ÈRE ROMANE SECONDAIRE (OBJKTS DESTINÉS AU CULTE
tA viFRGE >oiRE BE DUOS (Vue de face).
DE CAUMONT. ABÊC^;DAIRR d'aRCHÉOLOGIE.
toutes sont affublées de tissus, de robes et de dentelles qui ne permettent pas de les voir; pour les dessiner, il faut les dépouiller de tous ces accessoires, chose très-difficile sans la permission de l'autorité ecclésiastique supérieure.
Crosses. — Les crosses en ivoire et en cuivre émaillé du XI* siècle et du XI I"^ sont encore en assez grand nombre dans les collections. Dans la crosse de Robert d'Arbrissel, abbé de Fonlevrault, déposée au musée d'Angers, et une autre qui existe au musée d'Amiens, la partie recourbée, formant la crosse proprement dite, imite le corps d'un serpent : les espèces d'écaillés qui la recouvrent sont en émail bleu, entourées d'un bord doré. Saint Michel cl le dragon, en forme de salamandre, qu'il perce de sa lance, sont dorés; les yeux sont en émail ; sur le dos du dragon sont incrustées des turquoises.
Dans plusieurs autres crosses du XII' siècle, j'ai trouvé celte représentation de
l'Archange frappant le dragon, et vraisemblablement l'aduption de ce sujet était emblématique dos combats que livraient au malin cspril les chefs do la milice chrétienne (évéqucs, abbés\ auxquels ces crosses étaient destinée^. D'autres crosses ressemblent à un serpent formant plusieurs tours de spire et n'offrent pas de ix?rsonnagc ou cenlre.
Nous présentons l'esquisse d'une autre crosse dont la volute est décorée de feuillages qui paraissent se rapporter à In On du XIT siècle, et qui a été trouvée dans les fouilles faites il j a |>eu de temps sous le chœur do la cathédrale de I.isictix. M. Pannier nous a procuré ce dossiii, qui offre un modelé souvent reproduit a\cc quelques
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variantes soil en bronze, soit en ivoire.
Une autre crosse avec volute en ivoire, que l'on conserve à Saint-Lizier (Arriége) a été décrite et figurée par M. l'abbé Siadoux dans le tome XXXI du Bulletin momimcnlal ( p. 86-87 ). La volute se termine par une tète d'animal.
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Fers a pains d'autel. — Les fers à pains d'autel sont très-rares ; on en connaît pourtant quelques-uns du XII* siècle : ce sont deux pièces en métal gravées en creux qui, en se rapprochant, imprimaient sur les deux côtés de l'iioslie des figures religieuses, telles que la croix, la représentation du Christ, etc., etc.
Ciboires. — Les ciboires en cuivre doré éniaiilé étaient fort en usage aux XI"= et XII« siècles. Voici la forme que j'ai trouvée le plus habituellement dans les collections. Elle a persisté dans les siècles suivants jusqu'au XV*.
M. l'abbé Barraud, dans un intéressant mémoire sur les ciboires, qu'on lira avec beaucoup de fruit et qui fait partie du volume XXIV* du Bulletin monumentalj décrit ainsi qu'il suit un ciboire, en forme de calice turriculé (V. p. 3A2), qui avait élé précédemment publié dans les Annales archéologiques de M. Didron :
0 Ce ciboire est, dit-il, formé de deux cônes réunis dans un nœud par leurs sommets ; le pied a, pour tout ornement, des feuilles ou de rinceaux gravés en creux. La coupe se compose de deux étages d'arcades à jour séparés par un anneau circulaire plein, où brillent enchi^ssés des cabochons qu'entourent des filigranes. Ces arcades sont semi-circulaires ; des colonnes granuleuses les supportent. Le couvercle ,
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A THIOUET rH.DlËTRICÏÏTscljLF"
CIBOIRE EJl CCITBE ÉM4ILLÉ.
(Dans la collection du Louvre.)
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mobile autour d'une charnière, suit d*abord une direction inclinée ; il s'élève ensuite en c}lindre ei se termine en côue. La partie cvlindrique est encore décorée d'arcades à plein-cinlrc ; des cabochons, environnés de filigranes, enrichissent le toit et le premier amortissement.
« Le vase est en cuivre doré. Il est facile d'en fixer la date. La forme des arcades, la disposition des filigranes, la manière dont les cabochons sont enchûssés, tout indique la fin du XII' siècle. »
M. l'abbé Barraud a également décrit et figuré, dans le Bulletin monumental, le magnifique ciboire d'AIpais (V. p. Z!i3\ ainsi appelé parce qu'il a été fait par un artiste de ce nom, et qu'on voit dans la collection du Louvre. On le croit de la fin du XII* siècle.
n Deux calottes identiques superposées le composent, dit M. Barraud ; l'une est la coupe et l'autre le couvercle. Chacune d'elles, renflée vers le milieu de sa hauteur, se termine, près de l'ouverture, ou de la base, par une bande circulaire qui semble la resserrer. Le pied qui supporte la coupe n'est qu'un cône tronqué, de 55 millimètres de hauteur, juste suffisant pour la maintenir en équilibre et permettre de la prendre. L'n élégant bouton surmonte le couvercle ; 5 sa partie supérieure se dessinent quatre arcades romanes, sous lesquelles on voit des anges nimbés portant chacun une hostie timbrée d'uue croix. Au fond de la coupe, dans le cercle qui circonscrit un ange tenant un livre et faisant de la droite le signe de la parole, ou de la bénédiction, on peut lire celte précieuse inscription : MAC.ISTKR : G : ALPAIS : ME : FECIT : LEMOVICARVM. Ce ciboire a donc été fait à Limoges par un émailleur, du nom d'AIpais. Il est en cuivre émaillé. •
Calices. — Certains calices ont été, aax XI* et XII* siècles comme auparavant, des œuvres remarquables d'orfèvrerie : nous citerons pour exemple celui que l'on conserve dans le trésor de la cathédrale de Ri-ims, sous la dénominaliuti de calice de saint Hémy,
Ce calice est en or, relevé d'émaux cloisonnés, de filigranes et de pierres précieuses ; par sa forme courte et large il resaeable au calice de saint Cozlin, figuré page 418. Des émaux transparents d'une grande finesse, des bandes de filigranes enrichies de perles bordent la coupe cl le pied du calice. Le nœud qui unit la coupe au pied est rond, couvert de filigranes, de glands en or et d'émaux. Mais celle dénomination de calice de saint Rcmy ne doit pas indiquer l'origne de l'objet. M. l'abbé Cerf croit, avec ceux qui l'ont examiné attenti-
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yement, qu'il a élé exécuté au XII' siècle pour remplacer un vase légué par sainl Rémy à son église de Reims.
CALICE DE gilM nÉMT, A REIMS.
Croix émaillées. — Les croix émaillées sont encore assez nombreuses. Le Christ est toujours vêtu d'une espèce de tunique ou de jupon (V. la figure, p. 335) ; sa tôle porte un nimbe ou couronne ; les pieds sont toujours cloués séparément; ces caractères se rencontrent aussi au Xlir siècle, mais le style de la statuette et les ornements de la croix indiquent suffisamment Tépoque et rendent la distinction possible entre le XII* siècle et le XIII*.
Encensoirs. — Les encensoirs, beaucoup moins allongés que les nôtres, s'écartent moins de la forme orhiculaire ; ils étaient attachés à des chaînes, comme à présent ; le couvercle surtout était orné de ciselures et d'enlacements à jour.
Deux encensoirs du XII* siècle existent dans le trésor de la ca-
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Ihédrale de Trêves ; ils figurent une église en forme de croix grecque, dont chaque bras se termine par une abside. Entre les bras de la croix s'élèvent des tourelles. Voici le plus simple de ces deux encensoirs : il est en argent ; l'autre, en bronze doré et beaucoup plus compliqué, a
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FNCEHSrifR E«l Ar.C.tM Ht \ll^ Mil', » inivis.
été décrit et ligure dans le liuUrtiu monumcniat (<) par le saviinl Mu' Millier, évCque de Mim-ilor. Il est couvert d'inscriptions cl décoré de personii;i|;os bibliques.
iXous figurons aussi nn encensoir du nu'mc si) le conserré dans une église du Tarn : on y disiingiie, sur chacune des quatre saillies priiicipulos du pourtour, un des symboles des quatre l'^angélisles.
La plupait dos anciens encensoirs sont en bronze.
Lampks et Flambeaix. — Les Invipa et les ffumheaux étaient décorés de moulures et d'entrelacs, dans le même goftl que K*s encensoirs, et souvent ornés d'émaux. Le chandelier le plus rcmaïquablo
(I) T. Xltî, p. 19G.