‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 48 sur 113 · BÉNÉDICTION PARFAITE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION PARFAITE

(sous-entendu au propriétaire)

La chasuble de saint Thomas de Cantorbéry, à Sens, est en soie violette, brodée près du collet et bordée de galons qui forment p;ir-

dcfant un dessin symétrique. Les beaux enroulemcnl* suivants (p. 367) décorent aussi une des chasubles de Thomas DerqueU

Je donne (p. 368 une autre chasuble de saint Thomas de Cantorbéry, ronsKTvée à Tournoy.

F.nK IIOMANK SKCDNDAIUK (tI.SSITs).

368 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D ARCHÉOLOGIK

eitirUI 01 «tlKT TMOHkS Dt Ck^IOtaéUT. i TOrMtT, CT otTàll PC* vtlO^f.

ÈRE ROMANE SHCONDAlRR (tISSUS ). 360

On conserTe à l'Hôtel-Dieu de Lisieux d'autres ornements ayant, selon la tradition, appartenu à saint Thomas de Canlorbéry ; ils ont été examinés par la Société française d'archéologie et figurés dans le t. XV du Bulletin monume7ital.

Ce sont : 1° une aube tissue de lin fin et d'une très-grande dimension ;

2" Une chasuble d'un tissu de soie ouvré représentant de petits losanges avec un œil au milieu , comme nos tissus de fil désignés sous la dénomination d'œi7 de perdrix. Sa couleur, aujourd'hui bien ternie, était primitivement rouge : un simple galon, dont on ne distingue plus que la place, décorait la partie centrale de chaque face, se bifurquant de manière à former la lettre V en s'approchant de l'ouverture supérieure ;

3° Trois dalmatiques. Le tissu de deux de ces dalmatiques est identique à celui de la chasuble; elles ont toutes trois à peu près la même forme. Toutes avaient des manches, elles étaient doublées d'une toile assez flne sur laquelle la soie avait été collée ; elles sont encore garnies de galons, tissés d'or, d'argent et de soie, qui descendent perpendiculairement sur chaque face, à quelques centimètres du bord extérieur, et contournent l'ouverture ménagée pour la tête ( V. la figure publiée dans le Bulletin monumental. Elles ont 1 mètre 30 de hauteur sur les deux faces et diffèrent légèrement dans leur forme,

La troisième dalmalique est de soie rouge unie, sans autre ornement que des galons qui, après avoir garni le collet, descendaient latéralement sur chaque face.

Anciennes mitrbs. — Les anciennes mitres étaient faites avec de riches tissus, beaucoup de savants ne font pas remonter l'usage de la mitre épiscopale au-delà du X* siècle ou du commencement du XI* ; d'autres regardent les mitres comme beaucoup plus anciennes. M. l'abbé Barraud, dans un savant ouvrage sur ce sujet, qui a été publié dans le XXXll*^ volume du Bulletin monumental, discute les deux opinions avec la sagacité dont il a donné déjà tant de preuves. Nous ne pouvons que renvoyer aux savantes recherches de M. Barraud.

Je présente le dessin d'une mitre du XII* siècle, celle de saint Thomas de Cantorbéry, conservée dans le Trésor de la cathédrale de Sens; elle montre un tissu rehaussé par des galons dessinant des rinceaux dans le goût byzantin.

DE CACiîONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.

Boaet dei.

MITtK l>K tilirr TUOMU PI r.i^TABRfaT, 4 MM.

TAPissrRiR«. — I.os lnpissi*rics fuisaicnl encore (Ktiiic du mobilier des

ÈRE ROMANE SECONDAIRE ( TISSUS )

églises ; elles étaient brodées en laine sur un fond en toile ; il en reste fort peu de l'époque romane. Le monument le plus remarquable, sans contredit, qui existe de ce temps, est la Tapisserie de Baj eux qui représente l'histoire de la conquête de l'Angleterre , et qui se développe sur une longueur de 200 pieds. Autrefois conservé dane la cathédrale de Baveux, ce monument.uniqueen son genre, est exposé depuis quelques années dans une salle spéciale, annexée à la Bibliothèque publique de celte ville, où l'on peut l'étudier à loisir, aidé des savan- j les observations de M. Lambert.

Cette ancienne tapisserie est d'ailleurs parfaitement connue par le fac-similé publié en Angleterre, par ce qu'en a dit M. Jubinal dans son

ouvrage sur les tapisseries, et par les nombreuses dissertations auxquelles elle a donné lieu depuis un siècle.

An XI* siècle (1025\ il y avait fi Poitiers une fabrique de tapisseries qui étaient alors renommées, et, dès le X*, il en existait une autre

372 DE CADMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCBÉOLOGIE.

à l'abbaye de St-Floreni de Saumur. Les tapisseries de celte fabrique étaient ornées de fleurs et de figures d'animaux (1).

Paléograpîiie rtiurale.

COMME les capitales changent peu de forme avant le^XIII* siècle (2), il n'est pas toujours facile de fixer l'âge d'une inscription murale de la période romane secondaire, et de déterminer si elle est du X', du XI' ou du Xll« siècle.

Beaucoup d'inscriptions murales du XI« et du XII' siècle n'oflfrent rien qui les distingue de celles d'une époque plus ancienne : elles sont toujours faciles à lire, malgré les abréviations et les lettres liées.

Voici la forme des lettres employées le plus généralement au XI' siècle.

ABC^EÇEHIKLM

Au XII» siècle, surtout dans la seconde moitié, ù mesure que l'on approche du XIII', quelques lettres se modifient; la forme générale des capitales éprouve des changements : elle se resserrent, s'allongent de bas en haut ; on dislingue le travail de transformation qui s'opère dans l'écriture murale comme dans rarchitcclure elle-même Ainsi, dans l'H et l'N, le second jambage descend au dessous de la ligne et se termine par un crochet ; l'U semble formé d'un I el d'un S ; le T prend la forme d'un C surmonté d'une barre honionlale.

Je présente quelques exemples qui rendront sensible* les faiU généraux : il n'entre pas dans mon plan de donner de plus longs détails sur la paléojïropliie, qui c>t une science assez compliquée.

Le premier spécimen est une instriplion gravée sur la porte de l'église abbatiale de St-Genys-de-l'onlaine (Pyrénées-Orient.) (V. la page suiv.). Le second si>écimen est le plus ancien, il est tiré de Sl-H>laire de Poitiers ( V. la page 'Ma ).

Les autres exemples, njoins anciens monlrcnl l^^ ir;in»fiK«tlloo»

(1) lierlurrhfi sur l.'s ttolJrs tr^r et darjent et autrfs i.5..iij yrédtux. r«r M. KrancJs'iur Ml.hel. !•' vnlutr.e.

(2) J«i «l.t ,.ii'c<*deinmcnt que IfS r^Kll•• propret à iVcrllure d«>« m»nu»<-nt» ne .ont pu» complbtemeiit »n.Ucal>U« à ctlln de ln.cr»ptJon« innralrs r»rce qu'on «f.t pn tque co-M»mme..t ncrrl de c.plulet pour ctWt-Xk «oui blM qnt pour Ict •c«.»ux oppemhii uu charic».

ÈRE ROMANE SECONDAIRE ( PAlioGRArniE Mm ALE). 373

as

ta

is

ca

SS

H El]

Cd

UJ

ce o

qui s'opèrent dans la forme des leltrcs pendant la 2' moilié du XII" siècle.

DE CAUMONT. AUtCEDAIRK D ARCDEOLOGIE.

-h I NOM INE Dû

MINI+MOLESVBKAC

L APIDESTVNVlA-F/R

MIL^ RECLVSV^.QVILE

GI5H VJN CTITVLVM DiC

REQVtES CATAME.N

f IN HOMINE DOMIJJr f MOLR SUB HAC LAPIDIS TOMCLATIR MILO BECLOSUS. OU LEGIS Bl .NC TITCLIM DIC BEQllESCAT AÎIE5,

tl^^HNOiRBilNC,^'

NATIQl)gPÏ)i;M;CLXX

CLESI/lTVHK&N/ill

ll^ibQNOREif-

• ANNO * AB '• IXCARNATIONB '■ DOMIM \ MILI.CSIVO \ CCKTISIVO •

SEPTIACBSIMO • (1170) DBDICATA '■ FI IT ^ HBC • ECCLBSIA - SBPTIKO

KALF.NDAS • MAII •' IN : BONOBR.

Le nom du saint n'a pas été gravé cl l'in^rriplion est inachevée» comme le prouve l'espace réservé sur la pierre pour deux autres lignes.

ÈRE ROMANE SECONDAIRE (PALÉOGRAPHIE MURALfî). 375

Bouat del.

l>bCBlPTION DE LA SECONDE MOITIÉ DO XII» SIECLE,

Dans l'église St-Etienne de Périgucux.

376 DE CAUMONT. ABKctDàlHE lJ*Anr:BtOLOGlE.

ISl GlT;i;NOlJlES;SEPÇêlD:MlLLE ; RE s LJlPS!S:RNO;P0SCRGHÔ:H0BIS;Pil ^ f 5EÏ5;OSPICfliXPi;0]ILLE;DUEECIS ^l

msmsMms-.mmmsm I i

NlS;iMBERIil5S:PRES13L:ROSCil6 =1 H0;PRES15LE:SECliM;lNPRlWJ1 li liïNll;COHSEC(lflCiECCLESIflM M

VIGINTl • NOVIES \ SEPTEM ; CtM ; MILL | RE

LAPSIS • ANNO • POSTREMO • N0BI5 | PA

TET ] OSPITA : CHRISTI J MILLE • ULCENTIS •

TRAXSACTIS • MINUS J ET ; TRIBCS • Aîl

MS I IMBERTLS • PRESUL | ROSTAO

NO ) PRESl'LE j SECCM ; I> ; PRIMA \

JUNII \ CONSECRAT ; ECCLESIAM

VlIlKUlflRilARl i

AiO:-oiïiiiîi":C:D(xxiii;o i

BlICiPORClVS-REBOLUiSA U CERDOSiETiCMOIlICVS; ^i ReeULARlSiET-OPeRARf U

EŒLGSIEiSARCCliïHOP i'

pi;oRAce:PRo;eo: j

SKPTIMO • CALENDAS • JANUARII | ANIfO ] DOMINI | M • C • LXXXIIt (1183) I OBIIT ; PONCIUS • HCBOLLI • SACBR0O9 • IT j CAN0NICD5 HEGILARIS I ET | OPERARIUS • ECCLESIE • SANCTI ; laOPBIMI ; ORATE • PRO • EO *

Page 1