‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 106 sur 128 · TTLE OGIVAL DE LA 3* ÉPOQUE ( CHAIRES · texte numérisé non relu

TTLE OGIVAL DE LA 3* ÉPOQUE ( CHAIRES

J'ai figuré on de cet couTereles dans le tome VI de mon Cours d'antiquitéê (plXC).

Je ne connais pas de couvercles en bois antérieurs au XV* siède ; mais il y en avait dès le XII*, et ces couvertures ont toujours été en rapport avec le style architeetonique de Tépoque où elles ont été ftûtes.

Nous pouvons donc savoir quelles étaient leur forme et leur décoration , en nous reportant à celles des dais et des pinacles que Ton voit dans les églises du XII* siècle et du XIII*. Ils devaient offrir Timage d^une tour ronde ou octogone, autour de laquelle venaient se grouper d^autres tours plus petites figurant ainsi une enceinte de muraiDes.

Jubés. — Clôtures en pierre.

I ^BS jubés sont des espèces de barrières ou de clôtures trës-omées, Li placées entre la nef et le chœur ; ils supportent ordinairement une tribune où Ton venait lire Tévangile , comme on Tavait fait auparavant sur Tambon (V. la page A ). Le nom de jubé vient d'ailleurs de ce que le diacre, en demandant la bénédiction de TofiBciant, avant de commencer la lecture de Tévangile, prononçait le mot Jubé , ordonnes. On ne trouve aucune trace de jubés avant le XIV* siècle, et tous ceux que je connais sont du XV* ou du XVI*.

Ainsi, le magnifique jubé d*Alby et celui de Rodez, construits avec une pierre blanche d'un grain très-fin, celui du Folgoat (Tmistère), si élégant et construit en pierre de Kersanton , le jubé de Téglise de Brou (Ain), celui de la Madeleine, à Troyes, celui de St-Flacreen Bretagne, dont des dessins peuvent seuls faire comprendre la finesse et la beauté, sont des ouvrages du XV' siècle ou du commencement du XVI*. Le dernier jubé, celui de St-Fiacre, est en bois.

Aux jabés viennent naturellement se rattacher, au XV* siècle, les clôtures en ipàene qui séparent le chœur dea bas-côtés et qui , dès le xni*, se voient dans quelques églises ; elles deviennent, au XV* et au XVI* nècle, d'une richesse vraiment étonnante. On peut voir, à Amiens, la clôture ornée de tableaux représentant Tbistoire de saint Firmin, celle du chœur de Chartres, celle du chœur d'Alby , el beaucoup d'autres qui remontent, pour la plupart, au commencement du XVI* siècle.

Oliaires.

OMMB les jubés, les chaires à prêcher ne se rencontrent guère qu'au XV* siècle ; au moins n'en ai-je jamais trouvé de plus anciennes,

DE CADMONT. ABÉCÉDAIRE D'ARGHiOLOGIS.

telles sont celle de Strasbourg , celle de Fribourg, et, dans l'Ouest celles de St- Lo et de Vitré : les deux dernières se ressemblent beaucoup et elles offinent cette particularité d'être Tune et Tautre en dehors des églises, probablement pour prêcher les jours de grandes fêtes où les églises ne pouyaient contenir toute la foule des fidèles.

Voici Tesquisse de la chaire de Vitré, octogone, portée sur un pédicule comme un font baptismal ; chaque face est décorée de deux arcatures trilobées, à frontons supportés par un encorbellement à leur point de réunion.

Le toit ou dais qui recouvre cette petite tribune ressemble au toit d*un clocheton garni de crochets; un fronton triangulaire et festonné à sa base garnit chacun des cAtés.

Les chaires que je viens de signaler sont en pierre; on en a fiiit alors en bois dans le même style, mab il n'en reste plus , je crois , que des débris.

Les lambris sculptés et les boiseries offrent les motifs qui ont été reproduits dans romementation des chaires en bois, et Ton peut très-bien se lairc ridée de ce qu'elles lurent au XV* siècle et au commencement du XV!*". Depuis la fin du XVI* siècle, il nous en reste un assez grand nombre.

M. R. Bordeaux a prouvé que Tabalvoix, ou le toit qui sunnonte les chaires actuelles, est une innovation qui remonte à peine au XV* siècle , et que jusque-là les chaires, comme les ambons anciens , n'étaient pas pourvues de cet appareil

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