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à un magnifique tabernacle placé à Tintérieur de Téglise et adossé à la muraiUe , lequel se compose d*une armoire creusée dans le mur, fermée par un volet bardé de fer et entourée de niches et de contreforts, formant un grand rétable de style ogival allemand.
Ainsi , pendant que les hosties reposaient dans cette espèce de tabernacle, on pouvait, jour et nuit, à toute heure, adorer les saintes espèces dans la rue, car Tensevelissement et la chapelle extérieure dont je parlais ne sont, en quelque sorte , que le revers du tabernacle de l'Intérieur.
Les enquêtes de la Société française d'archéologie nous ont appris que la même disposition existait, en petit, dans plusieurs églises rurales de Test de la France ( diocèses de Verdun , de Metz , de Nancy, etc. , etc. ). Une lampe placée dans une petite fenêtre indiquait, à Textérieur, la position correspondante du tabernacle à Tintérieur.
J'ai trouvé, dans plusieurs églises du nord-ouest de la France , des tabernacles en pierre offrant l'image d'une tour, et dans lesquels il y avait, comme dans nos tabernacles actuels, une petite cavité fermée d'une porte , pour déposer les hosties , et au-dessus un étage percé de fenélres , qui pouvait servir d'os* tcnsoir ou d'exposition. La plupart de ces tabernacles ont été déplacés et mis * décote.
Le spécimen ri-joint offre l'image de ceux que j'ai vus dans plusieurs églises, notamment dans celles de Maltot et de Tracy-Bocage ( Calvados ).
Je pense que ces tourelles, quand elles n'étaient pas le long des murs du sanctoaire, place qu'elles occupaient presque touj >urs , s'élevaien». au dessus de l'a j-
tel, comme nos tabernacles : aucune de celles que j'ai vues ne parait
T. Petit «le' CtiOERCE DB L4 n> Dt XV*: MÈCLE, OA^S L\ r.ll\»CLLE DB JCCOTILLE (caLT4D0S).
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remonter aa-delà du règne de Louis XI ; elles ayaient toutes été déplacées.
C*est là Torigine des tabernacles qui décorent aujourd'hui nos autels : il est probable pourtant que , bien antérieurement au XV* siècle, et même très^nciennement, fl y eut sur quelques autels des turres pour renfermer TEucharistie , et ce serait là le type primiti des tabernacles actuels ; c'est , du reste , un point fort obscur. Mauléon dit, dans son ouvrage liturgique, qu'à S'*-Croix d'Orléans, le ciboire était, de son temps, renfermé dans une tourelle de cuivre jaune ; mais il ne donne aucun renseignement sur l'âge présumé de cette tourelle.
GafosifCBS. — Les crédences n'ont invariablement qu'une piscine au XV* siècle : il est rare qu'elles soient simples et sans moulures. Elles se distinguent le plus souvent par les bouquets de feuilles dédDCfuetées qui garnissent l'arcade , souvent en forme d'accolade , et qui s'élèvent en panaches comme au-dessus des portes et des fenêtres. On peut juger de cette ornementation par la crédence figurée à la page précédente.
Fonts baptismaux.
OM employa, pour les fonU du XV' siècle , les formes qui avaient été usitées au XIIP ; mais ces fonts et ceux du commencement du XVI* siècle offrent , quand ib ont été sculptés avec soin , des moulures prismatiques semblables à celles qui décorent les niches, les dais et les pinacles de l'architecture ogivale de l'époque tertiaire.
Alors les plus habiles artistes exercèrent leur talent sur les fonts baptismaux : quelques fonts de celte époque peuvent être regardés comme des chefe-d'œuvre de sculpture ; tels sont ceux des cathédrales de Strasbourg et de Fribourg. Mais si , dans quelques églises , on a décoré avec tant de soin les fonts baptismaux, dans beaucoup de localités, on parait avoir attaché peu d'importance à ces monuments accessoires, peut-être parce qu'ils étaient moins en vue ; de sorte que, d'une part, nous trouvons une richesse incroyable de détails dans certains fonts du XV* siècle, tandis que d'autres oOrent une grande simplicité.
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rai dit qu*aa XIII* et au XIV* siècle , dans les fimis de fime octogone, Tintérieur de la fontaine était habibiellement drculaire: au XV* , rintérieur est octogone comme Teitérieur. Tal bit me autre observation , à laquelle je n*attacfae pas plus d'importance qu^eOe n*en mérite, c*est que, jusqu'au XV*. siècle, je n'ai jamais vu la fontaine divisée en deux compartiments : si quelques fonts andens présentent ce caractère, j'ai fodlement reconnu que la division avait été pratiqnée après coup et qu'elle n'avait pas de date certaine ; dans quelques fionti de la fin du XV* siècle et du XVI* au contraire, cette doison dont de parle a été ménagée dans le bloc dont on a fait le réserroir. Oi ne plongeait plus les enfants dans la fontaine, on se contentait de l'aspersion en usage aujourd'hui : alors l'un des deux timents servit à contenir l'eau , tandis que l'autre tenait lien de et donnait écoulement à l'eau dont on s'était servi pour le baptême. On voit aussi quelquefois , près de la fontaine prindpale , un second rédpient plus petit porté sur un piédestal accolé à l'autre. Ce rédpîcnt, destiné à recevoir l'eau qui avait servi à l'aspersion, lui donnait passage au moyen d'un trou pratiqué dans le support
J'ai vu plusieurs cuves octogones sur les angles desquelles étaient des oolonnettes très-maigres, à chapiteaux ornés de feuillages frisés, comme on en trouve tant au XV* siècle. 11 existe aussi à celte époque des cuves polylobées.
Les fonts monopédiculés à réservoir et à support octogones ne sont pas rares dans le XV* siècle : les uns se rapprochent de la forme d'm calice et offrent en dehors la forme hémisphérique ou ovoide; les antrei sont plus hauts sur pied, et la cuvette, moins profonde , présente lu plan à peu près horiiontal en dessous.
Dans l'église de la ville d'Eu , j'ai remarqué sous la troisième arcade de la nef, du côté du Nord , un font pédicule dont le réservoir,
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peu profond , est orné de nenrures figurant des compartiments dan% le style flamboyant de la deuxième moitié du XV* siècle.
Le font baptismal de la cathédrale de Baie est pédicule ; le calice est à huit pans. Il porte la date U65. Le Christ baptisé dans le
E. SNgOt dt-I.
rosrr di la CAiiioiAU »t ialb.
Jourdain, saint Laurent, saint Jacques , saint Paul, suint Pierre et saint Martin sont figurés sur les huit pans de ce calice. L'empiètemnct est de Tormc octogone, comme le calice.
Les fonts en bronze de Téglisc St-Sebald, à Nuremberg , présentent la forme d'un cylindre garni de cercles en relief. Les contours en sont gracieux et la surface du cylindre , divisé en deux étages, est
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tapissée d'arcatures en accolade. Les quatre ÊTangélisles se déUcheol, portés sur des socles, et paraissent supporter la fontaine ou Tasqae formant la partie supérieure du font.
rOMT ■àPTISlIiL DAM t'iotW DB tàniT-tCtiL».
On a fait encore quelques fonts baptismaux en plomb au XV* et au XVI* siècle : celui qui se trouve dans la collection publique d* Amiens est un des mieux conservés que j'aie vus : il devait être pédicule : le pourtour en est orné de douze arcades et de divers dessins dans le style ogival de la dernière époque, en application sur la plandie de plomb qui forme le réservoir. Chacune de ces douze arcades encadrait une figure d'apôtre eu demi-relier.
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Le font que Toici esl aussi en ^ plomb et se trou?e dans Téglise de Mesnil-Mauger ( Calvados ) , où M. Bouel Ta dessiné pour moi il y a longtemps ; depuis , il a été moulé en plfttre et décrit par M.
La?alley-Duperroux, architecte : il est octogone. Chaque panneau, séparé des autres par des contreforts appliqués en pénétration sur les angles, est orné d'une arcature en forme d*accolade subt^ilobée, garnie de feuilles de choux, au centre de laquelle sont des figurines. On dislingue, parmi ce^ figures, la Sainte-
ON M% PANNEAOX DO rO?IT OCTnr.OKE DC MtSRTL-VArcEB.
Vjergc, saint Laurent, saint Etienne, patron de la paroisse, cl sainte Barbe , patronne de Tabbaye voisine qui nommait à la cure.
Le diamètre de ce font est de 0 mètre 75 ; le réservoir est partagé en deux parties.
Les figures suivantes sont celles de deux fonts qui doivent dater
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de la fin du XV* siècle ou du XVI% el dont les types se tnmfaicDt
asseï souvent , il y a quelques années , dans nos églises de <
Le suivant est muni d*un couvercle pyramidal à huit pans, en bois de chêne, qui ne date que du XVIP ou même du XVIII* siècle.
Quelques-uns de ces couvercles ont été , au XV* siècle , remarquables par leur élégance et présentaient toute la complication des clochetons les plus ornés de Tépoque.
On comprend combien était gracieux Taspect des fonts baptismaux , combien il y avait d*élégance dans ces beaux vases de pierre , surmontés d*une pyramide en bois ornée d*ane profusion de ciselures et découpée à jour.
Il n'aurait pas été Acile de déplacer ces pyramides , qui avaient parfois 7 à 8 pieds de hauteur , si Ton n'avait eu recours à un moyen mécanique pour les faire mouvoir. Ce moyen était très-simple : le couronnement était soutenu latéralement par deux .barres de fer, qui allaient s'attacher à un pivot Or, ce pivot étant fixé le long du mur voisin ou assujetti de toute autre manière, on pouvait frôlement le fiiire tourner sur lui-même et promener horiiontalement le couvercle à droite ou à gauche.