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OU poinçons s'élevant verticalement des tirants jusqu'au sommet de la voûte.
Les planches qui couvrent les chevrons et forment le contour apparent de la voûte ont été quelquefois couvertes de peintures, et les lignes de jonction ont été dissimulées par des tringles sculptées. M. Bordeaux, qui a fait une collection des ornements peints sur les lambris de nos églises, a reconnu qu'ils ont été faits à l'aide d'un emport«-pièce. Voici
un exemple des dessins obtenus par ce procédé sur le merrain non peint des voûtes. La planche suivante montre une voûte en bois du XVI« siècle, avec le poinçon et le tirant d'une autre voûte.
STYLE DI-: LA IU':NAISSANCE
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TIRART,
DK r.Al'MONT. AnKCKnAirîK D ARCIIKOLOGir..
Dans plusieurs voûtes en bois, on a imité les pendentifs des voûtes en pierre. J'olTic un spécimen de cette ornementation, dont la voûte
SODK-FAITE DE l\ VOCTE E\ B;)IS 1* K L \ ^F.F DE l'iIOTELLERIE (CAI V \ l'Os).
SOCS-1 VITE Ut L\ VOCIE DU CUOEril.
en bois de l'église de L'Ilôielleric (Calvados), décrite dans ma Statistique motuvientale.
Dans quelques églises, les monlanis qui portent la charpente viennent
STYLt DE LA UENAISSANCE-
poser sur les chapiteaux des colonues entre les fenêlres ; et quund, dans la suite, on a fait des voûtes en pierre à la place des voûtes en bois, les chapilaux des colonnes sont souvent demeurés sans objet: ce qui embarrasse habituellement l'observateur qui n'a pas vu ce qui existait auparavant. La figure suivante, tirée d'une des églises d'Amsterdam,
montre les montants de la charpente ainsi posés sur les chapiteaux des colonnes.
Emaiîlement. — Les corniches se distinguent quelquefois par «des
modillons ou des moulures particulières. Les proportions antiques
DE CAUMONT. AllKCEDAIRF. D'ARCHliOLOGlE,
sont plus OU moins fidèlement observées dans l'entablement. On y dislingue Tarchivolte, la frise cl lu corniche.
Rampams. — Nous voyons, sur les rampants du loil d'une chapelle qui porte la dote de 1530, les crochets très-développés du XV* siècle transformés en animaux bizarres qui suivent, dans leurs altitudes , le mouvement des feuilles frisées de l'époque précédente.
Tours.
IL y a peu de tours en style pur de la Renaissance, et au XV1« siècle ou construisait le plus souvent des tours ogivales, la plupart ^^ carrées et terminées par un toit plus ou moins pyramidal. Les clochetons sont remplacés au XVI« siècle par des aiguilles rondes avec renflements (V. la fig., p. 7/i8), et par des espèces de piédestaux carrés ou octogones.
Vers la fin du XVI *^ siècle, on s'essaya déjà ù ériger des tours à toits hémisphériques ou dômes.
Dais. — Les dais appliqués sur la base des clochetons et sur les contreforts sont arrondis , terminés par une pyramide cylindrique ù renflements , comme le toit des clochetons que j'appelle cluclietonS'Candélabrcs (V, la fig-, p. IhS),
bTYUl DE l.A RLKAiSSAKCi:. 750
Cliang-enients opérés dans la statuaire.
UiNE révolution s'opéra, à l'époque de la Renaissance, dans la représenlalion de la nature humaine. Jusqu'au XV* siècle, la nudité n'était pas permise, je ne dirai pas seulement dans l'a rchi lecture religieuse, mais dans l'architecture civile. On dissimulait même à dessein les formes sous la draperie du vêtement, de peur d'éveiller les passions charnelles ; les sculpteurs de la Renaissance firent tout le contraire : ils prirent à tâche d'exécuter la nature et de donner à la gorge, aux épaules, au torse, une ampleur de formes que le moyen-âge avait dissimulée sous la draperie. Le retour des esprits vers les études classiques amena, par une même impulsion, les artistes à l'élude de l'anatomie du corps humain : ils devinrent païens, sans pourtant cesser d'êlre chrétiens, et se mirent à représenter, jusque dans les sanctuaires de nos églises, l'image nue de la femme, des Faunes, etc., dans les positions les plus lascives.
Les statues ont donc, indépendamment du costume de l'époque, des caractères tirés des formes anatomiques, et pour l'observateur elles constituent une classe très-distincte dans la longue série des figures appartenant aux différents siècles.
Un des sujets religieux les plus importants au XVI« siècle est l'ensevelissement de N.-S. J.-C. avec personnages de grandeur naturelle; on le trouve dans un grand nombre d'églises à la fin du XVP. Les artistes de la Renaissance reproduisirent cette scène touchaule d'après les types convenus, et partout on trouve les mêmes personnages dans les mêmes attitudes, avec les mêmes costumes.
Pour faire comprendre comment les peasonnages sont disposés, je reproduis, p. 760, l'Ensevelissement du Christ existant dans la chapelle de Sissy (Aisne), où M. Gomart, de l'Institut des provinces ^ l'a fait dessiner pour le Bulletin monumental.
La chapelle, éclairée mystérieusement , est occupée par onze personnages : sur le premier plan, trois soldats, plus petits que nature, sont endormis, au second plan, se passe la scène principale; on voit, élendu sur une grande dalle, le corps du Christ soutenu par Nicodême, tandis que Joseph d'Arimathie apporte le linceul. Les membres du Christ sont glacés et presque raides ; cependant on voit que ce n'est pas la mort; car, sous celte immobilité apparente, on croit trouver le sommeil du Fils de Dieu fait homme, qui ressuscitera dans
DF. CA[:M0NT. abécédaire n'ARCni'lOLOGIE.
STYLE DE LA RENAISSANCE. 761
trois jours. La tête est très-belle de douceur et d'expression ; les mains, heureusement placées, tombent naturellement contre le corps. Au fond sont debout, dans diverses positions : sainte Véronique, saint Jean, Marie, sœur de Marthe, la Vierge et sainte Madelaine.
Je disais que l'ensevelissement du Christ a été sculpté avec plus ou moins de grandeur et de développement, dans beaucoup d'églises. St- Quenlin possédait deux Ensevelissements : l'un, dans la collégiale ; l'autre, dans l'église St-André. Oo rencontre encore intacts, dans quelques églises, ces pieux témoignages de la foi de nos pères, échappés aux dévastations de 1793. Les églises de Monldidier et de Doulens (Somme) out leurs chapelles du Sépulcre, dans Tinléiieur desquelles un enfoncement, ménagé dans la muraille et élevé de trois marches, présente un groupe de sept personnages entourant le Christ qu'on ensevelit. On voit un autre sépulcre très-remarquable à Pontoise.
L'église de Chaumont (Haute-Marne) possède intacte sa chapelle du Sépulcre avec son Ensevelissement. On descend dans ce lieu retiré, situé à l'entrée de Téglise, sous le portail, et l'on trouve, au milieu de dix personnages à genoux, le Christ déjà placé dans le tombeau ; la dalle, avec ses anneaux de for, est disposée pour recouvrir le cercueil.
Le sépulcre de St-Mihiel, qui offre une représentation semblable, a été décrit bien des fois ; il est regardé comme un chef-d'œuvre. La scène de l'ensevelissement se voit aussi à Solesme, à Amboise, ù Neufchàtelen-Bray, à Bourges. Près d'Alby, le sépulcre de la chapelle de Moneslier, visitée par la Société française d'archéologie, est uu des plus intéressants pour l'expression des figures ; on eu a fait une réduction et des moulages qui doivent être mis en vente. Si je cite en passant quelques-unes de ces œurrcs, c'est parce qu'elles out fixé déjà l'atlenliou des sculpteurs et des antiquaires ; je ne doute pas qu'on ne puisse encore en trouver eu France une centaine de bien conservées, et qu'on ne soit à même de constater la destruction d'un nombre bien plus considérable de sépulcres semblables.
Distribution géograpliique.
J'alhais encore, et ceci ne serait pas la partie la moins curieuse du tableau que je viens de présenter, à examiner comment le styie de la Renaissance s'iutroduisit et vint se substituer à l'ancien style dans
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les différentes régions de la France ; à faire connaître dans quelle contrée Vinnovation fut accueillie avec le plus d'empressement. Mais celte introduction , plus ou moins rapide suivant les lieux , dut tenir ù une mullitude de circonstances que je n'ai point eu le loisir de rechercher , et qu'il me serait impossible d'indiquer autrement que pour certains pays. On sait que des artistes italiens, attirés en France par Louis XII et par François I" ; artistes parmi lesquels on cite Léonard de Vincy , Joconde , Primatice , André dd Sarlc, Pierre Ponce, y apportèrent le goût du style italien. Philibert de LoTm^y Pierre Lcscot , Bullont, et plusieurs autres architectes les suivirent dans la voie. Le goût du monarque devint contagieux , les seigneurs et les hauts dignitaires de l'État s'empressèrent de l'imiter en faisant reconstruire leurs châteaux et leurs maisons de ville. Les bords de la Loire nous offrent une zone très-riche de monuments de cette espèce.
S'il m'est difficile d'indiquer la géographie des monuments de la Renaissance, au moins puis-je affirmer, dès ce moment, que ce style n'a pas partout présenté les mêmes caractères.
Je crois pouvoir dire aussi que la Belgique, l'Alsace et la Lorraine, ont mis peu d'empressement à l'adopter pour leurs constructions. Autant que j'ai pu le remarquer, durant mes courtes excursions dans ces pays, les exemples du style de la Renaissance y sont rares encore au XVP siècle : on y est resté fidèle à Tarchilecture ogivale qui avait acquis, au XV"^ siècle, un si haut degré de perfection dans ces régions septentrionales, pendant que chez nous on revenait au classique, par l'intermédiaire de ce style mixte dont le palais de Georges d'Amboise, ù Gaillon, et quelques autres monuments fournissent de beaux types.
L'Angleterre n'a guère adopté le style de la Renaissance qu'au commencement du XVII*^ siècle.
Parmi les églises de la Renaissance on peut citer, en France, la façade occidenlale de Villcneuve-le-Roi, l'église de Gisors, le portail de S"'-ClotiIde , aux Andelys, les absides de St-Pierre et de St- Sauvcur de Cuen, l'église d'Argentan, le portail latéral de l'cglisc de la Trinité de Falaise, diverses parties de la nef de la cathédrale de Limoges, la façade de l'église St-Mithcl do Dijon, etc., etc.
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