STYLE OGIVAL PRIMITIF ( PAVAGES
historiées, comme à St-Omer : tel est le système complet. Ajoutons que nous trouvons sur les pavés de St-Omer, comme sur les vitraux, les images des donateurs. Sur deux pavés de St-Omcr, on voit les figures de deux chevaliers de la famille de Sainte-Âldegonde, tandis qu'un pareil nombre est consacré à la représentation des membres de la famille de Vassclin.
Dit DBS DOnATeORS DES PÂTÉS DE «ÀIRT-OMCR.
S'il ne reste plus en France qu'un très-petit nombre de dalles historiées, il n'est pas douteux que la plupart des pavés des églises aient été renouvelés, et les pierres tombales ont bien pu, dans beaucoup de cas, prendre la place des pavés historiés ; celles-ci disparaissaient, à leur tour, pour faire place aux pavages mesquins de notre époque.
On possède, dans un village voisin de St-Omer, quelques autres dalles semblales, provenant des ruines de Thérouane, mais qui sont malheureusement dans un état presque entier de dégradation.
Labyrinthes. — Je dois dire un mot des pavés figurant un labyrinthe : c'étaient quelquefois des carrés, mais plus souvent des espèces de grandes rosaces, tracées au moyen de lignes concentriques, combinées avec une précision géométrique et coupées par d'autres lignes de manière à former dans leur ensemble un labyrinthe.
DF, CAnmONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOI^^IK.
Ces labyrinthes étaient considérés comme l'emblème du temple de Jérusalem; à Tépoque des Croisades, on y faisait des stations qui tenaient lieu du pèlerinage de la Terre-Sainte. Cela s'observait dans la cathédrale de Reims, dès le XIIl' siècle (vers 12/iO;.
Mais tout porte à croire que les églises méro\ingiennes et carlo-
L4*\imîia DU 141^1 «oaiiM Dt tiim», vingicnne^ ont en des labyrinthes rn mosaïque, (lo;)( ceux du Mil'
styi.p: or.ivAi. primitif (pavages).
siècle ne sont que Timitation. Cette décoration élait même d'origine romaine, puisque Ton a trouvé et que Ton voit toujours dans les bains romains de Verdes (Loir-et-Clicr) le labyrinthe en mosaïque dont je présente l'esquisse, page 510.
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LiBYRIiMUE UE SMM-Bi^nriN.
Le labyrinthe de St-Bertin, à St-Omer, est détruit, mais ou eu possède un dessin publié par M. Wallct.
(t II était composé de carreaux blancs ou jaunes et de carreaux K noirs ou bleus et était inscrit dans un carré; son chemin de parcours Il présentait, comme tous ceux que nous connaissons, un guillochis u simple continu ; mais ce guillochis était ici à angles droits.
« Ce pavé était composé de 49 carreaux de chaque côté ; par conu séquent sa superficie présentait un nombre de 2,^01 carreaux, u
Il se trouvait dans le transept méridional de l'église; on le détruisit, parce que les enfants et les élrangers qui le parcouraient troublaient l'office divin.
512 DE CADMONT. AB^XÉDAIRE D*ARCeÊOIX>GIE.
C'était le plus ordinairement dans la grande nef que ces parés étaient placés, quoiqu'il y en eût quelques-uns, comme à St-Bertin, dans les transepts, devant les principales portes latérales.
On Toyaitf il y a peu d'années, au milieu de la nef de Chartres, un labyrinthe circulaire exécuté en pierre bleue, que l'on appelait communément la Lieue, parce que, pour le parcourir à genoux, on mettait une heure à faire le chemin. Il avait 668 pieds de développemoit depuis l'entrée jusqu'au centre.
Le labyrinthe de la cathédrale de Sens, dont je présente aussi l'esquisse, ressemblait beaucoup au précédent: il était incrusté de plomb et avait 30 pieds de diamètre : il fallait, dit-on, une heure pour en parcourir tous les circuits et l'on faisait 3,000 pas en les suivant exactement.
Le labyrinthe de St-Queotin est octogonal, il existe toujours ; celui de la cathédrale d'Amiens, qui n'existe plus depuis 182&, était de la même forme.
Le labyrinthe de la cathédrale d'Arras, détruit depuis la Révolution, se voyait dans la nef; comme ceux des cathédrales précédentes, il était de forme octogone, composé de carreaux jaunes et bleus, et présentait les mûmes combinaisons que ceux d'Amiens et de St-Quenlio.
A Bayeux, dans la grande salle annexée à la cathédrale, oo voit un labyrinthe circulaire, d'une dimension peu considérable, comparativement aux précédents ; il est formé de briques émailiées ; son diamètre n'est que de 3 mètres 78 centimètres.
La voie du labyrinthe est composée de briques carrées ft fond noir, chargées de divers ornements de couleur jaune. D'autres briques, d'une teinte noire et posées sur le champ, forment des lipies de séparation, tandis que des briques jaunes indiquent le point de communication d'un cercle à un antre. — Chacun de ces cercles était composé de briques du même échantillon.
Les sujets qu'elles représentent sont des griflbns, des armoiries des rosaces, etc.
Peinture décorative.
PARFOIS la peinture murale a reproduit les mêMW tajeU que la sculpture et concouni avec elle à décorer les éfibes : la peinture fut très-habilupllrmrnt usitée au Mil' siècle, et il n'y a fnère d'églises qui n'en olTrenl encore quelques traces sous le badifcoa
STYLE OGlVAr. PniMITIP (PAVAGEs). 513
LÀBVniMnE DE COARTRES.
LABTRINTUG I)E Lx CATUÉDRiLB DB (ENI.
DE CAUilONT. AUtCÉDMRE DaRCOKOLOCIE.
qui la recouvre. Dans un très-grand nombre, j'ai trouvé le dessin suivant, exécuté en rouge sur les murs. Ce sont des pierre* d'appareil avec un fleuron au centre ; ailleurs, j'ai vu des arcatures et l'imitation de quelques détails architcctoniques, toujours peints en rouge d'ocre, en verl,
en jaune et en bleu sur un fond r bluncbàlre.
On retrouve les mômes teintes que dans les peintures du XII' siècle, mais le travail a subi des cbangements analogues 5 ceux de l'arcbiteclure.
Vitraux peints.
Un nouvel élément de décoration fui produit en grand, au XIII' siècle, par l'introduction des vitraux peints dansles églises; il y avait eu quelques vitres peintes dés le XII', M. Texier a publié le dessin d'un vitrail qu'il croit de 1135 et dont voici un fragment; mais ce ne
fut qu'au XIII' siècle que ce genre de décoration pui être adopté
piirloul.
STVI.E OGIVAF, IMUMITIF ( VimAL'X PKINTS). ol^)
OniciNE DES viTRALX DE couLEL'K. — Il csrparfaitcmcnt certain que le verre a été employé à beaucoup d'usages chez les Romains, cl (le bonne heure chez nous on s'en servit pour vitrer les fenêtres des églises. Le verre de couleur put très-bien y être disposé de manière à former des mosaï(|ucs, mais il règne beaucoup d'obscurité sur ce que pouvaient être, jusqu'au XII* siècle, les vitres peintes.
EITectivemcnt on ne connaît pas, aujourd'hui, une seule vitre de couleur qui puisse, avec certitude, être rapportée au-delà du XIM siècle, et c'est réellement à celle époque que commence pour nous l'histoire de la peinture sur verre. Il est assez remarquable que le développement de ce genre de peinture coïncide avec le temps des Croisades, et l'on en a conclu que les peintures, les mosaïques et peulôlre les vitraux de l'Orient, où il y avait toujours eu des artistes, avaient dû inspirer les créateurs ou les rénovateurs de la peinture sur verre en Occident; mais il ne faut pas exagérer les conséquences de cette supposition. Sans nier l'influence de l'Orient, je crois, avec M. Emile Thibault, que Cart de la peiîiture sur verre^ tout français, n'a emprunté de COrient que son style d'ornementation, en sHnspiranl du souvenir de ses riches tapis.
Le développement de la peinture sur verre coïncide encore avec l'adoption de l'arc en ogive pour les ouvertures des édifices ; on conçoit quelle influence cette forme exerça sur la marche de l'art du peintreverrier, et réciproquement quelle influence le progrès de la peinture sur verre exerça sur le développement de l'architecture ogivale, en permettant aux architectes de percer ces énormes fenêtres que l'on trouve dans les édifices, dès la fin du XIII* siècle.
Les seules vitres à personnages que l'on cite comme remontant certainement au XII* siècle, sont celles que donna l'abbé Suger à son église, et dont il reste encore des verrières à Si-Denis.
Plusieurs autres verrières sont présumées du XII* siècle, mais on n'a pas, pour le prouver, comme à St-Denis la signature de Suger, et l'on doit être très-réservé dans rattribuliou de dates aussi reculées.
Les vitraux peints du XIII* siècle, jusqu'au temps de saint Louis et longtemps encore après son règne, sont composés de médaillons de différentes formes (circulaires, elliptiques, quadrilobOs, en losange, etc., etc.), disposés symétriquement sur un fond de mosaïque, comme le montre l'esquisse suivante d'une fenêlre en forme de lancette, telle qu'on les faisait le plus souvent dans la première nioilié du XI II* siècle.
DE CADMONT, ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
Des médaillons alternatiTement ronds et quadrilobés forment une ligne ^erlicale de tableaux, au centre de la fenêtre ; d'autres cadres se trouvent à droite et à gauche des précédents; mais, vu le peu d'espace, ils n'offrent que des moitiés de cintre et de quatrefeuilles : dans les ouvertures en lancettes, qui ont peu de largeur et un grand développement dans le sens de la hauteur, on a souvent réduit ainsi à moitié les médaillons qui touchent à la bordure de Tencad rement.
Ce sont ces médaillons qui ont été remplis de figures ; le reste n'offre qu'un fond de mosaïque.
Les mosaïques des fonds présentent le plus souvent des compartiments, tantôt carrés ou en losange, remplis de (leurs à quatre pétales, tantôt arrondis et garnis de feuillages, souvent avec des lliiiroiis darjs 1rs iiiirr\ allés qui séparent les cercles les uns des autres.
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