‹ Abélard; drame inédit. Publié avec une préf. et des notesChapitre 4 sur 164 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

défense de la liberté. Même lorsqu'il ne traitait pas des affaires de l'État, lorsque, dans le Globe, il prenait une part active à la querelle des romantiques et des classiques, en jugeant le Cromwell de Victor Hugo, ou les chansons de Béranger S il ne se détournait pas de la voie qu'il devait suivre jusqu'au dernier jour, et il semblait tenir surtout à donner au parti libéral les avantages d'une bonne position eu littérature, et à le montrer prêt à toutes les réformes, tout animé de l'esprit nouveau. Les lettres le préoccupaient pourtant plus que le public ne pouvait le savoir. Il était connu de la jeunesse de son temps par des chansons qu'il composait dès le collège, et il avait eu d'agréables succès de société en lisant dans le monde des drames historiques : le Retour du Croisé, ou Jean de Montciel, la Révolte de Saint-Domingue et la Saint-Barthélemi. On peut voir dans les lettres de M. Ampère, dans les souvenirs de M. Delécluze, dans les articles de M. Sainte-Beuve, quel était l'attrait de ces lectures pour les gens du monde et pour les lettrés. Si grand que fût ce succès, mon père ne voyait là qu'un délassement, un exercice pour un esprit qui ne se croyait capable de tout com prendre, de tout juger qu'après avoir tout tenté. Mais ce n'était point pour lui l'emploi sérieux et définitif de ses facultés. 11 ne voulait, même en son jeune temps, rien publier qui pût le gêner un jour ou diminuer son autorité, s'il prenait part au

1 . Ces articles ont été réimprimés dans le recueil intitulé : Critiques et Études littéraires, ou Passé et Présent, par Charles de RÉMUSAT, dé l'Académie Française. 2" édition. 2 vol. in-18. Didier, 1857

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