‹ Abécédaire, ou, rudiment d'archéologie (volume 2)Chapitre 18 sur 154 · UN DES AMBONS DE RAVENNE · texte numérisé non relu

UN DES AMBONS DE RAVENNE

daus laquelle on montait de deux côtés différents et où l'on venait lire l'épitre et l’évangile,

Les galeries ou nefs des basiliques furent occupées par les fidèles : le côté droit était celui des hommes et le gauche celui des femmes.

Lorsqu'il y eut deux ordres de colonnes dans la nef centrale, et qu'il régna une galerie au-dessus du premier ordre, ces espèces de tribunes furent réservées aux veuves et aux vierges qui se consacraient à la prière.

Pour rappeler les temps de persécution où les fidèles célébraient les mystères dans les catacombes , sur les tombeaux des martyrs, on creusa sous l'autel un caveau dans lequel on déposa les restes des chrétiens morts en odeur de sainteté.

Ce caveau fat appelé la confession , en mémoire des martyrs qui avaient versé leur sang pour comfesser la foi chrétienne, et dont il contenait les reliques. ;

Qu'est-ce que les catacombes dont vous venez de parler ?

Ce sent des galeries souterraines auxquelles les Romains avaient donné le nom d'Arenariæ, parce qu'elles avaient été creusées pour extraire la pouzzolane, espèce de sable ne que l'ou employait pour la confection des mortiers.

Ces galeries souterraines se ramifient à l'infini sous la campagne de Rome et forment, à une certaine profondeur au-dessous du sol, une multitude de chemins dans les directions qu'affectaient les veines de pouzzolane exploitées pendant des siècles.

Ce furent ces espèces de labyrinthes que les premiers chrétiens choisirent pour prier en commun , pour inhumer les saints, les martyrs et ceux qui appartenaient à la communion chrétienne,

Comment célébrait-on les mystères dans l'obscurité des catacombes ?

‘On trouve dans les catacombes des espèces de chambres cubicula , qui ont pu servir à cette célébration. Le tombeau d'un martyr (titulus, memoria , confessio) adossé au mur servait d’autel ; c'était sur ce tombeau recouvert d'une dalle de pierre que le saint sacrifice se célébrait. Des lampes suspendues à la voûte ou attachées aux murailles éclairaient ces réduits souterrains,

La forme des basiliques fut-elle exclusivement aduptée pour les églises ?

Non. Il y eut dès l’origine quelques églises circulaires : telle fut É entr'autres celle de St.-Etiennele-Rond, à Rome, qui remonte SAINT-ETIENNE-LE-ROND,

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RRE ROMANE PRIMITIVE. 11

au V°. siècle, Cette forme fut adoptée pour l’église bâtie à Jérusalem sur le St.-Sépulcre par l’impératrice Hélène, et elle paraît avoir été préférée dès les premiers temps pour les églises dont on faisait des chapelles funéraires.

La forme circulaire et plus fréquemment encore la forme octogone furent aussi adoptées pour les baptistères, qui étaient des édifices distincts près des églises, et dont on parlera dans un autre chapitre.

Les églises bâties en Occident , au Ve, siècle, offrirent-elles des innovations partielles dans le plan des basiliques ?

Oui, la plus notable, peut-être, fut l'apparition des transepts, c'est-à-dire l'élargissement que prit le vaisseau entre l’abside et les nefs, de manière à donner :

au plan de l'édifice la forme d’une croix.

Quelquefois aussi, au lieu d’une seule abside, on en fit trois de proportions À différentes, on mit leur diamètre en KŸ rapport avec la largeur des nefs vis-à- * vis desquelles elles étaient placées.

Le plan des églises d'Orient fut-il

semblable à celui des églises d'Occident ?

Quand Constantin eut transporté à

Byzance le siège de l'Empire, et qu'il NN voulut y fonder, sous l’invocation du Fils de Dieu, un temple auquel il donna le Q nom de Ste.-Sophie, on reproduisit vraisemblablement le type de l’église S1.-Pierre de Rome, qui passait alors pour la plus belle du monde; et l’église de Constantinople dut, à son tour, servir de modèle dans l'empire d'Orient,

Mais, cette basilique, relevée par Constance, brûlée et réparée deux fois sous Arcadius et Théodose-le-Jeune, fut détruite entièrement dans la cinquième année du règne de Justinien (582).

Ce prince, ami des arts, conçut le projet de rétablir la basilique, et pour l’exécution de cette entreprise, il choisit, entre les plus célèbres architectes de son siècle, Anthémius de Tralles et Isidore de Milet, Ces hommes habiles formèrent le dessin d'élever un temple tel que, surpassant tous les autres en étendue et en majesté, il eût encore sur eux l'avantage de n'être bâti qu’en pierres et en briques; les voûtes

remplacèrent les plafonds ea bois, et l'on vit apparaltre de lourds pilastres destinés à supporter des coupoles hémisphériques. L'église de S'*.-Sophie est carrée; elle a 250 pieds de long et autant

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