COLONNES AVEC CHAPITEAUX A DEUX BOUQUETS DE FEUILLAGES
ces fenêtres comme exceptionnelles ou comme datant de la fin du siècle ; d’ailleurs , dans quelques églises, elles ont été reprises en sousœuvre et élargies. Au XIVe. siècle, plusieurs colonnes ou meneaux divisaient ces ouvertures dans le sens de la largeur , et le centre de l’arcade présentait plusieurs compartiments en forme de trèfles, de quatre-feuilles ou de rosaces.
La combinaison la plus habituelle est celle qui suit, fig. A ; deux ogives géminées, surmontées d’une rose polylobée, occupent toute la fenêtre.
Chacune des deux ogives se décompose en deux parties ou en deux baies , surmontées d’une rose ; de sorte que l’ensemble de la fenêtre présente en grand l’image des deux ogives géminées qu’elle encadre, et qui représentent elles-mêmes les fenêtres du XIIIe. siècle. Dans les édifices d’un ordre inférieur , la fenêtre B est fréquente au XIVe. siècle.
Les fenêtres du clérestory sont quelquefois , dans les grands édifices , surmontées de frontons garnis de crochets qui s’élèvent au-dessus desba-
lustrades du grand comble,en forme de pyramides triangulaires à jour : les cathédrales de Metz , d’Amiens et de Cologne offrent des exemples de ce couronnement des fenêtres. Nous les retrouvons „1 souvent au XVe. siècle.
Il existe enfin des fenêtres du XIVe. qui réunissent deux fenêtres semblables à la précédente , surmontées d’une rose d’un grand diamètre (Voir la fenêtre, p. 532):
ces larges ouvertures se voient dans les façades, aux extrémités des transepts et au chevet des églises qui se terminent par un mur droit : elles y remplacent les lancettes que l’on réunissait trois à trois dans [les monuments du XIIIe. siècle.
Roses. — Les roses ont, en général, un plus grand diamètre qu’au XIIIe.
siècle ; les traverses qui les divisent se ramifient de plus en plus et produisent un plus grand nombre de compartiments , dans lesquels on trouve à peu près les mêmes dessins que dans les fenêtres de l’époque.
Je donne (p. 532 ) une petite rose à douze compartiments, telle qu’on en voit dans des édifices
FFAETRE DE LA MF DE LA CATHÉDRALE DE METZ, SURMONTÉE d’un FRONTON GARNI DE CROCHETS, S’ÉLEVANT AU-DESSUS DE LA BALUSTRADE.
Portes. — Les portes du XIVe. siècle diffèrent peu de celles du
XIIIe. ; les voussures et les tympans sont également, dans les monuments importants , chargés de petites figures en bas-relief ; les frontons triangulaires qui les couronnent sont quelquefois découpés à jour au lieu d’être pleins comme dans le XIIIe. siècle ; ils sont aussi ordinairement plus élevés et garnis de crochets. Sur les tympans de quelques portes, des trèfles, des quatre-feuilles ou des rosaces remplacent les figures en bas-relief.
Iconographie et statuaire. — * ;§/j(j Les sujets qui ont été représentés en bas-relief au XIIIe. siècle se retrouvent au XIVe. Nous n’avons donc rien à ajouter à ce que nous avons dit précédemment. Si les statuaires du XIVe. siècle sont plus habiles que leurs devanciers, leurs figures ont souvent moins de naïveté. On s’attache plus aux petits détails et moins à l’effet général :
les draperies sont quelquefois un peu tourmentées.
Jusqu’au XIVe. siècle , on avait représenté la Sainte Vierge assise, portant l’Enfant-Jésus sur ses genoux ( V. la page 201 ) ; on pensait alors que la Mère de Dieu devait recevoir, assise, les hommages des fidèles, et qu’il n’était pas digne d’elle de se tenir debout. A partir du XIVe. siècle, on la figure debout , portant l’Enfant-Jésus sur le bras.
Dans la représentation du jugement dernier sur le tympan des portes, le Christ ne domine pas toujours la scène comme au XIIIe. siècle ; on le fait en général de plus petite proportion, afin de réserver plus déplacé pour les autres détails.
Cependant nous le trouvons encore à peu près , comme au XIIIe. siècle , dans beaucoup de portails de la première moitié du XIVe. Le
spécimen précédent, déposé au musée de St.-Lo, doit être de cette époque.
Les supports en encorbellement sont assez souvent , au XIVe. siècle, ornés de figures bizarres , de quadrupèdes , de reptiles, etc. Les sculpteurs ont parfois essayé de faire de véritables caricatures. On distingue quelquefois des images de moines parmi les figures satiriques. Cette observation peut être notée pour l’histoire de la sculpture et l’appréciation des idées du temps : le XVe. siècle olfre beaucoup d’exemples semblables.
Arcades. — Les arcades n’offrent pas de surélèvement ; les impostes et le sommet de l’ogive représentent les trois points d’un triangle équilatéral.
On ne trouve plus aussi fortement accentuées les moulures alternativement rondes et creuses, qui ornent, au XIIIe. siècle, les archivoltes des grandes arcades ; les scoties, moins profondément évidées que celles du XIIIe. , les tores, moins bien arrondis et parfois elliptiques, ne produisent plus ces oppositions de lumière et d’ombre qui donnent aux arcs multiples du premier style ogival une précision, un effet si remarquables.
Tours. — Dans les tours couronnées d’une flèche en pierre, un trottoir garni d’une rampe se voit presque toujours entre la tour et la base de la pyramide qui la surmonte, à partir du XIVe. siècle. Jusque-là les toits pyramidaux des tours avaient reçu peu d’ornements : on y avait seulement sculpté des modifions imbriqués ou des tuiles festonnées ; mais, au XIVe., on les perça de trous découpés en trèfles, en rosaces, etc. , on couvrit leurs angles de crochets. La réunion de ces différents caractères peut servir à distinguer les grandes tours du XIVe. siècle de celles du XIIIe. (1).
Du reste , une grande variété de formes fut en usage pour les tours au XIVe. siècle; comme au XIIIe., les tours en bâtière continuèrent d’être usitées : on en vit même d’assez remarquables.
Notons aussi qu’à partir du XIVe. siècle les architectes s’affranchirent souvent des règles qui avaient prévalu au XIIIe. pour la disposition des tours , et qu’ils les placèrent un peu arbitrairement. L a belle tour de St. -Pierre de Caen (1308) domine le portail méridional ; la tour de Notre-Dame du Kreisker, à St.-Pol-de-Léon, s’élève au centre de l’église; les tours de la cathédrale de Metz sont fort loin du portail occidental.
(1) Il est cependant possible que. dès la fin du XIIIe. siècle , quelques tours aient été munies de balustrades et percées à jour ; mais la plupart n’offraient pas ces caractères.
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TOLES DU XIVe. SIECLE.
TOUR DE NOTRE-DAME DU KREISKER , A SAINT-POL-DE-LÉON ( Finistère ),
La tour des Jacobins de Toulouse, une des plus hardies que je