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DEUXIÈME PARTIE

25. Les antomologistes placent les abeilles (apis mellifica) dans la nombreuse classe des insectes de l’ordre des yménoptères mellifères. Ces insectes sont sans vertèbres, sans branchies et sans organes circulatoires : ils ne respirent que par des trachées ; leur corps et leurs membres sont articulés. Leur corps se divise en deux parties : l’une, le tronc ou partie centrale et essentielle; l’autre, les membres ou appendices latéraux. Le tronc est composé de la tête, du corcelet, de la poitrine et de l'abdomen ; les membres sont : les pattes et les ailes. La tête, qui est la partie la plus antérieure de leur corps, comprend la bouche, les yeux et deux espèces de cornes articulées que

l’on nomme antennes. La bouche est très-composée : elle a des mâchoires et une espèce de lèvre inférieure prolongée en une sorte de langue qu’on nommetrompe, qui, terminée paf un petitmamelon , leur sert à pomper: Ensuite on voit deux autres mâchoires, une de chaque côté, qui se meuvent en travers. Les supérieures sont appelées mandibules, et les imférieures portent des appendices articulés qu’on nomme palpes ou antennules. Outre deux grands yeux qui sont situés sur les côtés de la tête, on distingue trois pelits points brillans au-dessus , que l’on considère également comme de véritables yeux; les premiers sont nommés yeux à réseaux où à facettes, et les autres yeux lisses. Ils sont tous sans HAMDÈCEEE mais couverts de poils.

La seconde articulation du tronc se nomme corcelet; c'est ce qui supporte la première paire de pattes. C’est sur la poitrine que sont attachées les aîles et les deux dernières paires de pattes. L'abdomen vient immédiatement après la poitrine; il n’y est attaché que par un étranglement nommé pédicule ou petiole.

L'abdomen qui renferme l'estomac, les intestins et les organes de la génération , est percé par l'anus d’où sort laiguillon.

Les pattes sont au nombre de six : elles sont disposées par paires parallèles ; on distingue la hanche qui les joint au corps, la cuisse ou fémur qui vient après, puis la jambe ou tibia, et un tarse formé de cinq pièces que l’on momme articles. Les pattes postérieures sont munies de poils disposés en forme de brosse, et d'une petite cavité en forme de capsule. Les abeilles se roulent dans les fleurs , se couvrent de pollen, et s’en débarrassent avec leurs pattes postérieures, puis elles en font deux petites masses qu'elles placent dans chaque cavité :

ainsi chargées , elles les transportent dans leur ruche.

Les aîles sont au nombre de quatre, composées toutes d’une membrane légère et couverte de nervures assez apparentes. Les aîles inférieures sont beaucoup plus petites que les aîles supérieures.

Chacune des articulations est mise en mouvement par des fibres charnues placées dans l'intérieur et réunies en plusieurs faisceaux que Jon nomme muscles. 11 y a deux muscles par chaque articulation , l’un destiné à fléchir, l’autre à étendre.

On trouve aussi des nerfs chez les abeilles; ils forment un cordon qui règne dans toute la

longueur de leur corps, où il est libre et flottant; ilest formé de plusieurs ganglions ou renflemens , dont un seul est situé dans la tête au-dessus de l’œsophage; c’est lui qui fournit des nerfs aux yeux, aux antennes et à la bouche. Les autres renflemens sont placés dans les intestins.

26. Il est certain que les abeïlles jouissent de plusieurs de nos sens, probablement de tous ; mais il est difficile de préciser où siégent la plupart d’entre eux. Chez ces insectes, on pense que le toucher réside principalement dans leurs palpes maxillaires, toutefois il est certain qu'ils sont sensibles à la moindre secousse de leur ruche, ainsi qu’au plus léger souffle. Leur bouche contient probablement l'organe du goût ; mais on ne sait pas où réside chez eux celui, de l’ouie : quoique quelques auteurs pensent que ces insectes ne sont pas sourds, nous les avons cependant vu rester immobiles à de violentes détonnations, quand l'air qui les environnait n’entrait pas trop en vibration (a). On ne peut que supposer aussi que l’odorat réside à l’orifice des organes qu’on croit être ceux de la respiration (b). Leurs

(a) Ce qui doit alors se rapporter au toucher. (&) Parmi nos expériences sur les abeilles ; Nous nous

yeux Sont certainement destinés à leur faire apercevoir les objets; l'organe de la vue doit être très-développé chez les abeilles, car elles s’orientent avec une étonnante facilité : un seul apercu des objets qui environnent leur ruche, suffit pour la leur faire retrouver ; mais quand bien même celle-ci resterait à la même place, si on enlève une partie des objets environnans, celles qui reviennent du dehors ont souvent beaucoup de difficulté à pouvoir la reconnaître (a).

sommes aperçus que chaque fois que nous leur présentions un tube imprégné d’une huile essentielle pénétrante , leurs antennes s’agitaient avec beaucoup d'activité. Si, avec ce tube imprégné d'huile essentielle de citron , nous tracions une ligne sur un gâteau d’une ruche en activité , les abeilles que le hasard dirigeait de ce côté s’arrétaient subitement, et les mouvemens de leurs antennes paraissaient décider de leur impression. L’odorat semble toujours être très-important chez elles ; tout le monde sait que l’odeur du miel les attire de très-loin ; et que rarement elles vont. sur les fleurs :qui n’en contiennent point. Il est probable aussi que c’est. par l’odorat que les abeilles d’une même ruche se reconnaissent, puisqu'elles s'accordent si bien avec des étrangères , lorsqu’en les introdui-. sant on leur envoie en même temps de la fumée.

(a) Un propriétaire avait devant son rucher, une espèce de petit bois qu'il fit couper en été; il perdit bientôt,

si

27. Les abeilles vivent en société au nombre de vingt, vingt-cinq et même trente mille, parmi lesquelles on en distingue de trois espèces. 1} paraît qu’une seule dans chaque ruche est femelle et sert à la reproduction; on y compte de huit à douze cents mâles, et le reste est

toutes ses ruches. Il attribua ce désastre au chagrin que prirent ses abeilles de la perte du bois , dont , disait-il, l’ombrage pouvait leur plaire. Cet accident n’eut certaine ment lieu que parce que ces insectes perdirent les objets à l’aide desquels ils pouvaient reconnaître leurs ruches respectives, et qu'ils entrèrent indistinciement dans les autres où ils s’entretucrent. L'observation suivante nous a convaincus dans celie opinion.

Nous avons placé une ruche, près .d’une croisée, dans lintérieur d’un appartement ; cetie ruche est eniourée d’une toile métallique qui permet de voir facilement les abeilles sans qu’elles puissent voltiger dans la chambre. Jour et nuit elles ont une issue pour aller dehors; mais la croisée est tellement disposée ;, qu'il faut absolument en fermer les volets pendant la nuit. Cependant , outre l'entrée des abeilles , on laissait sans fermeture un espace équivalant à toute la grandeur de la ruche. En été , nous remarquions dès le matin, avant d'ouvrir , que les abeïlles avaient une peine extrême à retrouver leur enirée , et s’il arrivait qu'on ouvrit les voleis d’une croisée qui ressemblait à la leur , toutes y venaient instantanément pour ne FPabandonner que quand l’aut re avait repris son apparence diurne.

appelé abeilles neutres, ouvrières ou mulets.

Ces trois sortes d’abeilles sont faciles à distinguer les unes des autres : d’abord , d'abeille femelle, féconde ou mère abeille, à laquelle on accordait autrefois le titre de reine, est reconnaissable par sa longueur, qui est près du double de celle des abeilles ouvrières. C’est su-tout son abdomen qui a un volume considérable; ses aîles paraissent courtes sur son corps allongé, quoiqu'’elles soient au moins aussi longues que celles des autres, seulement elles en diffèrent assez souvent par des rayures jaunes ou blanches , ce qui leur donne de l'éclat. Cependant , l'abeille femelle paraît assez svelte quoique son vol soit lourd ; aussi sort-elle rarement, peut-être qu’une seule fois pour être fécondée. Sa couleur est moins brune que celle des autres ; sa trompe et ses pattes ne paraissent pas propres aux mêmes travaux ; mais les organes de la génération sont très-développés chez elle; on a remarqué que les œufs y étaient distribués en deux ovaires, dont l’un à droite et l’autre à gauche; que ces ovaires sont comme une infinité de fibres appliquées les unes contre les autres et garnies de petits nœuds , qui sont de véritables œufs, en quantité innombrable , et qui grossissent au

fur et à mesure qu'ils sont près d'être pondus (a).

‘On affirme, par des expériences, que l’accouplement de la femelle avec le mâle se fait hors de la ruche et en l'air; qu’un seul accouplement suffit pour toujours ou au moins pour deux ans.

28. L’abeille femelle dépose ses œufs au fond des cellules que les abeilles ouvrières ont fabriquées. Ces œufs donnent naissance aux trois espèces de mouches qui constituent une ruche. Les œufs, placés dans des cellules différentes en tout, par leur conformation , sont ceux qui reproduisent des abeilles femelles -proprement dites; ces cellules, également en cire, ont une forme ovoïde allongée : elles sont beaucoup plus spacieuses que les autres, placées perpendiculairement et ouvertes par en bas. Leurs parois, considérablement renforcées, contiennent jusqu’à cent cinquante fois plus de cire que les hexagones qui servent de berceaux au reste des autres abeilles. Ces cellules sont au nombre de quinze à vingt dans

(a) Ces œufs ,. déposés dans les cellules, prennent en masse le nom de couvain , ainsi que les larves et les nymphes qui en proviennent.

les ruches qui ont plusieurs années; elles sont les seules que les ouvrières détruisent entièrement , ou ne remplissent point de miel après la sortie des abeilles qui y sont écloses, et cela assurément , à cause de la situation de leur orifice.

C’est donc de ces cellules d’où sortent les abeilles femelles : on a lieu de penser que c’est l'espace qu’elles offrent intérieurement , joint à une nourriture toute particulière pour elles, qui donne à ces abeilles la faculté d'acquérir tous les développemens nécessaires à leurs fonctions ; c’est-à-dire ceux des organes génitaux.

29. Avant d'arriver à l’état d'insectes aîlés , toutes les abeilles passent successivement par trois états différens. De l'œuf qui est ordinairement collé au fond de chaque cellule, il sort un petit ver blanchâtre qu'on nomme larve ; ce ver conserve cette forme pendant quatre à cinq jours, après lesquels il file une espèce de coque, dans laquelle il s'enferme deux ou trois jours , il passe ensuite à l'état de nymphe qu'il conserve de dix à quinze jours au bout desquels l'abeille a subi sa dernière métamorphose. Pendant son état de larve, elle est nourrie par les ouvrières jusqu’à ce qu'elle

commence à filer sa coque; à cette époque, elle est renfermée dans sa cellule, au moyen d'un couvercle convexe de cire, qui paraît très-friable; elle le brise au tems prescrit, pour se montrer telle qu’enfin elle devra toujours rester.

On a remarqué que les abeilles femelles parvenaient à leur état parfait au bout du seizième jour, à compter du moment de la ponte des œufs qui doivent les produire. On voit au printems, dans chaque ruche, de quatre à dix alvéoles à abeïlles femelles; on dit qu’elles ne parviennent pas toutes le même jour à leur état parfait, mais bien à un, deux, trois, quatre jours et même plus de distance. Ces nouvelles femelles sont destinées à remplir les mêmes fonctions que leur mère; on assure qu'elles ne sortent pas de leurs cellules tant que celle-ci réside dans la ruche, parce qu’elle a une aversion tellement grande pour les autres, qu'elle veut continuellement les détruire; mais que des abeilles ouvrières postées constamment autour des cellules de ces ieunes femelles, forcent cette marâtre de s'en éloigner, et ce n’est, dit-on, que quand sa fureur lui devient insurmontable, qu'elle se résigne à abandonner la ruche, en entraînant avec

elle la majeure partie de la population. C’est ainsi qu'on nous explique jusqu’à présent la sortie du premier essaim (a).

On suppose alors, que la première femelle qui sort de sa cellule, devient momentanément reine de la ruche et que bientôt elle s’empresse de vouloir détruire celles qui restent encore, mais que, repoussée par les ouvrières qui d’ailleurs n’ont aucune affection pour une reine encore vierge , la chassent et la mordent, au point que, réduite au même degré d'horreur que son ayeule , et ne pouvant plus supporter la vue des autres femelles, elle se tourmente’, s’'agite, bouleverse toutes les ouvrières et sort

(a) On appelle essaim la sortie naturelle d’un certain nombre d’abeilles d’une ruche , parmi lesquelles il s’en trouve des trois espèces. La destination d’un essaim est de se fixer dans un endroit où il puisse s’établir ; mais l’homme se l’approprie ordinairement , et le place de manière à en retirer le plus de profit possible, et par des soins intéressés , il contribue beaucoup à sa prospérité. L'essaim conserve ce nom pendant un an environ après lequel il prend plus spécialement celui de ruche. On dit qu’une ruche à deux ans ; trois ans, pour faire connaître qu’il y a deux ou trois ans que des abeilles ont commencé à édifier dans la ruche que l’on désigne. Nous verrons plus tard comment on doit considérer ce que l’on appelle

essaim artificiel.

enfin quelques jours après la première, entraînant aussi avec elle une autre partie de la population, qui, du reste s'était beaucoup accrue depuis le départ de celle-ci, par la quantité de couvain qui, à cette époque, éclot chaque jour. Ce second départ forme ce qu'on appelle le deuxième essaim ; les ‘troisième et quatrième, lorsqu'ils ont lieu , se forment de la même manière. Une ruche ne cesse de donner des essaims que lorsqu'elle ne contient plus assez d’ouvrières pour garder les cellules des jeunes abeilles femelles ; alors la première qui parvient à s'échapper, tue les autres sans résistance.

Enfin, telles sont jusqu’à présent les bornes de nos connaissances pour expliquer la sortie des essaims; il est probable que nous trouverons bientôt une hypothèse au moins plus satisfaisante , car celle-ci laisse trop à désirer. Il nous semble que les Perses expliquaient aussi bien les solstices , par les fables d'Ormusd et d’Ahriman. Nous ne croyons pas possible que la nature ait donné aux abeilles, un semblable moyen. de se propager; disons que jusqu’à présent, on n’a pasencore pu lexpliquer, et que trop de circon-

stances viennént réfuter ce que l’on avait admis (a).

30. Comme, dans cette circonstance, on avait cru devoir accorder toute l’action à l’a beille femelle, nous avons dû nécesssairement rapporter ces conjectures à son article; mais ces femelles, décorées du titre de reines , ont tellement excité la verve de certains auteurs, qu'autrefois elles jouissaient d’une réputation si grande et si extraordinaire qu’on a encore peine à se débarrasser, de nos jours, de tout

(a) On ajoutait à ce que nous avons dit, que le tumulte qu’occasionnait la reine lorsqu'elle voulait détruire les autres femelles , déterminait subitement dans la ruche, une augmentation deÿchaleur de quatre à cinq degrés , et que les abeilles ne pouvant supporter cette chaleur excessive , se précipitaient hors de la ruche , ce qui constituait l’essaim. Pour démontrer la fausseté de cette opinion, il n’y a qu'à faire remarquer que dans les ruches closes , lors des grandes chaleurs de certains étés , on voit les abeilles sortir également de leur ruche ; mais elles se répandent sous leur surtout, et peuvent éviter de cette manière une chaleur qui leur devient sans doute insupportable : d’ailleurs, dans nos ruches à l'air libre , il est impossible, que le mouvement des abeïlles puisse faire augmenter subitement la chaleur de quatre à cinq degrés , et

cependant les essaims ont également lieu.

sentiment de déférenceàleur égard(a). Quoique moindre on leursuppose encore un degré d'intelligence assezsupérieur à celuides abeilles ou-

(a) Dans l'ouvrage de M. Delalauze (Paris 1809), on

trouve les passages suivans :

LS ÿ

« Les anciens n'ont pas connu le chef de la république des abeïlles , auquel ils donnaient le titre de roi. Aristote, Pline, Columelle , et quantité d'sutres après eux , out pensé que le chef était roi , quoiqu'il ne contribuait point à la reproduction de l’espèce. Ils en distüinguaient de deux sorte: ; l’un , qui était le roi lésiüme , était d'une belle couleur dorée, ayant la tête ceinte d’un diadême irès-remarquable. Sa déma:che fière et assurée ne permettait pas de le méconnaître pour le légitime possesseur d’un trône où le choix des 2beilles , artant que les droiis de sa naissance l’avaient appelé. Sou origine ciait des plus illusires ; Pline assure qu'il ne pas-aït poini par tous les degrés de l’enfance auxquels les autres abeilles étaient assujetties. L’auire roi , au conaite, d’une couieur noire et d’une forme hideuse , ne montrait qu’un vil usurpateur indigne du trône qu’il vouluit envahir. Aristote est le seul qui ait admis plusieurs rois dans la république des abeiïlles ; il pensait que leurs fonctions étaient de féconder les femeïles. Pline prétendait qu'on en élevait plusieurs , et qu’encuite les abeilles , après avoir choisi celui qui leur convenait , chacsoient les autres comme des rois inutiles, et qui auraient semé la discorde dans l’état. Aristote avait accordé un aïguillon au roi des abeilles ,

vrières, si, à un strict examen de sa conduite,

nous joignons celui de la physiologie moderne, et que celle-ci veuille bien nous éclairer de son

dont il voulait cependant qu'il ne fit point usage, comme indigne de la majesté d’un souverain de combattre lui-même ses ennemis ou de punir des sujeis rebelles ; ces soins éiaicunt confiés aux officiers commis pour la garde de sa personne et à ses licteurs. Sénèque, Pline , Colamelle , etc., ne voulsient point absolument qu'un monarque , qui devait à ses sujets l'exemple de la douceur et de la paix , portäi une arme qui, dans un moment de colère , pouvait l’engager à sortir des bornes d’une modération pacifique. . . . . , »

Plus loin , l’auteur dit : « Les occupations de la reine la retiennent absolument dans son palais ; elles consistent à visiter touies les cellules , à entrer dans touics , pour examiner si elles sont en état de recevoir le dépot qu’elle veui y placer. À la tête des ouvrières , elle les excite au travail; sa préscnce enireient l'activité ; sa complaisance à recevoir leurs caresses , leur tient lieu de récompense , en même iemps qu'il est un nouveau motif d’émulation. De temps en icemps elleentre dans son sérail , où elle va prodiguer à son tour ses care:ses aux faux-bourdons indolens , pourles engager à répondre à ses empressemens et à ses désirs. Elle dissipe, dans les jeux amoureux , les inquiétudes inséparables d’un gouvernement, et les soucis que donnent les soins

qu’on prend d’une nombreuse famille. »

flambeau , nous nous en servirons pour comparer ces insectes entre eux.

31. M. le docteur Thomas ( de Troisvèvre établit, dans sa physiologie des tempéramens ou constitutionsdel’hommeetdes animaux (4), qu’en général le développement relatif d’un organe indique le degré d’énergie de ses fonctons et que les fonctions de celui-ci, quand il est très-prononcé , entraînent nécessairement le principal point d'aptitude de l'individu ; que les autres organes, relativement moins volumineux, sont justement en raison inverse.

M. Thomas examine les différentes espèces d’animaux auxquellesil fait desapplications selon leur constitution; mais c’est surtout sur les différences dans les animaux de la même espèce qu'il fonde entièrement sa doctrine. II n'a pas fait d'applications spéciales aux insectes : cette classe delazoologie ne lui a peut-être pas paru assez connue. Puisque nous nous occupons d’abeilles, nous crovons pouvoir tirer avantage de sa méthode pour déterminer notre opinion , à l'égard des abeilles femelles par rapport aux autres.

Or, il est facile de voir que l'abdomen do-

(a) Paris , 1826.

mine éminemment chez les abeilles femelles ; que les organes de la génération sont certainement la cause de ce grand développement, ce qui doit nécessairement influer, comme dans les autres animaux, sur l'énergie des autres fonctions. C’est précisément ce que justifie l'observation , car les fonctions génitales de la femelle sont extraordinaires; tandis que les autres organes , relativement beaucoup moins développés que chez les ouvrières, ne leur , permettent pas de se livrer aux mêmes exercices, et, en effet, elles ne travaillent point. Puisque, comme on le voit, le développement relatif des organes entraîne des fonctions relatives, les abeilles ouvrières, mieux proportionnées dans les organes qu’elles mettent journellement en action, doivent être naturellement disposées à les faire agir ; c’est aussi ce qui a lieu, et les organes de la génération n’étant pas développés chez ces dernières, leurs fonctions ysont nulles(a).Simaintenant onsuppose beaucoup d'intelligence chez les abeilles, par les mêmes raisons , les femelles en auraient

(a) On peut dire qu'il y a chez les abeilles ouvrières , atrophie des organes génitaux, et qu'il y a atrophie , chez les femelles , des organes nécessaires aux différentes ré-

coltes.

moins que les ouvrières , parce que le volume relatif de l'abdomen des femelles sera toujours prédominant, et que, dans les animaux, il est toujours proportionnellement développé en raison inverse de l'intelligence. Cet examen si bien en harmonie avec les faits matériels qui existent sur ces femelles, doit les faire juger en dernier ressort. Il est donc absurde de soutenir que les abeilles ouvrières sont guidées dans leur travaux par l'abeille féconde ; il est aussi faux de dire que, quand quelque chose d’alarmant vient troubler la tranquillité d’une ruche, celle-ci arrive aussitôt à l'endroit le ‘ plus périlleux comme pour examiner le danger et exhorter les ouvrières au courage. Ce fait, tient encore des fables des anciens : l’observation démontre qu’elle n’est jamais la première à s’y trouver, et que très-rarement on l'y aperçoit. Si toutefois on la remarque, elle y vient plus machinalement que les autres, puisqu'elle ne prend jamais la défensive.

Le merveilleux qui s’est attaché aux abeilles femelles , dépend vraisemblablement de trois causes principales; la première, de ce qu'il n'en existe qu’une dans chaque ruche ; la secoude, de leur taille extraordinaire et la troisième du dévouement qu'ont pour elles, les abeilles ouvrières

On se rendra facilement compte de l'unité des femelles dans chaque ruche, quand on considérera qu'elles n’ont pas d’autres fonctions à remplir que celles de la reproduction; qu’une pouvant mettre au jour cinquante à soixante mille œufs et plus par an, cela est suffisant pour la conservation de la ruche et la production des essaims. Une seconde mère devenait donc inutile. Pour le volume extraordinaire des femelles , il s'explique assez par la superfétation de cet insecte.

Quant au dévouement des abeilles ouvrières pour leur mère, ce n'est ni à sa stature, ni parce qu’elles sont gouvernées par elle, qu'il faut l’attribuer ; c’est encore simplement à cause deses fonctions : la population diminuant chaque jour par les nombreuses pertes qu'elle éprouve, leur société n’existerait bientôt plus si de nouvelles naissances ne venaient pascontinuellement réparer ces pertes (4).

(a) Ce qui prouve évidemment que le dévouement des abeïlles ouvrières, pour l'abeille femelle, n’est pas pour l'amour d’elle-même , c’est que si la femelle d’une ruche devient trop invalide , elle est sacrifiée par les ouvrières ; ou bien si l’on soustrait celle qui s’y trouve, elles en acceptent volontiers une autre ; cette circonstance est une preuve de plus, pour nous convaincre que les abeilles femelles sont plutôt subo rdonnées qu’elles ne commandent.

Au reste, il y a dans la nature un ordre que l'on a qualifié bien avant nous d’admirable, qui doit exister, dans beaucoup de circonstances tel qu'il est, et qui, le moindrement contrarié, entraînerait inévitablement l’anéantissement de la perfection dont il était l’objet. S'il est donné à certains hommes de pénétrer dans quelques-uns de ces mystères et de pouvoir quelquefois en soupconner les causes ; que toujours l'observation soit leur guide plutôt que de chercher à s’éblouir par de vaines hypothèses.

Ce qui nous a porté à faire jusqu’à ce point digression à notre sujet, c’est le déplaisir que nous éprouvons à voir qu'on persiste encore aujourd’hui à soutenir des opinions tout-à-fait erronnées à l'égard des abeilles, et que cela peut nuire très-sensiblement au perfectionnement de leur culture. Si notre opinion, à leur égard , est aussi hypothétique que les autres, du moins elle est très-simple et incapable d'induire dans de grandes erreurs.

Pour terminer l'historique des abeilles fécondes , il ne nous reste plus à dire que quelquefois il s'en trouve plusieurs dans les essaims; cela provient, dit-on, que, dans le tumulte de leur départ, plusieurs femelles par-

ESSAI SUR LES ABEILLES. 49 viennent à s'échapper en même temps; mais bientôt, lorsque l'essaim est réuni et convenablement placé, toutes les femelles surnuméraires sont sacrifiées. On soupçonne que le combat a lieu entre elles-mêmes, et que celle qui triomphe est conservée. Ce sujet offrait encore assez de matière pour en former de belles fables, aussi n’ont-elles pas été les moins

élranges.

52. On reconnait les faux bourdons ou mâles, à leur forme; ils sont plus bruns et velus, au moins deux fois plus gros que les abeilles ouvrières, moins longs que le:

femelles, mais plus ramassés. Leurs ailes, qui sont larges, peuvent couvrir la courte grosseur de leur corps. Ils ne travaillent point, probablement aussi parce que leur conformation ne le leur permet pas. Leurs màchoires sont beaucoup plus petites que celles des ouvrières, leur trompe au moinsmoitié plus courte ; ils sont les seuls qui n’ont point d'aiguillon. On ne voit pas toute l’année des faux bourdons dans les ruches; ils n'apparaissent que vers le commencement de mai et sont tous massacrés par les ouvrières un mois après l'essaimage. Ils sont ceux qui, depuis les œufs qui doiventles produire jusqu'àla sorticdel'alvéole,

5o ESSAI SUR LES ABEÏLLES.

sont les plus longs à se former. On compte en- ‘viron vingt-six jours. Les alvéoles dans lesquelles ils prennent naissance sont des hexagones, mais généralement plus grands que ceux des ouvrières.

Les faux bourdons sont éminemment mâles; leurs parties sexuelles sont assez faciles à voir pour s’en convaincre; nous avons dit que leur accouplement avec les femelles se faisait en volant. Si ce sont là, les seules fonctions qu'ils aient à remplir, on est justement étonné de leur multitude dans chaque ruche. On a cherché à en établir la raison par le hasard qu'auraitla femelle d’en rencontrerun dans l’espace, s'ils n'étaient pas plus multipliés qu’elle (a). Du reste, ils paraissent peu disposés à s’accoupler : on assure que c’est la femelle qui cherche à émousser leurs désirs, et qu'ils y perdent leurs parties génitales et la vie.

On croit, en outre, que sortant peu dans les moments frais qui se manifestent accidentellement pendant leur existence, ils servent à maintenir la chaleur dans les ruches, et hätent ainsi le développement du couvain.

(a) Dans les fleurs , on remarque qu'il y a ordinairement beaucoup plus d’étamines que de pistils.

33. Les abeilles ouvrières sont brunes, Jongues de 7 à 8 lignes, et aux organes de la génération près, elles jouissent de tous les caractères énoncés au commencement de ce chapitre. Tout le monde connaît leurs produits; la cire et le miel : il en est un troisième moins connu et moins employé qui est la propolis. La propolis leur sert à enduire les gercures et les rugosités de leurs ruches; la cire à former ces hexagones dont tout le monde admire la struc- ‘ture etla régularité. Le miel est cette substance douce et sucrée qu’elles déposent dans la plus grande partie de leurs alvéoles.

Les abeilles ouvrières sont ordinairement vingt-deux jours à acquérir tout leur développement; dès qu'elles sont en état de pouvoir voler, elles vont immédiatement travailler, c’est-à-dire, butiner dans la campagne , et concourir aux travaux communs. Les alvéoles dans lesquelles elles prennent naissance sont les mêmes que celles qu’elles remplissent de miel, et qui forment le plus grand nombre. On attribue à la petitesse de ces cellules et à une nourriture contraire, l'absence des organes génitaux dans les abeilles neutres.

M. Shirach, et après lui plusieurs autres, ont observé que quand la femelle mourait ou dis-

de.

paraissait par un accident quelconque, et qu'il y avait dans la ruche du couvain de trois jours, ou moins, que les abeilles agrandissaient une ou plusieurs des cellules qui en contenaient ; qu’elles prodiguaient une nourriture convenable aux larves qui s’y trouvaient renfermées et qu’elles se procuraient, par ce moyen, des femelles complètes : ainsi d’après cela, il paraîtrait que les abeilles neutres seraient toutes des femelles , si toutes , eussent été dans les circonstances convenables.

54. On suppose depuis quelque tems qu'il y a dans chaque ruche, deux classes d’abeilles ouvrières, l’une qu'on appelle cirières, et l'autre nourrices ; les premières seraient destinées à la production du miel et de la cire, les autres à prendre soin des larves. Cette hypothèse a besoin d’être mieux prouvée, pour être plus accréditée.

S'il nous fallait noter encore tout ce que l’on a raconté de merveilleux sur les abeilles, nous grossirions un volume que nous voulons au contraire renfermer dans le cercle le plus étroit possible. Au paragraphe de la femelle, nous avons établi que c’est aux ouvrières qu’il faut rapporter toute l'harmonie qui existe dans une ruche. Nous avons vu que ce sont elles

qui construissent les alvéoles ; qui font la provision du miel; qui prennentsoin deslarves; qui, dans certaines circonstances, peuvent se procurer à volonté une femelle , quand celle qu'elles avaient, venait à leur manquer; qu’à une certaine époque elles massacrent les mâles. Nous ajouterons que ce sont encore elles qui transportent, hors de la ruche, les cadavres de celles qui meurent journellement; qu’elles débarrassent des alvéoles le couvain avorté; que ce sont elles seules enfin qui prennent la défensive, quand on attaque leur propriété. Toutes ces actions vraiment curieuses ont eu des apologistes sans nombre, la plupart très-passionnés. Une étude long-tems approfondie de ces insectes ne nous permet pas de croire qu'il y ait chez elles un fonds d’intelligence réel ; il est sans doute pénible de n'accorder qu’une action automatique à des circonstances si variées dans la vie de ces insectes; mais il est très-probable qu’ils sont poussés par un instinct invincible, dont il leur est impossible de déroger. Nous devons considérer les abeilles comme des végétaux pourvus de locomobilité : de la seule manière de les cultiver dépend toutle fruit qu’on doiten attendre ;:

c’est à nous plus qu’à elles, de connaître ce qui leur convient le mieux (a).

55. On sait que le célèbre Buffon, considérait lesabeillescommeautant d’'automates , mus tous, par le même mécanisme. L'opinion du poète naturaliste fut, à cet égard , violemment combattue. On a toujours voulu trouver dans ces insectes des sources de perfection ; quand l'erreur s’est accréditée pendant des siécles , elle a poussé de profondes racines qu’il est impossiblede détruire entièrement, car on trouve toujours des gens quiont pour tout ce qui tient au merveilleux, une prédilection toute particulière. Un nâturaliste philosophe admire les productions de la nature, sans rendre hom-

(a) On voit, par conséquent , que nous sommes loin de partager l’opinion de M. Féburier , qui, après avoir décrit la structure des travaux des abeïlles s’écrie ; « Quel » est le géomètre qui, en voyant de faibles insectes ré- » soudre un des plus beaux et des plus difficiles pro- » blêmes de la géométrie , n’a‘lmire pas ces alvéoles où » les ouvrières ont employé les figures les plus propres à » ménager l’espace et la matière... ? Quels sont les » hommes qui, à la vue de ces prodiges qu’ils pour- » raïent à peine égaler , n’accorderont pas aux abeilles » un degré d'intelligence dont elles nous donneront par » suile de nouvelles preuves ? » (Paris , 1810.)

mage aux organes dont elle se sert. Quel est celui, qui connaissant la physiologie végétale, n’admire pas là structure des végétaux? Faut-il en accorder la perfection au cambium qui semble être leur premier élément ?

L'existence des abeilles est certainement bien distincte de celle des plantes; on y retrouve facilement tous les caractères qui séparent les animaux des végétaux; mais si nous faisons abstraction des groupes que la science a dû former pour faciliter l'étude, et que nous examinions les effets plutôt que les causes, nous verrons de grands points de similitude entre leS abeilles et les plantes.

Toute l'harmonie qui existe dans une ruche n'est pas le fait de la suprême intelligence qu'on s’est plu à donner aux abeilles; elles sont toutes disposées à faire spontanément la même chose, de la même manière : c’est à cela que l’on doit rapporter l’uniformité de leur arrangement. Pour prouver qu'il y a chezelles défaut de raisonnement , il n’y a qu’à bien observer la manière dont elles agissent dans les circonstances qui sortent de leurs travaux ordinaires. Par exemple, quand plusieurs abeilles veulent éloigner de leur ruche un objet qui leur déplaît, elles le tirent chacune de leur côté, de

sorte qu'au moment d'en être expulsé, il est quelquefois ramené dans l'intérieur, puis abandonné; il demeurera dans lemême endroit un Japs de tems considérable : mille abeilles passeront de manière à l'apercevoir et n'y toucheront aucunement, quand, par hasard , une seule s'irritera contre et l’entraînera; mais la plus forte des considérations qui tend à faire croire que les abeilles n’ont qu'une intelligence très-bornée, c’est de.périr dans un endroit qui leur serait très-défavorable , plutôt que d’en déloger, pour en chercher un autre ; ce devrait être la moindre des choses pour des êtres intelligens, puisque d’ailleurs cela ne dépasse pas le but de leur propre conservation (a). Nous

(a) Si, par le mot éntelligence, on comprend le jusement ou le raisonnement qui guide chaque espèce animale dans ses actions : la plupart du tems , et surtout chez les insectes , celle faculté innée n’est point perfectible , et ne doit être considérée que comme une fonction identique avec leur existence. L’œufisolé d’un ver à soie éclot; Panimal qu'il contenait subit toutes les métamorphoses assignées à son espèce; la soie qu'il a produite était de même nature et sous la même forme que celle de tous les autres vers à soie. L'abeille éclose a aussitôt toute la science dont son espèce est pourvue. Comme le ver à soie elle ne recoit point de leçon , et cependant elle sait déjà construire des alvéoles, y déposer du miel, et, en un

nous appesantissons sur ces faits, pour les faire tourner au profit de la culture et en même tems détruire les préjugés. Maintenant nous allons voir par un examen rapide, quels sont les rapports qui peuvent exister entre les abeilles et les végétaux.

On doit considérer le fruit, comme le but et l’accomplissement des fonctions végétales, et la reproduction de son semblable comme celui des fonctions animales. Cette loi, commune à tout ce qui vit, admet en masce, presque les mêmes circonstances entre les abeilles et certains végétaux. Dans un fruit, par exemple, les semences sont placées la plupart du tems au milieu d’une substance charnue, très-volumineuse , que les botanistes nomment sarcocarpe : cette substance est naturellement destinée à fournir les premiers élémens nécessaires à la nutrition et au développement dela graine; mot , elle rivalise de perfection avec les plus anciennes abcilles de la ruche. Cette intelligence , qui n’augmente en rien depuis la naissance de l'abeille jusqu'à sa mort, peut-elle lui faire accorder une grande perfecubilité ? Mais en général , dans cette nombreuse classe d'insectes , dans lesquels on ne trouve , à proprement parler, ni cœur ni cerveau, il n'existe aucun être capable de dévier en

rien de ceux de son espèce.

mais souvent la superfluité de cette substance peut être mécaniquement soustraite en grande portion , sans que cela nuise essentiellement à ce développement. Faisons remarquer que la plupart des végétaux périssent presque aussitôt qu'ils ont donné leurs fruits, et quejusque là, tout, chez eux, avait existé avec une étonnante harmonie.

Chez les abeilles, toutes ces circonstances peuvent se concevoir de la même manière :

qu'on ramasse un essaim, les travaux s’exécutent aussitôt, les alvéoles se forment; le couvain se dépose, il est bientôt environné de provisions surabondantes; il éclot, quitte le lieu où il a pris naissance, pour commencer autre part de nouvelles productions. Que devient la ruche mère? Il arrive souvent qu’elle est dans l’état le plus déplorable et qu’elle périt dans l’hiver qui succède; ou si elle n’a pas donné trop d’essaims, et qu’elle ait toujours assez d'abeilles pour se conserver, elle pourra se conserver en effet pendant plusieurs années, si elle peut avoir un nouvel espace pour édifier; alors elle abandonnera ses anciennes provisions et ses anciennes alvéoles qui ne peuvent servir long-tems aux mêmes usages ; leur cire même, ne peut plus être employée par elles

pour former de nouvelles cellules, Tel, le végétal vivace abandonne ses feuilles, ses fleurs et ses fruits pour se renouveler.

En hiver, les abeilles et les végétaux sont comme engourdis et se nourrissent peu; si vers la fin de cette saison, le tems devient doux, les végétaux poussent, les abeilles sortent et travaillent : si l’état de l'atmosphère est resté pendant quelque tems à ce degré et qu'il revienne subitement très-froid, il devient aussi funeste aux uns qu'aux autres.

On a su dire avant nous que les essaims pouvaient être considérés comme des fruits qui tombaient lorsqu'ils étaient mürs; cela est si vrai, qu'ils sont, comme eux, tardifs ou préc oces selon le caprice des saisons.

36. Les essaims artificiels peuvent être comparés aux boutures végétales ; dans la première circonstance , les abeilles agrandissent quelques cellules du jeune couvain et forment à volonté des abeilles femelles qui peupleront les ruches. Dans la seconde, la tige dont les boutons devaient s'épanouir en l'air et former des feuilles, des fleurs et des fruits, enfoncés en terre, ils s’allongent, changent de forme et deviennent des racines qui nourrissent et soutiennent le végétal. Ils changent donc aussi

Go ESSAI SUR LES ABEILLES.

étrangement de nature que les abeilles, et celæ pour la même cause, la conservation de l’ensemble.

Ainsi, les abeïlles se conduisent si souvent comme des végétaux, qu'il ne doit pas être:

ridicule de dire qu’elles doivent être gouvernées comme tels par les cultivateurs; nous répéterons que c’est à eux de connaître ce qui est nécessaire à ces insectes, et dechoisir, pour les cultiver, les procédés les plus avantageux.

Mais jamais, par exemple, nous ne vaincrons.

l'inclémence d’un climat; il faut le considérer alors comme plus ou moins contraire à ces insectes; peut-être un jour trouverons-nous.

les moyens d'augmenter encoreleurs produits, Nous avons ouvertdenouvelles voies, nous pouvonsleurappliquerunecultureexacte, et bientôt nous parviendrons à mettre au niveau des autres, un art qui était resté bien en arrière,

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