‹ AbdelKader, sa vie politique et militaireChapitre 31 sur 48 · Moniteur alfférien da 10 mal · texte numérisé non relu

Moniteur alfférien da 10 mal

de fuir dans le cas d^an pressant danger. Plusieurs

s'efforcent de se soustraire à la mesure qui les frappe en cherchant un asile sur noCre territoire, traversent la frontière dans la nuit du 19 au 20 avril» et Tiennent au nombre de deux cents tentes, représentant une population d'environ mille individus, s'établir chez les Traras et les Oulassa. Les deux nuits qui suivent, de nouvelles désertions se produisent, de nouvelles tentes passent en Algérie et font leur soumission ; c'en est fait de la deïra, c'està-dire du dernier asile d'Abd*el-Kader, si le chef qui la commande n'arrête une défection qui prend de telles pro portions 1 Un seul moyen se présente à l'esprit de Moustapha-ben-Thamy pour mettre un terme à ce sauve qui peut, c'est de lier les tribus par la commune responsabilité d'un crime, par la crainte de représailles que nous pourrions exercer sur elles ; c'est de leur barrer la roule de l'Algérie par un ruisseau de sang français.

Le .temps presse : Moustapha réunit les principaux chefs de la detra et leur communique son projet; un seul le combat; c'est Bou-Uamedi. Mais que pouvait-il contre le beau-frère d'Abd-el-Kader? Le soir venu, et lorsque Moustapha a entraîné hors du camp les olliciers français qu'il a jugé prudent d'excepter de Tex'écution, il fait répandre le bruit que les Arabes détenus en France ont été massacrés. Au massacre, il faut répondre par le massacre : il a

lieu dans la nuit du 24 au î5 ayril. Sur les 200 pri-

souuiers qui se trouvaienl au camp à cette date. Il tarent préserrés par Moustaidia-beii-Tbamy luimême (naus verrons tout à l'heure dans quel but), 2 parrinrent à s'échapper au milieu du désordre et à regagner la fiuiUière; les 187 autres furent impi-' toyablement massacrés par les réguliers.

Tels sont les faits dans toute leur concision. Ils démontrent déjà, par eux*m6mes, que Tordre du massacre a été donné presque instantanément, alin de couper court aux désertions qui menaçaient la delra et d'empêcher les Arabes de Tenir se soumettre à nous. Il 7 a donc, dès ce moment, pré*> bompUon qu'Abd-el-Kader absent est demeuré étranger à cet horrible drame. Mais, dans uneqnes* tion aussi grave, une présomption ne suffit pas; une certitude est nécessaire»

Il est évident que pour admettre la participation de Fémir au massacre, il (aut de deux choses Tune : ou que Moustapha-ben-Thamy , avant de se séparer de son beau-frère (16 mars), ait reçu Tordre d'exé* culion ; ou que, depuis son arrivée à la dcira (10 ayril), il ait pu faire connaître la situation à Abd* elrKader, provoquer et attendre cet ordre. La première hypothèse n*est pas admissible, parce que, d'une part, les laits qui ont amené le massacre ne s^étant {HToduits qu'après Varrinfée .de Moustapha* bcn-Thamy à la deïra (c'est-à-dire dans la nuit du

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19 aa SO avril), n'ont pu être prénis dans lesin-

struciions données par ïèmir à son ijeau-irèrc le 16 mars; parée que^ de Taotret sa le fanatique Ben- Thamy eût été porteur d*une autorisation, il n'avait besoin ni de convoquer, pour mettre sa responsabilité à couvert, le conseil dans lequel fut discuté et résolu le massacre, ni de réserver, pour sa garantie et ceUe des chefs qui avaient participé à la décision prise, les officiers français qui durent la vie à cette circonstance. La seconde bypotlièse ne Test pas da« ▼antage, car si Ton ouvre le Moniteur algérien^, on s'assurera que, ver^ le 16 ou le 1 7 avril, époque où aurait dû forcément parvenir le courrier que Mous-* tapha aurait envoyé à sou bcau-frèrc, Abd-el iîader, poursuivi par le général Jusuf, se trouvait à Gharza, dans Test du pays des OulÂd-Mall, sous le méridien de Bousada. Or, en admettant que Moustaplui-bcn- Tbamy, arrivé au camp le 10 avril, n*eût pris que quaranle-huit heures pour se rendre com[)te de la situation et se décider à provoquer Tordre de massacre (ce qui n'est pas, puisque les laits qui l'ont déterminé ont commencé seulement à se produire le 19;, en admettanl encore qu'Abd-el-Kader, saisi de la lettre de son beau-frère, eût, sans prendre un jour de réflexion, instantanément approuvé lu proposition qu'elle renfermait, il aurait fallu qu'un

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