Abd-el-Kader reçoit un subside annuel de 100 OOO fr
PÂU ET ABfBOISE. 383
de PAlgérie, c'est que Dieu Ta voulu, et la uatioa ne renoncera jamais à cette conquête*
Vous avez été Tennemi de la France, mais je n'en rends pas moins justice à votre courage, à votre caractère, à votre résignation dans le malheur; c'est pourquoi je tiens à honneur de faire cesser votre captivité, ayant pleine foi dans votre parole.
Abd-el-Kader baisa la main da Prince et lui exprima en quelques mots sa vive reconnaissance; mais, quoi qu'en ait dit le Mmiteur (et nous Terrons , dans le chapitre suivant pourquoi il agit ainsi], il ne fit aucun serment. Il pria seulement Son Altesse de vouloir bien permetU e à sa vieille mère Zohra et à ses enfants de lui apporter le tribut de leurs actions de grâces. Lorsque le Prince sortit du salon, il trouva les derniers comparons d' Abd-el-Kader rangés dans le vestibule. L'émir, en allant chercher sa mère , avait eu le temps d'annoncer aux siens rheureuse nouvelle, et tous étaient accourus pour acclamer et bénir le sultan libérateur.
Le premier acte de Témir, aprfîs le départ du prince Louis-Napoléon, fut de réunir les siens dans l'oratoire et d'appeler les bénédicUoiis de Dieu sur celui qui allait être empereur. Ce devoir accompli, Abd-el-Kader remonta dans son appartement, et sous l'impression d'un bonbeur qui, en un instant, lui avait fait oublier cinq années de captivité , il adressa au Prince, en route pour rentrer dans sa
384 PAU ET iUlBÛISE.
capitale, la pièce de vers que Fon va lire et dont la dernière partie» quoiqu'elle perde beaucoup à la traducUon, respire Tentliousiasine lyrique :
Gloire aa Dieu unique !
Je viens m'incliner devanl le sultan plein de bonté, Obéissant à ce que m'imposent et ses ordres et sa défense. Ouif fils de l'hoDueur, tu as engagé tes sermenU envers
ton peuple, Et ton peuple tiendra les siens sans trahison. 0 loi qui fus si rigoureuse envers moi, sois généreuse; £ncbatne-toi au maitjre que fortifie la victoire : G*e8t un prince élevé; devant lui Sur la terre et sur la mer les fronts s'inclinent; Tous veulent lui obéir avec amour, Lui obéir d'esprit, de paroles et d'actions; Lui obéir, parce que c'est du baut de sa grandeur que
descend la pioLcclion, Cette protection qui éloigne le mal, qui apporte Tutitiié
et le bien*
Combien l'ont élut Et ils Font élu d'enthousiasme.
Car sans lui touL marchait au malheur cl à la destruction! 11 a revêtu ia nation de ses bienfaits, il a calmé les craintes;
Il a arrêté les mains qui déjà s'allongeaient pour porter
la désolation;
11 s'est chargé du fardeau de l'État qu'il soutient d'un bras résolu,
Grâce à sa volonté et à sa sagesse , qui ne cesseront de
Iriompher,
1. Les poètes arabes ont l'habitade de commencer lears qsidas par une invocation à un être surhumain, comme les liùires adressent la leur à la Muse.
PAU ET AMfiOISE. 385
Il a le savoir, la prudence nécessaire au salut générai; H est bon, généreux et pardonne sans crainte; Sévère envers les méchants, il est bienveillant Envers les hommes de bien ; sur l'erreur de qui se trompe
il jetle le voile ; Il possède les qualités, les mérites des âmes privilégiées; Il ignore Torgueil et la fierté;
Il assied TÈtat sur des bases vigoureuses, il en'conaolidd rédiiice
£n Tappuyant sur les assises de la religion du Christ* Il a accru la force de ses armées : vovez
Ces bataillons redoulables entoures de i^luive cL de calme 1 Où est-il le souverain qui possède d'aussi grandes choses? Oui certes î ce prince s'est élevé par delà les astres des cîeux;
Il a fait triompher la justice
£t accorde les honneurs au riche comme au pauvre. Il est l'homme du pouvoir souverain, il en est digne; Seul, il peut le relever et le perpétuer.
Quel autre iraiL-on invoquer si le malheur grondait? £n quel autre mettrait-on son espoir, si le ciel suspendait sa rosée?
L^éclat de la souveraineté ne Ta pas grandi,
Il est grand par lui-même, grand par l'illustration de son sang.
Dieu, dans sa bonté pour ses créatures, a donné l'empiro à ce prince. *
Gloire donc à Dieu, le seigneur de toute libéralité et do
toute consolation î Â toi ia bonne nouvelle, ô Paris 1 voici que retourne vers
toi
Celui qui l'a sauvé du malheur.
A toi la bouLc nouvelle, ù Paris! il revient vers loi
aS6 PAU £T AMBQISE.
Celui par qui tu Quinines les autres ro yaumes. Elles t'euvient ion prince toutes les autres cités; Le soleil respiendiB&aat et i'asire de» nuUft sont iaUmx de loi. '
O mon luailre, Uiaîtrc des souverains!
0 le rejelou de Napoléon, le grand, l'illuaUe, J'avais espéré de toi un acte digne de toi| . Un acte qui rapportera à son auteur gloire et récompense
au ciel.
Je le vois : Dieu n'a pas voulu d un autre que toi Pour me causer ce bonheur. Louez Dieu, tous, sana ré* serve!
En m'accordant ce bienfait, tu l'iiccordos à un homme Qui sera heureux de te rendre grâces et dont ie cœur n'est pas ingrat.
Abd-el-Kddcr Ta piouvc à Damas!
ABD-EL-KADEE A PABI^.
Abd-el-kadcî \ Tupéra. — Pourquoi il a demandé à venir à Paris. — néc 'ption à Saint-Cloud. — Acte contenant ses sermeuts. — L'heure de la Mekke. — Visite aux Invalides. — Yitite à Mgr Sibour.*» Visite à rimprimerie impériale. -—Visite des anciens prisonniers de la deira. — Présent du prince Louis- Napoléon. — Le ^2 novembre. — Départ pour Brousse.
Quelques jours après sa mise en liberté, Abd-ei-
Kader sollicita et obtint rautorisation de venir à Paris ^ ËlaiUce par un simple désir de curiosité et pour voir de ses yeux les splendeurs d'une ville dont il avait entendu si souvent parler? Ce motif ne fut pour rien dans la détermination de l'émir. Le vrai, le seul motif, il le dira tout à Theure. Abd-el-Kader arriva à Paris le 27 octobre 1852,
1. Pendant le séjour d'Abd-el-Kader à Paris, Pauleur de ce livre fut délaclié, sur la demande de M, le commandant Boissonnet, auprès de i t^mir.
yers quatre heures du soir. Il était accompagné de M. le cominandani Boissonnet, de Kara-Mohammed, ancien agha de la cavalerie régulière, l'un des serviteurs les plus dévoués de Témir, et du jeune Ben-Allal, neveu du fameux khalifah tué à Taffaire du 11 novembre 1843.
Le jour même avait lieu à l'Opéra une représentation extraordinaire dans laquelle allait être chantée une cantate en rhonneur du voyage de Bordeaux ; le prince Louis-Napoléon devait y assister. Abd-el- Kader, fatigué par le voyage, ne se doutait pas assurément qu'il viendrait par sa présence ajouter à réclat de celte fête, lorsque, vers sept heures et demie, M. le commandant, aujourd'hui colonel Henry, aide de camp de M. le général de Saint- Arnaud, se présenta porteur d'une loge que le ministre envoyait à l'ancien prisonnier d'Amboise.
Abd-el-Kader avait témoigné tout d'abord peu â*empressement à accepter cette invitation lorsque, sur Tobservalion qui lui fut faite que le sultan assisterait à cette représentation, il se leva aussitôt :
« Le sultan sera là? .
— Oui.
— Je verrai le sultan?
— Oui, mais de loin.
— C'est égal, je le verrai; partons. »
Pour la première fois, Abd-el-Kader allait se
trouver en présence d'une salle composée de Ta-
^ ABIKEL-KAlDER à paris. 389
ristocratie parisienne, des grands fonctionnaires de
l'État, des nolahiUlés de rarmée, de personnages marquants dans les lettres, les sciences, les arts, la
finance. On pouvait se demander quel accueil lui ferait celte assemblée. Verrait-elle en lui le pré* tendu massacreur des prisonniers de la de'ira, ou hietk rancien sultan des Arabes, une grande infor* tune noblement supportée? Scrait-il enfin accueilli par la curiosité ou par la sympathie?
L'incertitude, ne fut pas de longue durée : à peine aperçu, Abd-el-Kader, dont la présence à Paris était cependant ignorée de tous, fut immédiatement dcviné* Chacun de porter vers lut ses regards, d'examiner ses traits couverts d'une pâleur maladive, de scruter sous leur enveloppe la pensée qui avait dirigé tant de grands événements. La cause de l'émir était gagnée : c était la sympathie qui l'accueillait. Fort heureusement pour lui, Farrivée du Prince, les acclamations qui saluèrent son apparition, délivrèrent Abd-el-Eader de la fatigante curiosité dont il était Tobjet.
A partir du moment où il eut aperçu son libéra* teur, une seule pensée préoccupa Témir : lui scraitil permis d'aller porter au sultan Thommage de sa reconnaissance? Une réponse d*acquiesçcuient vint bientôt le rassurer et lui faire connaître qu'il serait reçu dans Tentr^acte suivant. Le bruit de cette nou- Telle se répandit instantanément dans toute la ssille ;
Diyiiizeo
anssilôt chacun de prendre ses dispositions pour se
trouver sur le passage de rhoinme célèbre dont le nom avait été si souvent mêlé à triomphes, psr^ fois à nos revers. La réceplioa qui Uatlendait devait laisser bien loin d'elle tontes les suppositions que ïoii eût pu faire, car, nous devons le dire à Thonneur de notre nation, sur les mille personnes peul-èlie qui, à partir de la loge occupée par Abd-el-Kader jusqu'à celle du prince , se près* saient sur deux raii^s serres, il nv eut pas un homme qui ne se découvrit, pas une femme qui n a^ilàL son mouchoir devaal le liérog des légendes algériennes.
CcUe réception fit sur Abd-cl-Kader une impression à laquelle Taccueil du Prince mit bientôt le comble. Louis-Napoléon accueillit Témir en lui icndant affectueusement une main que celui-ci s'empressa de baiser. Il n*y avait pas à s'y méprendre, Abd-cl-Kader avait voulu faire acte de vassalité; mais ce n'était pas au-devant de cet acte qu*était ailé le Président, et pour bien le prouver à Témir il lui ouvrit les bras et l'embrassa. Le Prince, après avoir demandé à Abd-el-Kader des nouvelles de sa famille, lui fit connaître que, partant le lendemain pour la chasse» il allait se trouver absent de Paris pendant deux jours; il ajournait donc au samedi suivant sa réception officielle à Saint-Gloud«
Pendant ces deux jours, consacrés par l'émir à
Visiter divers monuments, une foule sympathique se pressa constamment sur ses pas, et ce ne lut point sans une vive émotion qu'il vit le peuple dans la me, comme lu veille Taristocralie à TOpéra, mettre chapeau bas devant lui. « Voilà, lui disaîl-on, voilà ce peuple à Uégard duquel tu t*étais fait une idée si fausse. Il y a quatre ans, ces hommes t'auraient combattu avec fureur : mille fois ils ont désiré ta mort, car ta mort eût épargné le sang de leurs enfants. Et maintenant, qu'ils t'ont vu supporter noblement Tinfortune, ils cherchent à te faire oublier Tinjustice qui a été commise à ton égard. »
Enfin arriva pour Abd-el-Kader le moment si impatiemment attendu où il allait se retrouver en présence du Prince. Ce jour-là, il s'est passé entre lui et nous un fait qui s'est profondément gravé dans notre mémoire. Il était environ neuf heures du matin, nous étions occupé à écrire dans le salon, lorsque Abd-eUKader, sortant de sa chambre, vint s'asseoir à côté de nous, et, nous présentant une sorte de brouillon de lettre, nous pria de le lire. Après avoir parcouru les premières lignes, nous demandâmes à l'émir ce qu'il avait Tintention de faire de cette pièce.
« Écoute, répondit-il : les journaux ont rapporté -que lorsque le sultan est venu me mettre en liberté, je lui ai fait des serments; cela n*e§t pas vrai. Je ne l'ai pas voulu, et à cause de lui, et à cause de moi.
a92 ÂBD-BL-KABER À PARIS.
A cause de lui , parce que c*eût été diminuer la
grandeur de sa géiiérosilé en laissant croire qu'il m'avait dicté des conditions, alors qu'il ne m*en a posé aucune; à cause de moi, parce qu'il me répugnait de passer pour un juif qui rachèterait sa li* berlé moyennant un morceau de papier. J'ai voulu» alors que personne ne me le demandait, et pom* prouver que j'agissais de ma pleine et entière volonté, venir à Paris, et remettre entre les mains du sultan un engagement écrit. Tu en as la minute entre les mains. Vois si tu as quelque chose à ajouter ou à retrancher 5 j'ajoulerai ou je retrancherai. »
Après avoir parcouru cette pièce, nous répondîmes à Abd«el-Kader c que l'acte sur lequel il nous consultait devait être en entier une émanation de sa pensée et de ses sentiments personnels; qu'à ce prix seulement il avait une valeur réelle ; que, quant à nous, nous étions convaincu que le Prince serait encore plus touché du sentliiiciit qui avait inspiré sa démarche, que de sa démarche ellemême; qu'enUu nous ne pouvions que l'engager à recopier servilement sa minute. »
Aiiibi (nous ne saurions trop insister sur ce poiiil), personne n'avait demandé à Abd-el-Kader ces serments qu'il allait faire; personne n'y avait môme songé, excepté lui, qui, en sollicitant rautorisalion de venir à Pai is pour les déposer entre les mains de
son libérateur, les élevait ainsi à la hauteur d'une
manifcstalion. Voici lu traduction de cette pièce, qui nous parait emprunter aux détails précédents une importance toute spéciale :
Louange au Dieu unique !
Que Dieu continue h couvrir de sa protection notre seigneur et le seigneur des rois, Louis-Napoléon l qu'il lui vienne en aide et dingc son jugement l
€eluî qui se tient debout devant vous est Âbd-el-Kader» fils de Mahbi-ed-Dtn.
Je snîs venu vers Votre Altesse Irès-élovée pour la remercier de ses bienfaits et me rassasier de sa vue. Vous êtes en effet pour moi plus cber qu'aucun autre ami, car TOUS m'avez fait un bien dont je suis impuissant à vous rendre o:ràces, mais qui n'est pas au-dessus de votre grand cœur, de la hauteur de votre rang et de votre noblesse. Que Dieu vous glorifie !
Tous êtes de ceux qui ne font pas de vains serments on qui trompent par le mensonge. Vous avez eu confiance en moi; vous n'avez pas cru à ceux qui doutaient de moi; vous m'avez mis en liberté, tenant ainsi, sans m'avoîr fait de promesses, les engagements que d'autres avaient pris envers moi et n'avaient pas tenus.
Je viens donc vous jurer, par les promesses et le pacte de Dieu, par les promesses de tous les prophètes et de tous les envoyés, que je ne ferai jamais rien de contraire à la foi que vous avez eue en moi, que je ne manquerai pas à ce serment; que je n'oublierai jamais la faveur dont j'ai été l'objet, qu'enfin je ne retournerai jamais dans les contrées de l'Algérie. {Fi qathr ed-Djezàir,)
Lorsque Dieu m'eut ordonné de me lever, je me suis levé,
ÂBD-EL-KADER À PAïaS
et j'ai frappé la poudre autant qoe je l'ai pu ; lorsqu'il m'eut ordonné de eeaaer, j'ai eessé, obéissant aux ordres du Tfès*
Haut. C'est alors que j'ai abandoonél e pouvoir et que je suis venu à vous.
Ma religion et mon honneur m'ordonnent d'accomplir mes serments et de ne point user de mensonge. Je suis eherif (descendant du Prophète), et je ne veux pas que l'on puisse m'accuser de trahison. Comment, d ailleurs, cela serait-ii possitkie, maintenant que j'ai éprouvé vos bienfaits et des faveurs dont je ne pourrai jamais assez vous remercier? Un bienfait est un lien jelé au cou des hommes de cœur.
J'ai été Lémoin de la grandeur de votre pays, de la puisaance de vos troupes, de rimmen^de vos ridiessea et de votre populalioD, de la Justice de vos décisions, de la droiture de vos actes, de la régularité des affaires, et tout cela m'a convaincu que peraoone ne vous vaincra^ que peraonoev autre que le Dieu tout-puissant, ne jiourra s'opposer à votre volonté.
J'espère de votre générosité et de votre noble caraclère que vous me maintiendi ez près de votre cœur, alors que je serai éloigné, et que vous me mettrez au nonibre des personnes de votre intimité, car si je ne les égale pas parToUlité de leurs services, je les égale par l'affection que je vous porte. Que Dieu augmente Tamour de ceux qui vous aimeat et la terreur dans le cœur de vos ennepis!
Jai Lcrminé; je n'ai plus rieii à ajouter, sinon que je reste avec votre amitié, et Hdèle à la promesse que je vous ai faite.
Daté du milieu de mpharrem 1269 (30 octobre 1652).
Abd-el'Kader, qui devait être présenté au Prince
par M. le général Daumas , arriva à SaiiU-Cloud
AB£>-EL*2£AI>fiR À PÂBIS. 395
quelques moments avant Vhewe û%ée |M)cir son audience. Si nous insistons sur cette drconstaiice, c'est qu'elle donna lieu k un fait qui, si petit qu'il soit, a sa valeur au point de vue du jugement à porter sur le caractère religieux de rëmin
Dans le salon d'attente se trouvait une pendule qui, outre l'heure de Paris, indiquait simultanément celle des principales villes du monde et notamment de la Mekke. La remarque en fut faite à l'émir, qui, tirant aussitôt sa montre, la régla sur l'heure de la Tille sainte, afin, dit-il, de pouvoir faire ses prières au moment même où ceux qui avaienl le bonheur de vivre près de la Kaaba remplissaient ce devoir religieux. Il se trouva que Theure indiquée par la pendule correspondait k celle de ÏAsew^ à la Mckke. Aussitôt Abd-el-Kader, se faisant indiquer la direction de la Ksblat se prosterna et pria^ C'est probablement la seule fois que le palais de Saint- Cloud ait entendu la prière d'un musulman l
L'émir l'avait à peine achevée, que le Prince paraissait entouré de tous ses ministres et des officiers composant sa maison miliUire. Sa réception ne fut pas seulement de la bienveillance, ce serait dire trop peu, ce fut de raiïeclion et de l'amitié. Après avoir été présenté aux ministres, Abd-el-Kader^ prenant la parole, s'exprima ainsi :