‹ AbdelKader, sa vie politique et militaireChapitre 32 sur 48 · Moniieur tUgérim du ao âvhl · texte numérisé non relu

Moniieur tUgérim du ao âvhl

courrier, parli le 12 ou le i3 aa matia delà Mou-

louia^eût pu loucher à Gharza et revenir à la Mouloula en V espace de dix jours ; en d*àutres termes » qu il eût fait, dans un laps de temps aussi courte le double du chemin que Moustapha-ben-Thamy et sa colonne avaient mis vingt-cinq jours à parcourir. Ge fait est matériellement impossible, attendu que la dislance qui sépare la Moulouia de Gharza, calculée à vol d^oiseau^ c*est»à-dirc sans tenir compte des montagnes, des cours d'eau, des dxiiicultés de la route, des détours nécessaires pour éviter nos colonnes , est au moins de 680 kilomètres , soit 1360 kUomctres pour VaUer el le retour.

Àbd-el-Kader n'est donc pas même indirecte* ment coupable du massacre de la deira; il n*en a pas donné, il n'a pas pu en donner Tordre; il n'a connu l'événement que par la nouvelle qui lui en est parvenue.. Impartiaux comme l'histoire, effaçons donc celte flétrissure que les nécessités de la politique nous ont peut-être, dans le principe, cou* seillé d'imprimer à son front, et aujourd'hui, l'esprit dégagé des passions de la lutte, sachons recon* natlre Terreur commise envers cet ancien ennemi qui, jusqu'à ce jour, na répondu, et, comme nous le verrons bientôt, n*a pu répondre à ceux qui l'ont accusé de l'odieux attentat du 24 avril 1846, que par ses actes de Damas.

Le vrai, le seul coupable, le Danton de ce 2 sep-

tembre» c'est Moustapha^ben-ThamyS et la preuve

nous la lirons de deux circonstances : la première, de la conduite de la mère de Témir à l'égard de son gendre, et des femmes d'Abd-el-Kader vis-à-vis de leur beau-frère : à partir de la sanglante exécution, elles refusent de lui parler, de le recevoir, c'est un proscrit au milieu d'elles; la seconde, de la conduite d'Abd-ei-Kader vis-à-vis deMoustapha. Moustapha est à Amboise; Témir vient d*ètre mis en liijerté, et, à deux reprises, il se • rend à Paris, d'abord le 28 octobre 1852, pour remercier le prince Louis-Napoléon, puis, le 2 décembre, pour saluer FEmpereur. Il était assurément bien natnrel qu*Abdel-Kader se fit accompagner dans ces deux voyages par celui de ses compagnons qui, à sa qualité d'al-* * lié, joignait celle de son principal lieutenant. Mais Témir savait, mieux que personne, qu'entre Moustapha et les Français il y avait le sang de nos soldats ; il le laissa donc à Amboise et se borna à amener avec lui Sy-J^addour-ben-Allal, son second khalifah.

1. Un des officiers sauves du massacre , M. le lieutenant Larrazet (aujourd'hui chef de l>ataiIlon de la garde) , nous écrivait : « Ma conviction est que Pon-Thamy pst seul conpnhle de ce massacre , quoique Âbd-el-Kader eaail voulu assumer la responsabi- ^ lité. 11 a voulu lier tout ce qui conaposait la deira^ en ordonnant le massacre, et par là éviter les désertions. » Le même officier commençait sa lettre par ces mots : « Je vous remercie de m'avoir donné Toccasion de dire du bien d'Abd-el-Kader. »

Itous irons ici au-devant d'une objecUou; comment allier rinnocence de Témir avec Taveu qu*il a lait de sa culpabilité dans la lettre écrite au roi vers le commencement du mois de novembre 1846? Il serait complètement inutile de citer en ^ier cette

lettre, d'ailleurs très-longue; nous nous bornerons à en extraire le seul passage dans lequel Abd-el<- Kader fasse allusion au massacre et déclare Tavoir ordcmué :

c MM. Bugeaud et de Lamoricière, dit-il, ne s'étaot pas occupés de cette affaire* et eonaenrant pour nous la même haine, n*ont pu avoir un instant de tranquillité à notre

égard, ainsi que vous le savez. L'accroissement de notre colère est devenu, tel que nous nous sommes décidé à or* donner le massacre, j»

L'aveu est clair, précis ; heureusement pour Thon*

, neur d'Abd-eJi-kader, ce n'est là qu'un généieux mensonge, car, en prenant la responsabilité du massacre, il n'a eu d'autre but que de sauver des mains des khalifahs les onze prisonniers survivants.

Nous avons vu que Moustapha-ben-Thamy avait ordonné le massacre, parce qu'à ses yeax c'était le seul mo^ en d'arrêter la défeètioa de la deïra^ der* ^ nier rempart de la puissance de l'émir, itm Moustapha et les cheis qui concoururent au conseil dans

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