ÈRE ROMANE SECONDAIRE (OBJETS DESTINÉS AU CDLTR
que j'aie vu est celui qui apparteuait à M. d'Espuulart, du Mans, et qui a fait ensuite partie de la collection de M. le prince de SollikofT, à Paris ; c'est un véritable chef-d'œuvre. Voici un chandelier beaucoup
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plus simple, en bronze émaillé, appartenant à M. le marquis de Turgot, sénateur, chez lequel il ;i été dessiné par M. Boucf.
Couronnes de li mièrr. — Aux W et XII*" siècles, on suspendait aux voûtes des églises des espèces de lustres en usage lojjglemps auparavant, et dont j'ai déjà parlé (page 42).
348 DE CADMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
Ces couronnes se composaient de cercles plus ou moins considérables dont le pourtour était chargé de cierges, de lanternes, de statuettes, elc, etc., et qui étaient suspendus au moyen de chaînes ou de cordons fixés à la voûte.
Odon, frère utérin de Guillaume-le-Conqiiérant, avait donné à l'église cathédrale de Bayeux une grande couronne en cuivre doré et émaillé, ornée d'un grand nombre de lames d'argent et suspendue à la ToQte au moyen d'une chaîne en fer : cette couronne, garnie de niches en forme (le tours, était d'une largeur considérable ; elle servait, dit Béziers, à porter quantité de cierges qu'on allumait dans les grandes fêles. Il y avait h5 vers latins gravés tout autour. Ce lustre qui, peut-être, au temps d'Odon, était placé devant le maître-autel, se trouvait, en 456?, devant le erucifix près de l'entrée du chœur ; il fut brisé par les Protestants, qui en cmporlèrenl les morceaux.
Il y avait des couronnes semblables dans plusieurs cathédrales, notamment dans celle de Reims. La couronne que Ton voit au milieu de l'église circulaire d'Aix-la-Chapelle et qui a été donnée à cette église, dans la seconde moitié du XII* siècle, par l'empereur Frédéric I*% présente un gr.ind cercle de bronze doré et émaillé dont le pourtour, sur lequel est une inscription, se di\isc en huit lobes. Dans la partie rentrante de ces segments de cercle se trouvent des lanternes en fonne de tours rondes ; des tours carrées plus grandes sont placées au centre de la courbure des arcs du cercle : elles contenaient des statuettes. Entre chacune de ces lanternes on peut placer trois cierges de sorte qu'il y en a quarante-huit dans le pourtour de ce beau candélabre. Les lanternes sont au nombre de seize, huit carrées et huit rondes.
Depuis que j'ai décrit le grand phare d'Aix-la-Chapelle dans mon Cours et dans le Bulletin monumental, M. l'.ibbé Martin lui a consacré un savant article dans ses Mélanges A' archéologie , et il s'est étendu longuement, dans celte dissertation, sur tout ce qui touche à l'éclairage eu à l'illumination ancienne des églises. Il a démontré, par la citation d'un grand nombre de textes et par l'i-xamen des vignettes des manuscrits, des vitraux, cIc, que le moycn-tige a souvent associo les lampes et les couronnes, et que celte couronne de lumière devint plus tard, pour l'artiste et pour les fidèles, une figure de la Jérysalem céleste, qui couronne pour l'élernilé les œuvres accomplies par Dieu en faveur de ses élus.
L'inscription de la couronne donnée à l'i-glisc d'Aix-la-Cbapelle par rcnipcreur Frédéric BarbcrousM: prouve, inconlestablciucDtj que celle