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STYLE OGIVAL PRIMITIF (TOMBEAUX). ÔA

Le tombeau de la reine Bérengère, femme de Richard-Gceur-de- Lkm, morte dans la première moitié du XIU* siècle, était primi-

T0MBC4II DE LA ICIHE •ilERokat , AV MkHê.

tirement è l*abbaye de Lepeau, près du Mans, où cette princesse avait été inhumée , et fut transporté dans le transept nord de la cathédrale de cette Tille , en 1821.

Le tombeau subit alors quelques changements.

En fldsant abstraction de ces parties modernes , on aura le tombeau tel qu'il existait au XIII* siècle, c'est-à-dire une statue de grande proportion, couchée sur un cercueil orné sur les grands côtés de quatre-feuilles à lobes arrondis , cantonnés chacun de quatre petites roses. Les huit petites roses inférieures sont semblables , formées d*un double rang de cinq pétales ; les roses du rang supérieur sont, au contraire, différentes les unes des autres, et Tune est remplacée par une feuille de chêne.

La statue de la reine Bérengère a la tète portée sur un coussin ; sa robe est fixée au moyen d'une ceinture à laqueUe est suspendue Tescarcelle ; elle tient des deux mains, sur sa poitrine, un petit tableau

ÔUG DK <:AUIM>NT. ABKCKUAinK D'AnClIKULOCIK.

ftculplé repvéMiitant une reine, dont le costnme e§t à peu près le OiêBie que celui de la slatue; j^avain autrelbiH pensé que ce pourait être la figure de la patronne de la défunte; mais M. Hucber, qui a examiné beaucoup plus attentivement , croit que c*est le portrait de Bércngère elle-même.

Quelquefois on voyait au-dessus du tombeau , près de la statue du défunt , des statuettes représentant des anges , les quatre Êvangélistes , assis et tenant des livres , ou d*autres saints personnages : malheureosement ees petites figures, qui toutes avaient été traitées avec soin, ont beaucoup plus soufTeit que le reste , et souvent elles sont oomplètement mutilées. C*est, je crois, dans la seconde moitié du XIII* siècle , que cet ornement accessoire a été le plus souvent usité : on le trouve également, à partir de cette époque, sur des tombes abritées sous des arcades , comme celles que nous avons citées préoédemment.

On a quelquefois coulé en bronze les statues destinées ù recouvrir le» tombeaux : nous avons, dans la cathédrale d*Amiêns , deux spécimens extrêmement curieux de statues semblables ; ce sont , je crois, les seules qui

existent à présent en |

France. Elles sont po- *

sées sur le pavé , Tune

à droite, l'autre à gau- §

che de la grande porte §

occidentale ; mais au- 2

trefois elles étaient plus S

loin dans la nef: ce n*est f

qu'en 176? qu'elles ont *

été transférées où rm g

les voit ù présent.

La tombe placée à droite de la porle est celle de l'évèque Evrard de Fouillo} , qui pos.i la première pierre de

STTLK OGIVAL PRIMITIF (TOMBEAUX). 5/i7

la cathédrale en iSSO, et mourut en 1218. Le prélat est représenté ¥êtu de ses habits pontificaux (chasuble, aube, etc., etc. ), donnant la bénédiction de la main droite, les pieds chaussés de sandales et posés sur deux reptiles ou dragons; la tête, coiffée d'une mitre trèscourte bordée d'un galon, repose sur un coussin semé de fleurons ou de quatre-feuilles. A la hauteur des bras sont deux anges agitant des encensoirs, et plus bas, près des genoux, deux clercs tenant des cierges allumés.

Le tout est encadré dans une ogire trilobée portée par deux colonnettes et accompagnée» à la partie supérieure, de tours crénelées et d'autres ornements assez ordinaires au XIII* siècle. Six lions servaient de pieds ou de supports à cette épaisse table de bronze , qui probablement se trouvait posée sur un soubassement en pierre : je n'ai point de renseignements précis sur la dbposition première du tombeau avant sa translation à la place qu'il occupe à présent One inscription en vers léonins existe sur le bord de l'encadrement trilobé qui renferme la statue.

L'autre tombeau de bronze est celui de Geoffroi d'Bu, qui succéda à Evrard de Fouilloy et mourut en 4287, après avoir élevé jusqu'aux voûtes la construction commencée par son prédécesseur; il est delà même forme que l'autre.

Le tombeau du fondateur de la cathédrale de Cologne, l'archevêque Conrad de Hochsteden, est aussi en bronze ; la statue du prélat, qui a six pieds et demi, a subi de notables dégradations : la main droite a été enlevée, les pieds ont été brisés.

Les statues tombales, qui ont été autrefois assez nombreuses dans les cathédrales et dans quelques églises du premier ordre, ont disparu en grande partie dans le XVII* et le XVIII* siècle. A cette époque, les chapitres les firent détruire , soit parce qu'elles encombraient les chœurs des cathédrales, soit parce qu'alors on cessa d'apprécier la valeur artistique des objets anciens et que l'on n'estimait que ce qui était moderne: l'aveuglement alla si loin que les œuvres d'ail les plus précieuses forent fondues et anéanties, sans respect pour rintenlion des donateurs. Les statues des plus illustres personnages furent impitoyablement vouées à la destruction, et celles qui avaient une valeur intrinsèque, comme les tombes eu métal, disparurent plus vite que les autres, parce qu'on pouvait tirer parti de la matière.

Les tombes en métal sont donc tellement rares aujourd'hui, qu'on peut ù peine en citer une dixaine en France, en Allemagne et en Italie.

5/|8 DF. r.AUMONT. ABfcCKDAIRK d'aRCHÉOLOGIE.

Or, il Mt extrêmement important de recueillir les dessins de cdie» qui ont existé, quand ces dessins ont été laits.

Les manuscrits de Gaignières, bien connus de tous les arcbéologoe», contiennent de curieux spédmens des statues en métal qui exiataleBt en France de son temps; plusieurs de ces dessins ont été coloriés, de manière à reproduire la couleur des émaux.

La cathédrale St-Maurice d'Angers avait fourni plusieurs tombeaux en bronze à la collection de Gaignières , notamment celui de Guillauoie de Beaumont, dont le cercueil fut ouvert il y a quelques années et offrit, avec les restes du défunt, les débris d*un tissu curieux. GulUaume de Beaumont devint évèque d'Angers en 1202; Il donna, en 1236, une partie de son palais pour bâtir la chapelle du transept nord, et mourut le 2 septembre 12À0. Il fut inhumé dans le chœur de la cathédrale, et c'est là que se trouvait la statue en cuivre dont je présente le dessin, d'après Gaignières (p. 5&9).

Le successeur de Guillaume de Beaumont, Michel de Villoyseau, évèque de 1240 à 4260, eut aussi une statue en cuivre émaillé, que l'on trouve dans Gaignières ; mais, comme il avait doté le couveot des Jacobins d'Angers, ce fut au milieu du chœur de leur église qu'elle fut placée et non dans la cathédrale: le rouge, le bleu et le Tîolet dominent dans les émaux de cette statue, d'après le dessin de Gaignières.

On trouve aussi dans les portefeuilles de Gaignières b statue tombale en cuivre émaillé de Guillaume RoUant, évèque du Mans, tirée de l'abbaye de Notre-Dame de Champaigne où il avait été inhumé.

D'après l'échelle jointe au dessin, elle avait 5 pieds et quelques pouces de longueur, sur 2 pieds 8 pouces environ de largeur. Le rouge, le bleu, le vert et le violet étaient les couleurs dominantes dans les émaux.

Il était évèque en 1256 : il mourut en 1259 , avant d'avoir achevé la troisième année de son pontificat, à son retour de Rome, où il était allé pour soumettre au Pape les diverses contestations qui s'étaient élevées entre l'église du Mans et le pouvoir temporel.

L'évèclié de Beauvais avait fourni à la collection de Gaignières une quantité considérable de monuments funéraires en cuivre.

Nous y trouvons hi tombe en cuivre jaune de Renault de Nantud , qui existait dans le chœur de l'église cathédrale de St-Pierre. Une inscription en vers rimes occupait le tour de l'encadrement. Cet évèque moamt en 4288.

550 DE GAUMONT. ABÉCéDAIRE D'AROHéOLOGIE.

Secondement la tombe de Thibault de Nantuel, saapmear eu précédent, qui occupa le siège de 1283 à 4300. La statue eft «Bcadiée dans une architecture à personnages. Une inscription en gothiques se développait sur la bordure.

PiBBBEs TOMBALES. — Si quclques personnes eurent des i élevés hors de terre, un bien plus grand nombre étaient ensarelies ssas le pavé des églises ; pour les plus notables on cherchait à au moyen de la gravure au trait, sur la pierre, Timage eu sous une arcade, avec les accessoires que nous venons de i sur 1^ tombes en relief: quoique Ton ait, comme je le disais rheure, fait disparaître une grande partie de ces pierres les églises, et que beaucoup d*autres aient été usées par le i prolongé des chaussures des fidèles , il en reste une quantilé i rable encore qu*il est fort intéressant d^eiaminer et qui devraînt Coules être dessinées avec soin.

Châlons-sui^Mame est une des villes de France qui poouéJiit le plus de pierres tombales. On peut lire, à ce sujet, le Comple-renéu in Congrès archéologique tenu dans cette ville parla Société fraaçaiw d*archéologie. Voici une de celles qu*on voit dans Téglise 4e Hotre- Dame, d'après le dessin de M. Barbât.

he commencement de Finscription , ainsi conçu :

ICI : GIST : DESOZ : CESTE : LAME : THIEBAUX : RUPEZ : DONT : DEX : AIT : LAME :

nous indique le nom du défunt qui est représenté à cheval, le sur le poing ; chose insolite, car on ne voit presque jamais le défîièt dans Texercice des actes qui occupèrent son temps durant sa vie. Cette pierre est donc extrêmement curieuse. Plusieurs autres dts pierres tombales de Châlons sont d*un très-grand intérêt.

Les pierres tombales de Péglise de Noyon ont été décrites, il 7 a quelques années, par M. Tabbé Magne, dans le BuUctin monumenlai : elles sont assez nombreuses encore.

Je reproduis ( page 552 } la pierre tombale d'un abbé de St-Ouen

srVLK OGIVAL PKIAJITIF ( TOMBEAUX ). ÔÙ!

NUU TOMMLB DiNt L'ÉGUtE HOTM-DAME Df GBALO!l»-t01-llAl%E.

552 DE CADMONT. ABÊCéDAlRB O'ARCHÉOLOGIE,

de Rouen: on y foU l'abbé, au milieu d'une arcade ogivale subtrilobée , les mains croisées sur la poitrine, la crosse inclinée et maintenue |Mir le bras droit

Toutes les parties du costume sont très-nettement rendues, et Ton distingue fiicilement la chasuble, lemanipule brodé de fleurs, suspendu au bras gaucbe, V aube dont le bas porte aussi des broderies, etc., etc.

Les pieds reposent sur un cbien.

A la hauteur des épaules deux clercs portent des flambeaux, et plus haut, entre la tète de Togiveet les angles de la pierre tombale, sont deux anges tenant des encensoirs. L*inscrjption est gravée en belles lettres majuscules tout autour de la pierre et sur la bande qui dessine Tarchivoltederogive(l).

(4) Voici le teito de celle iasrriptioii.

AbBAS PACtPICUS, HOMILU, PIDS ATQOB PVIHCDS,

J08TOB, Miompicus fratbrub pacis auici»,

PbVOEMS, PiCORDUS« PATIB!I$, PACCISQtJB BBCVIIDU5 Non BA QWJ!; irajtDOB QUiERBUft, A CBIMIRB MOIIMS MoniBCft OHM ATOS, OMBI PROBITATB PROBATOS VbRMIBOS BSCA DATU5 JACBT DIG HICOLAUA BOMATO» TAKTI PASTOBM ABIMA SIBB LABB LABOR15

Dit rons dclcokis, dowbus diadbma dicoius.

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