Haute-Garonne
x PRÉFACE. vn
rappelait à Paris pour remplir les fonctions de soussecrétaire d'État, M. de Gasparin étant ministre de l'intérieur *. Aussitôt, paraissant oublier Abélard et la philosophie, il s'attachait à ses fonctions nouvelles, autant pour servir ses principes de politique générale que par goût de la partie technique de l'art de gouverner. Moins d'une année plus tard, le ministère étant renversé, il pouvait librement songer à son drame. Il ne s'y mettait pourtant avec passion qu'après un nouvel hiver écoulé, et c'est dans l'été de 1838 qu'il a acheyé son œuvre avec un plaisir qu'il aimait à rappeler, et avec la liberté d'un esprit qui ne songe qu'à se satisfaire luimême.
Pendant l'hiver qui suivit, et bien souvent plus tard, il a fait dece drame des lectures dans les salons de Paris. Le succès, dès le premier jour, avait été très- vif et ne s'est jamais démenti. La mode était grande de l'entendre, et l'on n'applaudissait pas seulement l'auteur, mais le lecteur, et, si je l'ose dire, le chanteur. 11 semblait mériter ce qu'Héloïse dit quelque part à celui qu'elle aime : « Vous avez deu;t » choses qui suffiraient pour séduire, c'est la façon » dont vous récitez et celle dont vous chantez. » Cette lecture était en général précédée d'un aperçu, la plupart du temps improvisé, sur Abélard et sur son temps, surtout sur l'organisation des écoles et les mots techniques de la philosophie. Il eût été imprudent d'introduire sans transition la société