‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 146 sur 182 · TRIFORIUM TRANSPARENT · texte numérisé non relu

TRIFORIUM TRANSPARENT

d’une large fenêtre de clérestory : alors les murs furent véritablement à jour (cathédrale de Strasbourg, etc., etc.). Quelques triforiums transparents sont attribués à la deuxième moitié du XIIIe. siècle, mais la plupart ne sont que du XIVe. et du XVe.

Colonnes. — La disposition des colonnes est la même dans le XIVe. siècle que dans le XIIIe. ; celles qui sont groupées commencent à devenir maigres et ne se détachent pas aussi bien qu’auparavant des piliers qui les soutiennent ; au commencement du XIVe. siècle , il n’est pas rare de rencontrer encore des chapiteaux que l’on serait tenté de rapporter au XIIIe. ; mais bientôt la corbeille se déforme et les feuillages changent de nature. On ne voit plus, vers le milieu du XIVe. siècle, ces crochets qui se courbent en volute et qui forment, en quelque sorte, l’ornement obligé des chapiteaux du XIIIe. ; les feuilles s’infléchissent , se rangent sur le chapiteau comme pour mieux le couvrir.

Voici la coupe de quelques chapiteaux du XIVe. ; cet exemple caractérise assez bien cette époque, nonseulement par sa forme , mais encore par ses feuillages qui ont été souvent reproduits. On peut remarquer , dans le galbe de ces végétaux , quelque chose de recherché qui s’éloigne déjà de la naïveté des formes végétales du XIIIe. siècle.

Au XIVe. siècle, dans la deuxième moitié, on voit des chapiteaux dont les feuillages sont disposés de manière à former deux bouquets superposés, et à partager ainsi la corbeille en deux parties à peu près égales. Le fragment suivant d’un portail du XIVe. siècle offre un exemple de cette disposition. Cette combinaison est aussi très-caractéristique du XVe. siècle. Il s’opère en môme temps, dans la forme des bases, un travail de transformation d’où doit sortir un type nouveau.

Ces bases n’offrent plus de scoties évidées ou creusées comme au XIIIe. siècle ; elles disparaissent même tout-à-fait et les deux tores sont superposés.

Les socles ont une importance toute nouvelle dans les piliers du XIVe. siècle. Souvent il y a autant de socles que de colonnettes, et ils sont octogones ou prismatiques. Quand le socle a plusieurs étages, ces étages sont séparés par des moulures en forme de tores ou de doucines ; quelquefois enfin la partie inférieure du pilier est un massif dans lequelles socles paraissent pénétrer.

Fenêtres. — Ainsi que nousl’avons dit, les fenêtres se composaient assez ordinairement, au XIIIe. siècle, de deux ouvertures en lancette, encadrées dans une plus grande ogive ; entre les sommités aiguës de ces lancettes géminées, l’usage n’avait admis qu’une ouverture en forme de quatre-feuille, de trèfle ou de rosace ; et si quelques grands édifices du XIIIe. en présentent de plus larges, on peut en quelque sorte regarder

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