Ces ouvriers devaient toucher, indépendamment d*un sa
« Enfin, j'avais installé au siège du gouvernement de chacun de mes khalifahs, des tailleurs, des armuriers, des selliers, pour confectionner les vêtements nécessaires à mes troupes, réparer les «rmes et les objets de sellerie. Dans beaucoup de tribus j*avais placé des ouvriers semblables, afin de les mettre à portée de tous mes besoins.
« Pour faire face aux dépenses de mon gouvernement, où tout était à créer, où je ne pouvais parer qu'à ce qu*il y avait de plus urgent, il me fallait des impôts.
« Savais donné Tordre à mes khalifahs de veiller personnellement à tout ce qui se rattachait à cette matière, et c'est pour ce motif qu*en temps ordi* naire ils devaient sortir deux fois par an : une fois ' au printefnps, pour recueillir la xekka; une fois en été, après les moissons, pour recueillir ïacliour. Pendant ces tournées, ils étaient tenus de contrôler l'administration des aghas, de me rendre compte des plaintes portées contre eux, de surveiller la gestion des propriétés du beylik. Mes kbalifabs se faisaient suivre de leur balailion régulier, de leurs khialas (cavaliers réguliers), de deux pièces de canon
laire journalier, une somme de 3000 fr., au bout d'un certain nombrtt d'années passées dans ces munufactures. A la reprise des hostilités ils demandèrent à retourner à Alger. Bien que la moitié du temps de leur engagement fût à peine écoulée, l'émir leur fit payer les 3000 fr. promis, ne voulant pas quMls eussent à souffrir d^un fait dont ils n'étaient pas coupables. -
230 L'OKGANISATXON.
et de k eavaleiie iirégiili&re de la cireonscriiftion.
Le. peuple arabe est ainsi fait que^ ^'U ne les avait pas vus forts, il aunut refusé de payer Timpôt. Après un succès de votre part, combien de fois ue m^estril pas arrivé â*éprouver des diffiettltés poor la reQtrée des coatributions-! La sultaa est occupé avec les chrétiens, il ne peut pas châtier notre ré-*ststauce ; ne payons pas, nous verrons plus tard» Il est bien vrai que, plus tard, je lear ai fait payer et l'ancien et le nouveau, et cependant cela ne les cor* rigeait pas; ils ne \oienl jamais que le momciU présent
« Toutefois, en réclamant des Iribus ce qui était nécessaire pour Tentretien du beylik, je voulais, autant que possible, concilier leurs intérêts avec ceux de r£tat> Mes kbalUahs avaient Tordre d# reoevoîr, en payement de l'impôt ou des amendes, des denrées, des mulets, des cbameauxi et surtout des chevaux.
c Avec les cbevanx, je remontais ma cavalerie; avec
les chameaux et les mulets, j'obtenais des moyens de transport; avec les denrées, je nourrissais mes troupes ou je formais des magasins. Les rhazias venaient ajouter à mes ressources et j*en faisais quand les tiibus, méconnaissant ma puissance, en appelaient aux armes pour vider les différends qu*elles pouvaient avoir entre elles. Je voulais être l'arbitre de ces dififérends» et pour cela j'avais établi en prin*
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cipe que pas on eoup de bmà m .devait se tirer sans laa permission.
« Les chevaux, mulets ou chameaux dont je n'avais pas immédiatement besoin, et qui pouvaient m'èire utiles dans Tavenir, étaient confiés à la garde de certaines tribus et surveillés par des oukiis (mandataires) que j'institmis. Le tout était réglé de manière à éviter le gaspillage, et à indemniser les gardiens des soms qu'ils donnaient aux propriétés du gouvernement.
c Bien j'avais Eût de pi^voir Faveair, car le nom* bre des chevaux que j'ai dû remplacer dans ma cavalerie régulière est immense. Le moindre cavali^ eu a eu 7 ou ô tués, ou hors de service» et il n'est pas rare de désigner tel homme qui en a compté |Bsqaà 12 et même 15.Ben-Yahia, ce vjaillant corn* pagnon qui, pour ne pas survivre à mcHi maltiettr, s'est liiit tuer dans le dernier combat que j'ai livré anx Marocains (décembre Ifii?}, en a eu 18 tués houb IuL Les choses en étaient arrivées à ce point, que tout cavalier . régulier qui passait nn an sans être blessé, ou sans avoir un cheval tué, était peu considéré parmi mes khiàlas.
c Tant que j*ai pu le faire, j'ai remplacé également aux Arabes des fjovvms les chevaux qu'ils per* daiem en combattant. Je leur en ai -donné ainsi plus de six milie. Mais, dans les derniers temps, quand je ne pouvais leur rendre des chevaux, je
832 L'ORGANISATIOM.
leur accordais, par cheval, deux chameaux, ou
trente moulons, ou un bon mulet. Ils vendaient ces animauXt et le produit aidait le cavalier à se re^ monter. Mais bieuiùt, la situation devenant plus difficile, il ne m^a plus été possible de leur attribuer cette indemnité.
< Pour bien te rendre compte de la consommation que j'ai faite en chevaux, Gacliu que, dans une seule année, j'en ai donné 500 aux Gharabas d'Oran, et à peu prèi autant aux lladjouths de la proviuee
d'Alger. Mais combien n*en ai«je pas remplacé^ soit
parce que leur maître avait de la fortune, soit parce que les moyens m'ont manqué l
« Les troupeaux provenant de la zekka étaient également confiés aux soins des tribus sous la sur*veillance des kaids, qui étaient obligés d'en tenir un contrôle et de leur désigner des bergers pour les mener paître et les soigner. Ces troupeaux, dans le gouvernement de chaque khalifab, servaient à dé<fi ayer les voyageurs, à soutenir les pauvres, à aider les tiioUm (lettrés), et à nourrir mon armée, à qui je donnais de la viande deux fois par semaine. Par ces moyens, j'avais commencé à établir un grand ordre dans radministrationdes revenus du beylik; mais, quand la guerre recommença, on me trompa, et de tons les côtés on se mit à profiter de mes préoccupalions pour voler TËtat. Les deux seuls kbalifohs qui aient su maintenir Tordre en tout temps sont Bou-
Hamedi et Ben-AUal. Ils étaient redoutés à cause de
leur sévérité.
« Les précautions que je viens d'indiquer ne suffisaient pas pour assurer la nouniiure de mou armée sur tous les points où les nécessités de la guerre pouvaient rappeler. Or, comme je ne voulais pas faire peser son entretien sur des populations que ce surcroit de dépenses aurait indisposées^ j'avais ordonné que, sur le territoire de chaque tribu, on installât des silos du beylik. Ces silos, placés sous la responsabilité du kaïd de la tribu, et disposés de manière à écliapper aux recherches de l'ennemi, devaient renfermer les grains provenant de i'acAour, ou des terres appartenant à TËtat, que je faisais cultiver par louura (sorte de corvée). Je donnais ainsi aux Arabes, toujours défiants, la preuve que je ne prélevais rien pour ines besoins personnels des impôts que je les obligeais à payer pour le bien général , et ils m'en savaient gré. Ce sont ces magasins qui ont retardé ma chute; leur destruction par vos colonnes l'a décidée, parcé que, n'ayant plus de provisions, j'étais obligé de recourir, pour mes soldats, aux ressources propres des tribus. Aançonnées par vous, rançonnées par moi, elles n'ont plus montré la même ardeur pour la guerre sainte. Le ventre! le ventre 1 c'est lui qui perd les hommes 1
« Quant à moi, qu avais^ge besoin de recourir au
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BU^^d'^mél (trésor public) pour mes dépoMS personnelles? Jamais» jusqu*au moment où mes biens sont restés au poavoir des FrBii$ais^(l84l), jamais je n^arais touché à un mouzmna* de ee que les Arabes me domiaient poor les dépenses pubtiques^ et, depuis lors, je n'en ai retiré que ce qui m'était strictement nécessaire^ lies tètemeDls étaient fabriqués par mes femmes et par celles de mes. serviteurs; mes refennssenraient à entretenir les micas; ma nourriture mémo provenait des terres de ma tamille, et elles me rendaient assez pour wenfar, en outre, au secours des pauvres, des voyageurs, et surtoQt He mes compagnons qui avaient été blessés dans la guerre sainte. £n agissant ainsi , je voulais poQToir exiger de grands sacrifices de la part des Arabes, car je leur montrai^ que zekka et aciww\ amendes, tout, absolument tdnt, était fersé dans le trésor public, pour entretenir mes troupes, faire mardier le g ouremement et adieter des armes, bi 4839, au moment où la guerre recommençait avec TOUS, je demandai anx tribnsune forte tnaotma*. Je m'aperçus bientôt qu'elle rentrait avec lenteur; alors je fis vendre sur la place publique de Mascara tous les bijoux de ma famille, en déclarant que le