SUR UN DES ANGLES. — PYRAMIDE EN PIERRE POSTÉRIEURE A LA TOUR
SPÉCIMENS DE TOURS ROMANES
TOUR DE LA CHARITÉ-SUR-LOIRE AVEC FENÊTRES GÉMINÉES , ARCATURES , FRISE ET ENTABLEMENTS SCULPTÉS.
tour octogone de bagé-le-chatel (Saône-et-Loire).
( Deux étages d’ouvertures , arcatures pilastrées du style germanique pyramide octogone en pierre, postérieure à la tour. }
18/l DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D’ARCHÉOLOGIE.
Certaines églises n'ont-elles pas plusieurs tours ?
Oui, au XIIe.. siècle, on multiplia les tours sans nécessité et uniquement pour le coup-d’œil : là où une seule tour eût suffi, on en éleva jusqu’à trois et même quelquefois cinq ; ce fut alors qu’on adopta , poulies grandes églises , l’usage , qui a subsisté depuis , de placer une tour de chaque côté du portail , à l’Ouest. La troisième s’élevait sur le transept.
TOUR CENTRALE, ABSIDE ET TRANSEPT DE l’ÉGLISE DE LA CHARITÉ-SUR-LOIRE.
Ordinairement moins haute que les deux autres, cette tour cen-
traie était quelquefois ornée* à l’intérieur, de manière à rester ouverte jusqu’au toit et à présenter un vide ou dôme sur l’intersection de la croix.
Dans les églises à deux absides de la région monumentale du Rhin on a quelquefois élevé six tours, une sur chaque transept, et quatre plus élevées et d’un moindre diamètre aux quatre angles du grand comble , près des absides ; telle était l’ordonnance de la cathédrale de Spire avant les réparations qu’elle a subies , et celle de la cathédrale de Worms.
La cathédrale de Bamberg a quatre belles tours : deux à l’Ouest et deux à l’Est ; mais les deux tours occidentales appartiennent au style ogival (Y. page 186 ).
La cathédrale de Tournai, si bien décrite par M. Lemaistre d’Anstaing , et qui offre plus d’un rapport avec les grandes églises rhénanes , avait une tour de chaque côté des transepts qui se terminent en demicercle. Elle aurait neuf tours si elle était entièrement romane et qu’on eut complété le système, savoir : deux tours à l’Ouest, deux tours à l’Est, une tour au centre et quatre tours aux deux extrémités des transepts ou de côté.
En France, beaucoup d’églises n’avaient qu’une tour centrale ou qu’une tour placée à l’Ouest.
Chaque grande région de la France a adopté un type particulier , et l’examen comparatif des tours romanes des diverses provinces a beaucoup d’intérêt.
En général, à mesure qu’on avance vers le Midi, les tours, sauf quelques exceptions, deviennent lourdes, trapues et moins élégantes ; on peut en juger par celles du département de la Gironde , figurées page 177.
On voit par la tour de Cruas ( vallée du Rhône ) , que je présente d’après des dessins de M. Victor Petit ( p. 176 et 187 ) , combien il y a de distance entre ce type méridional et ceux qui prédominent dans le Nord et le Centre.
Dans le Poitou , l’Angoumois et quelques autres parties de la France , les tours centrales, souvent octogones ou circulaires, sont couronnées d’une pyramide conique en pierres , ornée de saillies figurant des écailles ou des feuilles.
On y voit aussi des pyramides coniques sur des tours carrées.
Le fait se reproduit dans la tour de Déols ( Indre ) , où des clochetons à bases cylindriques occupent les angles résultant de l’application du toit conique sur le carré.
DE GAUMONT. ABECEDAIRE D ARCHEOLOGIE.