‹ AbdelKader, sa vie politique et militaireChapitre 42 sur 48 · Zohra est morte à Ûama& au commeucemcut de · texte numérisé non relu

Zohra est morte à Ûama& au commeucemcut de

404 ÂBD-EL-KADBR À PÂBIS.

ration terminée, Abd-el-Kader, prenant le bras de

sa mère, la conduisit à la mosquée du château, où se trouvaient réunis tous ses compagnons, et» après avoir remercié Dieu d'avoir disposé en sa faveur le cœur des Français, il appela à liante voix ses bénédictions sur le Prince qui, non content de le rendre à la liberté, lui avait réservé un semblable accueil.

L'intervalle qui sépare le retour d'Abd-el-Kader à Amboise de son second voyage à Paris, où il arriva le 1*' décembre suivant, fut occupé par les préparatifs du départ. Cependant Fémir devait, quoique éloigné de la capitale, trouver un ingénieux moyen de faire parvenir au prince Louis-Napoléon un témoignage public de sa reconnaissance. Les 21 et 22 novembre 1852, la France était appelée à décider si « la dignité impériale serait rétablie dans la personne et dans la famille de Louis-Napoléon. »

Abd-el-Kader demanda à s'associer, lui et les

siens, au grand acte qui allait s'accomplir.

Nos enfants, disait rémir dans la lettre qu'il adressait au maire d'Aroboise, nos enfants ont vu le jour en France;

vos filles les onl allaités; nos compagnons, morts dans voire pays, reposent parmi vous, et le sulian, juste entre les justes, m'a rangé au nombre de ses enfants, de ses soldats, en me donnant un sabre de ses inains. Nous devons donc nous regarder aujourd'hui comme Français.

Le maire d'Amboke crut devoir accéder à la de-

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mande de l'émir; seulement il fut décidé qae les bulletins déposés par Abd-el-Kader et ses compagnons seraient recueillis dans une urne spéciale.

C'était le 22 novembre 1852.

Étrange destinée des choses humaines 1 II y avait vingt années, jour pour jour, qu*Abd-ei-Kader avait été proclamé sultan dans la plaine de GhrisI Qui eûtpu lui faire prévoir alors, au milieu des cris de joie d'une foule en délire^ des pétillements de la poudre saluant son pouvoir naissant, que vingt ans après, lui, prince musulman, après avoir ftiit une guerre acharnée à une nation chrétienne, il viendrait dans une cité française s'associer à Tacte qui élèverait su souverain pouvoir un prince chrétien dont il serait devenu le serviteur le plus dévoué!

Le 2 décembre i852, au moment où TEmpereur faisait son entrée solennelle dans le palais des Tuileries, Abd-el-Kader était au bas de l*escalierd*honneur avec les grands fonctionnaires de l'Ëtat, pour saluer Napoléon III. L'Empereur, apercevant l'émir, se dirigea immédiatement vers l'ancien captif et lui serrant affectueusement la main :

c Vous le voyez, lui dit4l, votre vote m'a porté bonheur. >

Le 1 1 décembre, Abd-el-Kader partit définitivement d'Amboise pour Marseille, où il s'embarquait le SI du mèAie mois pour Gonstantinople, cinq ans moins deux jours après s'être remis entre nos mains

an marabout de Sidi-Brabim. Il partait laissant derrière lui plusieurs épaves de sa famille dans les cimetières des châteaux de Pau et d'Amboise ; il partait, se rappelant la réparation accordée, et non Uinj notice commise, car « ie b^fait (mA Hé un Ikn jUè au cou de cet homme de cœur, *

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nUMISSB DAMAS.

Constantinople. «— Arrivée à Brousse. •^ÏAdiffu du sultan Napoléon. — La goda d*Abd-el-Kader. — Sa vie à Brousse. — ♦ Tremblemeot de terré. — Voyage en France. Le Je Detm fow la prise de Sébartopol.*-* Visite à l'Exposition universelle^ » Arrivée à Damas. — Sa vie à Damas. — Sa situation vis-àvis de la population musulmane. — Les ctirétiens et le baffthmtuOom, Ahmed-Paolia.*- Le complot. — Préparatifs de résistance. — Abd-el-Kader et M. Lanusse. — Les Moghrebme. *— Croix et loilres. — Le iiiai^^acie. — La ou esi le drapeau de la France, là est la France. — L'offensive. — Kara! mon cheval, mes armes ! — Sauvetage des chrétiens. — La maison de rémir pendant le massacre. — Re£uge à la citadelle. — Une lettre d*Abd-el-&ader.

Le 7 janvier 1853» Abd-d-Kader, accompagné de

M. le comaiandant Boissonnct, arrivait à Constantinople à bord de la frégate le Labrador. Le lendemain, CM touchant, après cinq ans, une terre iiiusulmane, son premier acte fut de se rendre à la mosquée de Top-Hané, afin de remercier Dleuj le

second, de faire visi(e à M. le marquis de^Lavalette, ambassadeur à Conslantinople, afin de le prier de transmettre à TËmpereur ses actions de grâces. On aurait pu supposer que la population se serait portée a?ec empressement sur le passage d'un homme •qui, pendant quinze ans, avait illustré l'islamisme et, au nom du principe religieux, soutenu contre les chrétiens une guerre mêlée de succès et de revers ; il n'en £ut rien* Ni le vieux parti fanatique, ni les Turcs de la réforme ne daignèrent se déranger, non pas seulement pour saluer, mais même pour voir Témir, et les plus simples bateliers du port n'éprouvèrent d'autre élonneuient que celui du dérangement que Ton imposait aux kawas de l'ambassade pour faire honneur à Abd>el-iîader. £n effet, qu'était-ce que l'Arabe, même le plus illustre, par rapport au plus inhme représentant de la race d'Osman I

Après avoir obtenu une audience du sultan et assisté aux fêtes que M. le marquis de Lavalette donna en son honneur, Abd-el-Kader partit pour Brousse. Là, nous retrouvons l'émir tel que nous Tavons vu à Auiboise, partageant sa vie entre la prière, l'étude et l'éducation de ses enfants, Tisitant les mosquées et les zaouiaSf s'occupant des nombreuses victimes de la guerre ou de la politique, qui, après s'ôire compromises à son service, sont venues chercher un asile auprès de lui. Sans doute.

rSmpereur a largeiùent pourvu aux besoins d'Abd-

el-Kader en lui accordant un subside de 100 000 fr.; mais ce subside, partagé avec ceux de ses nombreux compagnons qui sont dans le besoin, est lui-même réduit par le grand nombre de misères à soulager. Cependant, malgré les charges qui pèsent sur lui, Fémir trouve encore moyen de disposer de sommes importantes pour des œuvres pies : réparations aux édifices religieux, présents aux mosquées, il pour- Toitàtout; suivant, enûn^ies exemples quil a reçus de son père, il distribue aux pauvres de nombreuses aumônes. Dans l'une de ces dislribuiions, il se produisit un fait qui mérite d*ètre rapporté.

Les Arabes ont coutume de célébrer par des fêtes l'époque^de la circoncision de leurs enfants. Le moment étant venu de procéder pour Tun des fils d'Abd-el-Kader à cette cérémonie religieuse, Témir décida que les sommes destinées ordinairement à de fastueuses réjouissances seraient consacrées par lui à des œuvres de cbarité. En conséquence, il fit annoncer que sa maison serait ouverte pendant trois jours consécutifs à tous ceux qui auraient &im (et leur nombre est malheureusement considérable à Brousse); pendant trois jours, en efiet, tout individu eut le droit de venir prendre partaux largesses qu'il distribuait. On vit alors Abd-el- Kader, circulant au milieu des groupes affamés qui lui prodiguaient leurs bénédictions, apporter à

ses convives des paroles de coasolation. Mais, au lieu de s'approprier les remerctments qu'ils lui adresâënt :

c Mangez, A mes frères! mangez; mais remer^ ciez Dieu et la main à qui vous êtes redevables de cette nourriture. Ce n'est pas moi qui vous la donne;c'est le sullan Napoléon qui m*a couvert du manteau de sa protection ; qui, nen content de me rendre à la lil>erlé, m*a accordé les moyens de vivre^>moi et les miens, au milieu de vous.... Mangez, 6 mee frères 1 mangez la diffa^ du sultan Napoléon. »

On ne saurait méconnaître combien noble et touchant est cet acte de Tancien prisonnier d'Amboise, reportant k son libévalenr les bienfaits qu'il répand autour de lui, et faisant l)énir-, à mille lieues de la France , le nom du Prince qu'il bénit lui-même.

Au milieu de la vie toute de prière et d'étude

qu'Abd-el-Kader mène à Brousse, il n oublie pas qu'il a promis à TEmpereur, auquel il ne pardonne pas sa préférence pour les chevaux anglais, de lui faire hommage de quelques échantillons de chevau» arabes des races [juics du dcscrl. Dans ce but, il envoie des agents au milieu du Diarbékir et de la Syrie pour acheter des produits dignes du Prince auquel il les destine. Au mois de juillet 1854», trois

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