ÈRE ROMANK SECONDAIRE (BATTANTS DE PORTES
360 DE CAL'MONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCUÉOF.OGIE.
Au conlraire, il nous reste un ceilain nombre de portes en bronze fondues au XI"^ et au XI 1*^ siècle; elles portent presque toutes leur date et montrent comment les bas-reliefs étaient disposés sur les battants des portes sculptées. Les deux ballants de la grande porte de la calhédrale de Hildesheim, que j'ai examinés, remonlenl au XI* siècle, ainsi que le prouve rinscriplion suivante :
A.NNO DOMIMCE INCABKATIOMS MXV
BEBNWAUDL'S EPISCOPUS DIVE UEMOBIE HAS
VALVAS FL'SILES
IM FACIEU ANCELICI TEMPLI OB MOMMENTLII
SUI FECIT StSPENDI.
Chacun de ces ballants de bronze est divisé en huit cadres, ranfermanl aulanl de ballants en bas-relief.
Sur le ballant droit, ces tableaux présentent la création de Phomme, sa chute, son expulsion du Paradis terrestre et plusieurs autres scènes de rAucicn-Tcstament.
Sur le ballant gauche, les huit tableaux se rapportent à l'histoire de J.-C, depuis rAuMoncialion jusqu'à la Passion et à la Résurrection.
Les portes de bronze de la cathédrale d'Augsbourg ne sont pas moins curieuses que les précédentes : on y voit trente-cinq compartiments renfermant Irenle-lrois bas-reliefs, et les anneaux de chacun des ballants. Celle porte a élé décrite par M. le docteur Franz Joseph Allioli.
Il y a des portes de bronze à Aix-la-Chapelle et dans plusieurs grandes églises d'Italie : une monographie comparative de tous ces monuments en métal serait très-intéressante.
Parmi les portes garnies de leurs ferrures et paraissant se rapporter à la période romane secondaire on peut citer la porte de Palatda, pri-s d'Amélie-Ies-Bains (Pyrénées-Orientales), dont nous présentons un des batlanis d'après le dessin du savant naturaliste Quo), correspondant de l'Institut. Les ferrures qui la recouvrent montrent dos enroulements (|iii se détachent des bandes horizontales destinées à consolider les pièces de bois qui forment le battant. L'anneau et la plaque qui le porte sont conserves.
Des ft'rs-i'i-dicxal ont élé cloués après coup sur celte porte; le» églises dédiées à saint Marliu offrent quelquefois des es-90to tem-
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CK DES BUTAWTS PB LA PORTE DE L'ÉeiISC UK PALALDA ( rYGÉRÉES-OBIEMAlEg).
3G2 DK CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D' ARCHÉOLOGIE
blaHes. C'était un hommage rendu, dans quelques contrées, par les maréchaux à saint Martin , toujours représenté à cheTal , surtout lorsqu'ils commençaient à exercer leur profession.
Tissus.
ON sait que la fondation des tissus de soie fut concentrée dans rOrient et le Levant, durant plusieurs siècles du moyen-âge, et que ces contrées fournissaient les riches étoffes dont se paraient les princes la haute noblesse et le clergé. Il n'est pas facile de connaître la date précise de ces tissus. Les recherches de M. de Linjs indiqueront bientôt comment on peut les classer chronologiquement.
Parmi les quelques chasubles que l'on fait remonter à l'ère romane secondaire, on peut citer celle de St-Rambert-sur-Loire, décrite par M. l'abbé Bouet.
Celte chasuble, fermée de toutes parts, n'a qu'une ouverture dans la partie supérieure, à peine suffisante pour laisser passer la têie du prêtre. Elle n'est pas échancrée comme les chasubles actuelles ; les côtés cependant sont un peu arrondis et ont environ h centimètres de moins que la bande centrale. Elle ta en s'élargissant jusqu'aux extrémités inférieures, qui ont asstv d'ampleur pour que le prêtre puisse, au moment de la célébration des saints mystères, la relever sur les bras, et que cependant le devant et le derrière continuent de retomber presque jusqu'à ses pieds. Elle n'a pas non plus la raideur de nos chasubles modernes; mais, comme un manteau léger et soyeux, elle retombe autour du corps en plis larges et ondoyants. Son ornementation est riche, simple et gracieuse : sur un fond de soie , des fdigranes d'or dessinent de gracieux compartiments , dans lesquels sont; relevés, en or, uliemativiment deux colombes et deux lions affrontés, aux formes pures et bien arréléts. Les compartiments sont interrompus par une binde, d'environ 10 centimètres de largeur, qui descend des deux côtés de l'ouverture jusqu'au bas de la chasuble. Cet ornement sacerdotal n'a que 1 mètre 5 centimètres de luuteur.
Les tissus les plus précieux, l'or, les pierreries, \ct broderies I« plus*exquises les peintures les plus délicates furent prodigués dans rornenienlation i\cs rhasnbles. Des débris des anciennes mosaïques ,
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les miniatures des plus anciens manuscrits et le récit des écrivains
qui les ont décrites, les représentent ainsi dès les premiers siècles de l'Église.
DE CADMOXT. ABÉCÉUAIRE D* ARCHÉOLOGIE.
L'ornement le plus saillant et le plus ordinaire de la chasuble antique était une bande partant de rexlrémité inférieure jusqu'à l'ouverture supérieure ; là elle se divisait pour contourner celle-ci, se réunissait de nouveau et descendait jusqu'à la partie inférieure dorsale, ressemblant parfaitement au pallium archiépiscopal. Oom De Vert prétend même que c'était le véritable pallium ancien, qui, plus lard, fut réduit aux simples bandelettes. Dans les anciennes chasubles, c'est pour l'ordinaire surcesbandesqu'étaient prodigués les plus précieux ornements.
TibSC TROC>É DA"»* r^ TOMiElC.
Le tissu que voici a été trouvé dans un tombeau présumé du XII' siècle.
Il existe à Troyes un manuscrit recouvert d'un tissu très-ancien qui, malgré son état avancé d'usure, a pu être dessiné et publié dans le Bulletin monumental.
Ce tissu porte des oiseaux affrontés et ressemble à d'autres déjà cités dans le même recueil. '
Il doit avoir été confectionné en Orient, mais il est bien loin d'être comparable, pour l'élégance du dessin et la beauté du style, à ce magnifique tissu que nous trouvions, il y a quelques années à Toulouse^ M. Des \foulins, M. V. Petit, M. Drouyn, M. Lacune et moi : celui-là est bien oriental, et je ne connais rien de plus gracieux que ces grands oiseaux affrontés qui en forment la décoration principale (V. la page suivante).
Le savant conservateur du musée du Louvre, M. A. de Loofpérier auquel j'ai montré mon dessin, pense que cette belle ètofle peut remonter au premier quart du XII* siècle : il a lu, sans hésitation aucune, de la manii^-rc suivante l'inscription arabe pui remplit la bordure ou soubasscnu'ul sur loqurl rrpostMit les paons cl los autres animaux :
EL BAIAKA-T-BL-KAMILAH
ÈRE ROMANE SECONDAIRE (tISSUs).