‹ AbélardChapitre 24 sur 122 · VOIX DIVERSES · texte numérisé non relu

VOIX DIVERSES

Qu'est-ce? qu'y a-t-il?

ABÉLARD, à Guillaume.

J'attends. Mais prenez garde, le silence est un aveu.

ALBÉRIC, bas à Guillaume.

11 faut leur lire cette lettre.

GUILLAUME

Crois-tu?

ALBÉRIC

Oui, oui. (Très-haut.) Avec votre permission, ô très-honoré et maintenant très-saint maître, je lis devant ce peuple assemblé la lettre qui suit 54 :

« Bernard, serviteur indigne de Jésus-Christ, à son frère » dans la foi Guillaume de Champeaux.

» Mon cœur est affligé de vos peines et ressent vos inju- » res; car c'est la foi qui est menacée en vous, mais je » tiens que ces sciences mondaines la défendent mal, et que » ces combats de paroles sont vanité. La vérité a besoin du » glaive spirituel et du bouclier de l'Église. Faites donc taire » tout ce bruit des écoles, et revêtez-vous de l'autorité véri- » table. Je vous annonce que le successeur de saint Pierre » vient d'approuver votre élection à Tévêché de Châlôns. » C'est dans cette chaire-là que j'ose vous dire : « Allez » et enseignez 55. » Il faut à l'esprit de vérité la parole à la- » quelle on ne répond pas. Répondre, c'est nier. — J'honore » votre Sainteté, et je baise humblement votre anneau,

» Bernard de Clairvaux. »

Murmures divers, MANEGOLD.

Hé bien ?

Amis, frères, enfants, réjouissez-vous ! C'est pour l'Église un jour de fête. Admirons la bonté tutélaire et la pénétration incomparable du successeur du prince des apôtres. Et vous, 6 très-illustre docteur,. maintenant notre père très-saint, accueillez nos humbles congratulations. Votre piété reçoit sa récompense. Souffrez que, le premier,

A pieux évêque, je m'incline devant vous, et vous demande, pour moi et pour tous ces chrétiens, votre première et paternelle bénédiction.

M ANEGOLD, bas à Gombauld.

Gausse-t-il ?

ODON

En vérité, je ne sais.

Abélard descend de la pierre sur laquelle il est monté, et s'approchant de Guillaume, il incline sa tête devant lui, en fléchissant un peu le genou. La plupart des écoliers l'imitent.

Bénissez-moi, mon père !

GUILLAUME

Hais... Eh bien, soit, je vous bénis... Benedicat te Deus omnipotens...

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