‹ AbdelKader, sa vie politique et militaireChapitre 37 sur 48 · Extrait des notes tenues par M. le général Oaumas · texte numérisé non relu

Extrait des notes tenues par M. le général Oaumas

LE FORT LAMALGUJà. 361

épuisé jusqu'à la lie la coupe de ramertume. Il n'en était rien* Le 3 avril 1848, c'est-à-dire Am^your^ avant * te départ de fémir pour Paw,el alors que déjà le Gouvernement provisoire avait fait placer aux fenêtres du cbAteau de Henri IV les barreaux qui devaient le convertir en prison, la frégate VAlbatros amenait à Toulon les trois Irères d'Abd-el-Kader et leurs familles, en tout trente-cinq personnes. C'étaient ceuxlà mêmes qui, dès le milieu de décembre 1847, et par conséquent avant la soumission de l'émir, avaient obtenu du général de Lamoricière des lettres à*amân. Ils ramenaient avec eux une fille d'Abd-el- Kader et de Lella-Jvbeïra, âgée de seize ans environ, nommée Zohra, réduite à une sorte didiotisme, résultat d'une frayeur qu'elle avait eue à Tàge de cfuatre ans. Tout ce monde, débarqué au Mourillon, s achemina lentement et à pied vers le fort Lamalgne. Mais, au moment de franchir les ponts-Ievis, co fut une scène déchirante d'entendre les cris de dou- • leur poussés par les femmes arabes qui jadis avaient occupé une position si élevée dans leur pays, défltant aujourd'hui entre deux rangs de jçcndarmes, suivies par une foule d'importuns et de curieux.

Sans doute, l'arrivée des frères d'Abd-el-Kacler en France était le fait de leur volonté ; ils avaient demandé à suivre la fortune de celui qui, plus jeune qu'eux, était en réaUté le chef de la famille à laquelle il avait donné l'illusUalion. Mais cette demande, ils

Favaient faite dans la conviction que 'engagement (Nris vis-à-vis de leur frère serait tenu, et qoCHs allaienl se réunir à lui à Toulon^ non point pour être traînés dans une prison, mais pour éire conduits en Orient»

Abd-el-^der ne eonsenrait plus d'illusion, quant & lui^ sur l'exécution de cette promesse. Aussi la réception qu'il fit à ses frères fulrelle rendue plus poignante par la certitude que le fort Lauiulgue allait renfermer trente-cinq prisonniers de plus* Dès ce moment, son unique préoccupation fut de les arracher à ia captivité qui les attendait.

« A qui doîs-je m'uUresser, demanda-t-il un jour au colonel Daumas, pour obtenir Tenvoî- de mes frères à Alexandrie, d'où ils pourront gagner la Mekke. Ils sont venus me rejoindre de bcmne vo* ionté et avec la conviction que vous alliez tenir la parole qui m*a été donnée. Il ne peut y avoir une double trahison à mon égard* Pourquoi iem^ feraiton partager mon sort? Ce sont des marabouts, des » hommes de paix, qui jamais ne vous ont combattus, qui n'ont pris aucune part à notre lutte et dont le chapelet a été le seul fusil ^ »

Tout cela était vrai. Les frères d'Abd-el-Kader n'avaient jamais été qu^un embarras pour lui. En vain avait-il cherché un niomeni à donner de i iiu-

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