‹ AbdelKader, sa vie politique et militaireChapitre 7 sur 48 · £ar, village fortifié de la région saharienne · texte numérisé non relu

£ar, village fortifié de la région saharienne

MABHI-EO-BiN* 1»

à sa vie un terme prochain, c'était accomplir une

œuvre pie et donner satisfaction à un gouvernement qui devait désirer avant tout son éloignement de la province â*Oran. Mahbi-ed-Dtn adopta ce der-^ nier parti et résolut de se faire accompagner dans son voyage par Abd-el-Kader, non-seulement parce qu*il était son fils préicré, mais surtout parce que le nom de sa mère Zohra l'avait déjà fait désigner par quelques-uns comme devant être le sultan annoncé par les prophéties. Mahhi-ed-Din annonça publiquement la résolution de faire le pèlerinage et disposa tout pour son départ.

Hassan, bey d'Oi an, ne parut pas d'abord vouloir y mettre obstacle» lorsque, se ravisant tout à coup, il fit courir après la peùle caravane qui était sur le point d*atteindre le Ghélif. Ramené à Oran, Mahhi-' ed-Dfn reçut Tordre de venir s'établir dans cette

Yille avec sa famille. Mais, au bout de quelques mois, grâce à Finfloence de plusieurs chefs importants, grâce également aux cadeaux qui furent distribués parmi ks femmes du bey, la liberté lui fut enfin rendue, et il se hâta d'en profiter pour accomplir le pèlerinage et s*é1oigner d'un pays où il avait tout à redouter d'un pouvoir ombrageux. Un grand nombre de marabouts, d'Arabes de grandes tentes, se réunirent à Mahhi-ed-Dîn, et, tous eusenible, ils se dirigèrent vers Tunis, en suivant le chemin des hauts plateaux. A Tunis, les pèlerins s'embarquè-

SO MAHHI-ED-DlN.

rent pour Alexandrie; de là, ils se rendirent au

Kairc, et du Kaire à Suez, où ils prirent passage à bord d'un bâtiment qui les conduisit à Djedda* Ce voyage fut commencé en 1827 : Abd*el-Kader avait alors dix-neuf ans.

Le séjour que firent au Katre MaTihi-ed-Dtn et son fils eut des conséquences importantes sur la vie de celui qui tenta d'accomplir, en Algérie, une œuvre parallèle à celle que Mébémet-Ali commençait alors à réaliser en Ëgypte. Ce fut, en eflet, pendant ce séjour qu*Abd-el-Kader eut la première révélation de la science du gouvernement. S'il aperçut les difficultés immenses qui s'attachent à Fœuvre de la régénération d'un peuple, il entrevit du moins une orgauisuliûn qui, toute défectueuse qu'elle était encore, contrastait d*une manière étrange avec le speclacle qu'il avait eu jusque-là sous les yeux. Cette première impression politique dut se graver profondément dans Tcsprit du futur sultan, car nous verrons plus tard qull s'efforça d*imiter en plusieurs points Méhémet-Ali; sans doute aussi, elle ne demeura pas sans iutluence sur les grandes choses qull a faites» sur les plus grandes encore qu'il avait conçues.

Arrivés à la Mekke, les pèlerins accomplirent les différentes cérémonies qui doivent accompagner la visite à la Maison de Dieu (Bit AUah); ils se rendirent ensuite à Médine, où se trouve le tombeau du Prophète , puis Abd-el-Kader et son père se séparé-

MÂHHI-ED-DlN. 21

rent de leurs compagnons. Pour eux , le moment n*ëtait pas encore venu de retourner dans leur pays, car ils n*ayaient pas eu le temps d*y être oubliés* Ils résolurent donc de rester jusqu'à nouvel ordre en Orient et de profiter du séjour qu'ils étaient contraints d'y faire pour aller visiter , à Baghdad , la kouMa (tombeau) du célèbre marabout Abd-el- Kader-ed-Djilaiy, auquel, comme nous l'avons dit, la tradition fait remonter leur origines et les rattache ainsi à Mohammed lui-môme.'

Abd-el-Kader^-Djilaly est^ sans contredit» le marabout le plus en honneur chez les Arabes, et notamment chez les Arabes du Gharb. Il a de tous côtés, en Algérie et dans le Maroc, des cliapelles qui ont été élevées en son honneur; partout il est considéré comme le patron des mûrmes et des malheureux. Ce marabout était un homme très-religieux, trèsversé dans la connaissance des livres de Dieu et, par-dessus tout, d'une austérité sans égale. Protecteur, aprèssa mort comme il le fut pendant sa vie, de tous ceux qui souffrent, son assistance est assurée à riiomme qui l'invoque dans le danger. La confiance des Arabes en ce saint personnage est même tellement grande qu'en présence d'un pôril menaçant, il n'en est pas un seul qui ne rappelle à son secours et

ne s'écrie : la .ndi Abd-el-Kader-ed-DjUaly! (0 mon

seigneur Abd-el*&ader-ed-Djila]y l)

Les Arabes sont trop amis du surnaturel pour

22 MAHHI-ED-DÎN.

n'avoir pas mèlc le iiicrveilleux à la vuriLé dans rhistoire d'un homme aussi considérable que celui qui fut leur suUan; on ne saurait donc s'étonner du grand nombre de légendes qui se racontent sous la tente au sujet d'Abd-el-Kader. Il serait trop long de les rapporter ici dans leur ensemble ; si nous croyons devoir faire une exception en faveur de celle que nous allons citer» c'est qu'elle a exercé une certaine influence sur rélévation du fils de Mahbi-ed-Din. Cette légende se rapporte d'ailleurs à Tépoque à laquelle nous sommes parvenu, et, par conséquent, elle trouve tout naturellement sa place à cet endroit de Thistoire d'Abd-el-Kader.

Au dire des Arabes, le lendemain de l'arrivée de Malihi-ed-DIn et de son fils à Baghdad, terme de leur voyage, Abd-el-Kader était allé surveiller les chevaux qui paissaient dans la plaine, lorsque tout à coup un nègre se présente à son père et lui demande d'une voix sévère :

«Où est le sultan?

— Il n'y a pas, répond Mahhi-ed-Dtn, de sultan

parmi nous; nous sommes des gens pauvres et venant de la Hekke, où nous avons visité la Maison de Dieu,

— Le sultan est celui que tu as envoyé conduire

les chevaux au pâturage, comme si un tel soin devait incomber à l'homme qui doit un jour corn*

mander a tout le Gliarb, «

IfAHHI-ED-DtN. 23

Et comme le marabout lui ayant Hait remarquer

que ces paroles imprudentes pouvaient attirer sur lui Tatteatiou toujours dangereuse des Turcs, Tinconnu ajouta :

. < Le règne des Turcs est près de finir dans TOcddent »

Les pèlerins restèrent plusieurs mois à Baghdad, dissertant avec les Oulémas et les descendants de Sidi Abd-el-J^ader-ed-Djilaly. L'année suivante, à l'époque du pèlerinage, Mahhi-ed-Dtn se décida à revenir à la Mekke pour visiter une seconde fois le temple sacrée Ce voyage, à c6té de l'intérêt religieux, avait également pour lui un intérêt personnel. Il voulait se mettre en rapport avec les Arabes de la province d'Oran qu'il ne manquerait pas de rencontrer à la Helike, et, d'après les renseignements, qu'il en ol)tiendiait, juger si l'instant était entin venu de metU^e un terme à son exil. Il apprit que les Turcs redoublaient leurs exactions^ que les triims supportaient le joug plus impatiemment que jamais; il sut, en même temps, et cette nouvelle était pour lui de la plus haute importance, que la tentative faite par Tedjini sur Mascara était tombée à tel point dans l'oubli, que Sy-Ali-bou-Tiialeb, son frère, qui avait été accusé d'avoir tr^pé dans

1. On a écrit qu'Abd-el-Kader avait fait deux fois le pèlerinage; cela est vxai, mais cependant il ne s'absenta qu'une fois dé l'Algérie.

MAHm-ED-DlN*

ce coup de main, avait pu reparaître dans la province et rentrer dans son douar. Rassurés par ces avis, llahhi-ed-Dln et Âbd-el-Kader résolurent, après une absence de deux années, de reprendre le chemin du Gharb. Ce retour eut lieu vers le milieu de 1829, et se iïl par terre, aiin de pcnneltre au vieux Habhi--ed-Din d'aller prier sur le tombeau de son père mort, en revenant de la Mekke, dans un endroit appelé Ain^hezala (la source de la Gazelle), situé dans lu rcgence de Tripoli. Ce devoir accompli, les pèlerins continuèrent leur route vers Tunis, où ils s'embarquèrent pour Alger.

A son arrivée dans le beylik d*Oran, Hahhi-cd- Dtn put se convaincre que Tabsence ne lui avait rien fait perdre de sou ioiluence et de sa considération. On vit, en effet, accourir de tous côtés à sa rencontre, pour lui souhailer la bienvenue et solliciter ses bénédictions, une foule énorme de chefs, de marabouts, de tholbas avides de revoir au milieu d'eux rhomme vénéré dont si souvent ils avaient regretté I txïU

L'expérience du passé indiquait à Mahhired-Diu le rôle qu'il devait désormais tenir : plus que jamais il lui fallait se garder d'éveiller l'attention des Turcs et, pour cela, vivre ignoré et en dehors des aiïaircs publiques* Telle fut la règle de conduite qu'il adopta pour lui et qu'il imposa à sa famille. Mais en même temps, soit par prévision de l'avenir, soit

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par un sentiment de charité qu'a développé en lui son récent pèlerinage, Mahlii«ed-Dtn redouble ses aumônes, s attaciie à soulager toutes les misères et augmente ainsi le respect dont les populations sAnt habituées à Teutourer. Grâce à sa circonspection, les soupçons des Turcs se dissipent; grâce à ses bienfaits, son iniluence grandit encore parmi les Arabes.

C'est vers cette époque (fin de 1829 ou commencement de 1830) qu'eut lieu le mariage d'Abd-el- Kader avec sa cousine Khelra, fille de Sy «Ali-bou-- Thaleb. Oi^ielques mois après, les Français entraient à Aiger^ et le dernier dey s'éloignait, méprisé» d'une . contrée où il avait régné par la terreur. Ici vient se placer le premier acte politique d'Abd-el-Kader; le futur émir va se révéler.

La prise d'Alger par les ifrançais avait eu pour conséquence un soulèvement général des tribus du . beylik d'ûran contre les tribus makhzen qui, ne pouvant plus être secourues par les milices turques

retenues dans la ville chef-lieu, étaient réduites à se défendre avec leurs seules forces contre leurs agresseurs. Dès lors, Hassan avait pu prévoir le moment prochain de sa chute, puisque, en cas d^une attaque probable des Français, il se voyait privé par la ré* volte de Tappui des contingents sur lesquels il devait compter. Cependant un dernier espoir lui restait : la France se trouvait lancée au «milieu des hasards et des embarras d'une révolution, en proie

26 MAHHI-ËD-IÙN.

aux dissensions poliliques ; les difficultés iiilcricui es qu'elle avait à surmonter ne rempêcheraieut-elles pas de porter son attention sur la prorince d*Oran, ou, si elle venait à en occuper la capitale, de la conserver définitivement ? Placé dans cette alternative de crainte et d'espérance^ le bey flottait irrésolu sur la décision à laquelle il devait s'arrêter. U savait, il*un côté, par Texemple d'Alger, que la résistance ne pouvait entraîner pour lui qu'une catastrophe ; il n'osait, de l'autre, s'enfuir à Constantinople, car si la mer lui était ouverte, il comprenait que son départ serait une renonciation à la souveraineté de la province. Dans cette situation, Hassan se décida ù choisir une position d expectative qui lui assurât un refuge en cas d'attaque, et la rentrée dans sa taipitale SI les Français, après s'en être emparés, arrivaient à Fabandonner. €e refage, à qui songe-t-il à le demander? A Thomme qu'il a interné à Oran, qu'il a tenu pendant deux ans exilé de son pays, en un mot, à Malihi-ed-Dîn. Ainsi Hassan ne voit qu'un Arabe dont le nom soit assez respecté dans son beylik pour lui servii d'cgide conlre la haine de ses sujets ; c'est le père d'Abd-el-Kader. Cette décision prouve, mieux que tous les raisonnements, quelle était l'intluence de Mahhi-ed-Btn et la confiance qu'inspiraient sa généroâté et sa vertu.

Appelé secrètement à Oran, Malihi-ed*-Dln reçut, Aon sans étonuement, la confidence de Hassan*

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MAHHI-BI>-I>tN. 27

Mais avant de danner une réponse dont ii sentait toute la granité, il demanda an bey Tautorisation de se concerter avec les siens* Ën ellet, à son retour à Khesibia, il convoqua une sorte de conseil de famille, et, après avoir exposé le désir de Hassan, il appela chacun à exprimer son avis. (Tétait à Abdel-Kader, comme étant le plus jeune, à opiner le dernier. Avant lui, tous avaient été unanimes à reconnaître rimpossibililé de refuser au bey l'asile qu'il réclamait : sans doute, il avait eu des torts bien graves envers le chef de la famille, mais n'y auraîl-il pas du déshonneur à ne point ouvrir à un suppliant le refuge qu'il venait réclamer?

Lorsque le tour lut venu pour Abd-ei-Kader d'exprimer son opinion, il commença par s*excuser vîsk à-vis de tous> et notamment vis-à-vis de son père, de ne point partager le sentiment qui venait de réunir Je suârage des siens. Mais il était de son devoir de faire observer qu'au milieu de l'état d'anarchie dans lequel vivaient les li ibus, il n'y avait pour sa famille aucune certitude de pouvoir protéger Hassan contre le ressentiment général. Quoi qu'ils pussent faire, le bey serait donc insulté, pillé, mis à mort peut-être, et alors quelle honte rejaillirait sur ceux qui n'auraient pas su faire respecter ra7«a?i (sauf-conduil) accordé 1 Abd-el-Kader,s'animant peu à peu, ajouta :

« La autre uiolif s'oppose, selon mon jugement,

28 MAHHI-ED-DlK. ,

ce que Hassan soit recueilli dans la guetna: c'est « qae Tasile qui viendrait à- être danné par la fii- « mille au représentant d'un système tyraruiique, « au bey méprisé et exécré, serait considéré par les « Arabes comme une approbation donnce à sa con- « duite passée. Par conséquent, nous nous ferions < des ennemis de tous ceux qui ont eu à se plaindre c de Hassan, c'est-à-dire de tous les Arabes de la « province. »

A peine Abd-ei-Kader eut-il parié, qu'aussitôt Mahlii-ed-Dtn, le premier, déclara se ranger à To* pinion qui venait d'être exprimée par son fils ; elle fut adoptée par tous. A la sortie de ce conseil, un courrier fut dépêché à Oran pour faire connaître à Hassan l'impossibilité où se trouvait Mahhi-ed-Dtn de lui garantir sa sécurité.

Quelque temps après, les Français, sous les ordres du général de Damrémont, entraient à Oran (4 janvier laai), et le bey, reconnaissant que, privé de Tappui des Arabes, toute résistance était inutile, livrait la ville sans combat et s'embarquait pour Alger, d'où il gagnait Alexandrie,

ANARCHUB.

Kérolte de la province d*Oran.— BiTisione intestines. «^Kecour» au Maroc. — Mouley-Âly. — La guerre sainte. — Premier»

combats. — Le pouvoir offert à Mahhi-ed-Dîn. — Son refus. — • Ije conseil. — Abd-el-Kader est proclamé sultan.

Les Turcs ont disparu delà province d'Oran; à lenr puissance a succédé celle de la France, mais la- France ne règne qu'à Oran. Au delà» son pouvoir est méconnu; au delà, se dresse le peuple arabe, contre lequel elle devra soutenir, lorsqu'il aura trouvé un chef, une guerre de seize ans. Nous approchons du moment où va surgir Tbomme qui a présidé à cette lutte; mais pour bien comprendre par quel concours de circonstances Abd-el-Kuder fut porté au pouvoir, il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur la situation du beylik de Touest depuis la conquête d'Alger.

30 ANARGHIË.

Noire prise de possession de Tancienne capitale des deys avait à peine été counae dans cette province que, comme nous Favoiis dit, les Arabes y avaient répondu par un soulèvement presque gé- ,néral. Dès ce moment, a i'oidre que les Turcs avaient maintenu par la terreur, avait succédé l'anarchie la plus cnroyable. Non-seulement la guerre était allumée entre les tribus rivales, mais encore lesindividus profitaientde l'absence de tout pouvoir pour exercer des vengeances qu'ils savaient devoir rester impunies; de leur côté, les voleurs, les coupeurs de route, sans crainte désormais de voir leurs crimes réprimés, se donnaient libre carrière. Nul n'osait s'éloigner de son douar; les marchés étaient abandonnés, et, les gens tranquilles s'abstenantd'y apporter leurs denrées, la disett|| menaçait de succéder à l'abondance* Gomme si ce n'éteit fias assez de tant de malheurs arrivant à la fois, de nombreux compétiteurs avaient surgi ixmr se disputer le pouvoir, entraînant dans leur parti telle ou telle tribu, qui dès lors faisait une guerre acharnée aux tribus rangées sous un auU(^ drapeau.

Les habitants de Tiemsen et les Beni*Ameni fu» rent les premiers à comprendre que, pour faire sortir le pays de l'état d'anarchie où il vivait, il fallait se rallier autour d'un chef qui pût être accepté par tous. Mais, au milieu des partis divisés, lequel choisir? n'était-ce pas mécontenterle plus grand nombre

que d*appeler aa pouvoir Tnn des prétendants qui se le disputaient! Pour obvier à ce danger, les personnages prindpaux de la ville de Tiemsen et de

la tribu des Beni- A mers résolurent de demander à Houley-Abd-er-Rahmân, empereur du Maroc, de

désigner, pour gouverner Tancien bcylik d'Oran,

m chef que, dans l'état d^agitation où il se trouvait, le pays ne pouvait se donner lui-même, et, afin de couper court à toutes les rivalités, de choisir ce chef parmi les membres de la fiimille impériale. Abd-er- Rhamto eut b&te de satisfaire au vœu d*nn pays qui se donnait indirectement à lui, cl d'envoyer dans la province d*Oran, avec le titre de son khalifah (lieu* tenant), Monicy-Ali, un de ses neveux. Le besoin d'autorité était si grand que beaucoup de tribus, et des plus cûiisidérables, reconnurent instanlanément le pouvoir nouveau. Mouley-Ali avait déjà établi un commencement d'ordre matériel dans la contrée, lorsque, sur les représentations de la franco» que M. de Mornay fut chargé de porter à Mouley- Abd-er-Kahmàn, et d*appuyer au besoin de menaces, Tempereur du Maroc rappela son neveu vers le mois de mars 1831. La conséquence de ce rappel fut de faire retomber la province d*Oran dans Fétat d'agitation qui avait précédé Tarrivée de Mouley- AH. C'est à peine si quelques chefs, tels que Ben- Nouna à Tiemsen, Sy-el-Aribi dans 1 est, parvinrent à se faire obéir ; partout ailleurs le désordre le plus

Digitiz

absolu succéda aux quelques jours de tranquillité que Ton venait de traverser. A Mascara, les faubourgs se battaient contre la ville ; à MazouDa, à Galaa, mêmes excès; de sécurité, nulle part.

Les motifs qui avaient déterminé une première fois les habitants de Tiemsen et les Beni-Amers à demander a Terapereur du Maroc un chef de son choix amenèrent les Uachems, tribu à laquelle partenait Mahhi-ed-Dîn, les Benî-Amers et les Gharabas à proposer au vieux marabout de prendre en main le pouvoir et de le i)roclamer sultan. Chaque fois Mahhi-ed'-Dln répondit à ces offres par un refus que justifiait d'ailleurs son grand âge; tout ce que Ton avait pu obtenir de lui, c*est qu*ii prit le commandement nominal des goums^ qui allaient inquiéter les approches d*Oran.

Ce lut dans ces comhats, et sous les ordres de son père, qu'Abd-el-Kader lit l'apprentissage de la guerre. Les premières rencontres auxquelles il as- * sista furent celles des 3 et 7 mai 1832, qui eurent lieu sous les murs d'Oran. Dans celle du 7, emporté par un courage imprudent, il s'élancaau milieu de nos tirailleurs et faillit être fait prisonnier; son cheval fut blessé de sept coups de baïonnette. La conduite brillante du jeune Abd-el-Kader dans CCS deux occasions appela sur lui Tattention des

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