‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 65 sur 113 · STYLE OGIVAL PRIMITIF ( ICONOGRAIMIIK · texte numérisé non relu

STYLE OGIVAL PRIMITIF ( ICONOGRAIMIIK

servant du monture à la courtisane, qui lui a mis une aelie et une bride.

. Le sens moral est bien facile à découvrir. Le sculpteur a voulu démontrer que Cimpureté vabaisse Chomme jusqu'à la brute, et que les hommes les plus sages et les plus vcrlueu:i doivent être en garde contre leurs passions.

On trouve aussi au XIII* siècle, comme au XII*, des représenlalionsd'animaux symboliques.

Ainsi, à Sens, on voit dans le soubassement du grand portail, l'éléphant portant une tour, emblème delà forceetdela patience; le coq, emblème de la vigilance, etd'autresanimaui dont on trouverait facilement le sens mystique en se reportant aux Bestiaires publiés et commentés par M-Vf. Martin, Cahier, Hippeau, etc., etc.

On voit qu'il faut une étude attentive des sujets pour reconnaître leurs attributs ; mais il devient facile de les interpréter, quand on a étudié un certain nombre de grandes façades historiées d'églises.

E. Sagot del.

500 DE CACMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.

Je m'arrête : il me suffit d'avoir indiqué la marche et cité les ouTrages où l'on pourra puiser des connaissances iconographiques plus étendues.

Pavag-e des ég-lises.

/"^i les pavés étaient quelquefois simples au Xllh siècle, souvent IQ aussi ils étaient riches et variés ; il en reste assez de beaux débris pour que nous puissions rétablir, par la pensée, dans leur entier ces parquets de nos grandes églises.

La mosaïque, employée souvent au pavage des églises mérovingiennes et carlovingienncs, ne devait pas persister au-delà du règne de l'architecture romane : on en avait fait usage encore au XI* et au XII* siècle. Nous avons à Cruas, dans le sanctuaire de l'église, un bel exemple de l'emploi de la mosaïque au XI* siècle. On a retrouvé, dans beaucoup d'églises des XI' et XII* siècles, des débris qui attestent qu'elles ont eu des pavés semblables dans l'origine.

Mais à partir du XIII* siècle, on y renonça à peu près généralement eu France. Alors on employa partout les dalles de pierre et les carreaux de terre cuite.

Ce fut aussi à cette époque que les pierres tombales 5e multiplièrent et qu'elles étalèrent leurs dessins plus ou moins compliqués, encadrant la figure du défunt gravée au trait.

Mais nous nous occuperons de ces dalles en pariant des tombeaux. Pour nous borner aux types les plus habituels des pavés proprement dits, je vais présenter quelques carreaux de terre cuite èmaillée. Les Ggurcs dont ils sont ornés se trouvent sur un grand nombre de carreaux de mi^me esi>èco, tirés de localités diverses. Les châteaux armoriés de Casliilc, par exemple, qu'on dislingue sur le premier et le deuxième des carreaux figurés page 501, sont Irès-fréquemmenl reproduits sur ces pavés comme sur les bordures des vitraux du XIII* siècle. Du reste, les carreaux sont assez variés, ils portent souveni des armoiries, des figures d'animaux, etc., ttc.

Je me borne 6 en présenter quelque» spécimens dios le» piges qui

vont sui\re.

STYLE OGIVAL miMITIP (PAV'AGKs).

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VkSti I > TERBI CCITE ÉMilLÉF.

DE CAUUONT. AD^XÉDAIllli d'aRCHÉOLOGIK

A l'abbaye de la Chalade (Meuse , les carreaux émalllés sont agencés quatre par quatre el ont 10 ceutimèlres sur quatre faces : ils présentent

r»Tt« kn 1EIMB ccifc pc L'itaiit ni Lt cntitur («rt«r).

des dessins en général circulaires. Les Tonds sont roufes et les dessins jaunes. On en trouve une centaine dans le transept sepIentrionsL

On formait quelquefois, par la réunion de ces carreaux en terre «uile, de belles rosaces dont relTet se mariait au reflet des vitraax.

Celle qui suit a été dessinée, dans une éflise de Champagne, par M. de Rariliélemy : elle oiïrc une charmante bordure d^aDimini grotesque>, dispoM^s eu guise de rinceaux.

BTYI.E OGIVAL rniiiniK (CAVAGES).

Le plus magiiifique pavé de ce genre que je puisse signaler est celui de St-Pierre-sur-Dive (Calvados).

Les cerfs passant, les fleurs de lis, les aigles à deux lîlcs, les lions, les chimères forment rornemenlation principale des carreaux, avec des feuillages, des fleurons et d'autres figures d'un très-beau style.

AtwtractloB falit dci Ur(e« Mode» ta pttrrt c*)calrt Mascte,

lAE>stR.DlTE (CALVADO!.],

I quatre parties et qui sont indiquées ici par de simples lignes.

DE CADMOXT. ABÉCÉDAIRE DAUCHÉoLOGIE.

Deux couleurs existent dans la rosace de St-Pierre-sur-Dive : le jaune el le noir ; les figures sont jaunes sur fond noir, noires sur fond jaune, et l'on a disposé avec intention ces oppositions de teintes pour varier reflet des mêmes formes dans les rangs circulaires concentriques. Ainsi, les carreaux dont les fonds sont de diverses nuances alternaient entre eux, ce que M. Viclor Petit a essayé d'indiquer dans le dessin précédent, en ombrant les fonds de couleur brune et détachant en clair les fonds jaunes ; seulement celle alternance n'est pas régulière partout à présent, et cela tient sans doute aux dérangements qui ont eu lieu lors du remaniement des pièces quand le pavé a été réparé.

Pour le jaune, on a étendu sous la couverte de plomb une couche mince de terre blanche formant transparent, qui, après l'usure de Témail, a persisté sur beaucoup de pavés ; pour le noir, le transparent est une terre qui se détache de la pâte de la brique, quand on la regarde à l'aide d'une cassure, et qui Irès-cerlainement a été appliquée aprts coup.

La rosace est coupée en quatre parties égales par deux bandes eo pierre colcaire : l'une dans l'axe du chœur, l'autre perpendiculaire 4 cet axe et dont rinterseclion occupe le centre du cercle (V. la figure, p. 504).

La rosace était au milieu d'un carré de pavés émaillés. On relrou\e.

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dans les pavés qui composent cet encadrement, à peu pr6s les

STYI.K OGIVAL PRIMITIF (pAVAGKS).

sujets que ceux de la rosace : ainsi, des lions, des fleurs de lis, des cercles entrelacés ornés de diverses figures dans Innrs intersections, des chimères, des aigles à deux têtes (V. la figure, p. 50G), s'y retrouvent a»ec quelques autres ornements (1).

Des efiTigics de personnages marquants ont été également formées au moyen de carreaux en terre cuite. L'image que voici se composait, à l'abbaye de Fontenay près Caen, de 13 morceaux de brique ayant chacun 8 pouces en carré :

elle représentait un chevalier, armé de son épée et vêtu de sa cotte d'armes et de sa jaque de mailles.

On voit, au musée d'Avranches, quelques pièces d'un tombeau de ce genre tiré des ruines de l'abbaye de Hambie, diocèse de Coutances : cette tombe avait fait saillie sur le pavé, et les bords taillés en biseau portaient une inscription peinte en émail.

Après les pavés de terre cuite, on peut citer les dalles historiées comme on en rencontre encore dans quelques églises du nord de la France : ce sont de grandes dalles avec des dessins en basrelief très-peu saillants, qui se détachent sur un fond rempli par un mortier de couleur.

Lesdalles principales, qui avaient

(t) Depuis que nous l'.ivong 8ipDa1(f, M. Ramé a examiné avec le plus grand soin et décrit, dans les Annales archéologiques, le pavé de St-Pierre->ur-Dive,

DF, CAUMONT. AljficÉDAIRF. D'AnCHÉOLOGIE.

eu pour but de paver arlislement le cliœur de l'église de St-Omcr, étaient entourées de pierres travaillées de la sorte et offrant uue grande variété d'ornements: on y voil des éléphants, des animaux semblables à ceux que Pon sculptait sur les chapiteaux, des rosaces et autres sujets. Les pierres principales ou grandes dalles, qui s'encadraient au milieu de ces curieux parquets historiés, portaient, quelques-unes au moins, des inscriptions prouvant qu'elles avaient été offertes à l'église de St-Omer, en Thoiineur du palron de la ville, par de puissants et généreux bourgeois. M. Hermant, dans un mémoire publié par la Société des Antiquaires de la Moriiiie, prouve que les donateurs vivaient au XIII* siècle (vers l'aimée 1260). On voyait, entre autres sujets, sur les dalles de Sl-Omer, les arts libéraux que l'on trouve sou-

L4 MlklQrr, RErkitUlTtl &rK CK DI* Ittl» vt. »(|M-0«t>.

renl on bas-relief sur les porlaiU, nnijnininil la Mu>ique. ligurx^ par un personna^^c assis, pinçant des deux mains un instrument à cordes. On doit attacher d'autant plus d'importance i ces mafnifiques pavés qu'ils complètent le système d'ornementation de nos églbes. Ainsi, les peintures aux murs et aux voûte», les fenétrr5 en Tilraux de couleur, et rufin les pavés émaillés, comme à St-Pierrc-sur-Dive, et le» «UUcs

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