‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 115 sur 182 · FRAGMENT D UN ARBRE DE JESSE · texte numérisé non relu

FRAGMENT D UN ARBRE DE JESSE

à part en un volume in-S°. de 300 pages. Paris, Deraclie, rue du Bouloy, 7

Les sept dons du Saint-Esprit. — Quelquefois, au lieu de figurer le Saint-Esprit sous la forme d’une seule colombe, on en voit plusieurs, ordinairement sept, autour du Seigneur; on voulait par là indiquer les sept dons du Saint- Esprit : à Amiens , les colombes figurant les dons sont disposées avec grâce sur les feuilles d’une guirlande de pampres encadrant la figure du Christ, qui lui-même représente le Saint-Esprit, et plus bas, des deux côtés de son siège.

Le Saint-Esprit fut quelquefois représenté sous la forme humaine durant toute la période ogivale.

Anges et archanges. — Des trois archanges , Michel , Gabriel et Raphaël , c’est saint Michel qu’on trouve le plus ordinairement figuré , soit qu’il terrasse le démon, comme nous l’avons déjà vu sur un tympan du XIIe siècle (p. 117), soit qu’il procède au pèsement des âmes. C’est surtout dans l’exercice de cette dernière fonction qu’on le voit sur les tableaux du Jugement dernier qui recouvraient si souvent, au XIIIe. siècle, les tympans de nos grandes portes d’églises.

Dans le combat, il porte un bouclier du bras gauche et de la main droite une lance ou un glaive.

Hors du combat, il est revêtu d’une longue robe à plis ondoyants (voir la figure présentée p. 407) ; il porte une balance, comme ministre de la justice, quelquefois un globe.

Gabriel se voit dans les bas-reliefs de l’Annonciation; on lui met ordinairement un lis en main.

Les Anges représentés dans leurs différentes fonctions ont toujours les pieds nus et sont nimbés.

L’Église et la Synagogue ou la loi nouvelle opposée à l’ancienne.

Dans le XII ie. siècle et les siècles suivants, on a représenté la Synagogue sous la figure d’une femme, image de la religion antérieure à l’avènement du Christ, et on l’a mise en regard d’une autre statue couronnée, représentant la Religion chrétienne triomphante, qui reçoit dans un calice le sang de Jésus-Christ crucifié.

STYLE OGIVAL PRIMITIF (ICONOGRAPHIE). L \ïi

Lu Synagogue est figurée les yeux couverts d’un bandeau , et penchant sa tête d’où lu couronne se détache et tombe, pour montrer que la religion d’Israël a Itéclii devant la religion chrétienne. Elle n’a point de manteau et tient en main une bannière ou guidon brisé en deux ou trois endroits de la hampe (V. mon Cours, t. VIe., p. 484). Enfin, elle laisse tomber de ses mains les Tables de la Loi qui ont cédé la place aux lois du christianisme ; son nom est souvent inscrit sur le livre :

SYNAGOGA.

l’église et la synagogue , sur un vitrail du xme. siècle.

Le soleil et la lune , qu’on aperçoit dans la scène du crucifiement , ont été regardés comme les images des deux Testaments ; saint Augustin dit que la lune peut être considérée comme l’image de la Synagogue : de même que la lune emprunte sa lumière du soleil , et qu’elle resleiait dans l’obscurité si un autre corps venait intercepter ses rayons ; de même la Loi ancienne serait inexplicable sans le secours de la Loi nouvelle. La Synagogue est toujours placée du côté de la lune.

Nous voyons l’Église et la Synagogue sculptées en grande proportion dans le portail de l’église Notre-Dame , à Trêves. Ces statues sont remarquables, quoiqu’elles aient subi des dégradations et des mutilations.

Page 1