guerre perpétuelle entre les tribus, le droit du plus fort substitué à la loi» le vol et le pillage organisés, le commerce anéanti, faute de sécurité; plus de justice, plus d'impôts» plus de cultures; un peuple enfin se ruant dans la débauche d'une liberté qui remplaçait le joug de fer
sous lequel il avait vécu jusque-là : tel est, en quelqaes mots» le tableau que présentait en 1832 Ten-
semble du pays, lorsque Abd-ei-kader fut appelé à le