SIECLE
Je pourrais produire beaucoup d’autres types , s’il ne fallait terminer cet aperçu des tours romanes.
L’escalier par lequel on monte aux étages supérieurs forme souvent, à l’un des angles du carré de la tour, une saillie ou tourelle qui vient se terminer à la base du toit ( Voir la p. 180). On plaçait ainsi l’escalier en-dehors, pour ne pas interrompre les voûtes qui séparent ordinairement les tours en plusieurs étages.
Clochetons. — Les clochetons n’ont guère été employés durant le règne de l’architecture romane ; j’en connais à peine , dans le nord-ouest de la France, quelques exemples du XIe. siècle, et l’on peut affirmer qu’ils ont été fort rares dans ce pays, avant la deuxième moitié du XIIe. L’église Notre-Dame de Poitiers en a plusieurs d’une forme trèsélégante , et j’en ai vu de pareils sur d’autres églises regardées comme appartenant au XIIe. siècle.
Mais j’ai partout été frappé de leur petit nombre; on les voit le plus souvent aux angles des transepts et des façades , et l’on peut admettre que leur présence dans les monuments romans est encore une des innovations qui préparaient l’avènement de l’architecture à ogives.
A quelle époque remonte l’usage de placer des coqs , eu guise de girouettes sur les tours d’église ?
Cet usage est très-ancien , sans qu’on puisse absolument en indiquer l’origine.
Le poète Wolstan parle du coq qui surmontait la cathédrale de Winchester, dans sa vie de saint Ethelwold écrite à la fin du Xe. siècle.
Sur la tapisserie de Bayeux , nous voyons un coq fixé sur un des points saillants du toit de l’abbaye de Westminster ( p. 189 ).
Le Livre-Noir de l’évêché de Coutances parle du rétablissement du coq de la cathédrale, détruit par la foudre en 1091.
Le coq de Brescia , fabriqué au IXe. siècle, était de cuivre , et c’est le métal qui était usité alors.
D’après le témoignage de plusieurs écrivains ecclésiastiques et d’après des comptes d’église , il paraît qu’assez souvent on enrichissait les coqs de dorure. La description de Wolstan et le Livre-Noir nous apprennent que ceux de Winchester et de Coutances avaient été dorés. Eckard , auteur du Xe. siècle, dans son livre De casibus sancti galli , parle d’un coq que deux voleurs avaient voulu dérober, parce qu’ils s’étaient imaginés qu’il était d’or massif (1).
(1) L’abbé Barraud , Recherches sur les coqs des églises.
Ce genre d’anémoscope doit avoir été emprunté à la civilisation romaine.