‹ Abraham BosseChapitre 12 sur 63 · MARIAGE A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

MARIAGE A LA CAMPAGNE

LE

utiles qui l’aideront à monter son ménage: un pot à lait, un vase de cuivre, une grande toile.

Cette toille, large d'une aulne, Possible vous agréera,

Et si vous la trouvez trop jaune, La laissive la blanchira.

C’est en ces termes que s'exprime une des voisines ; la sœur dit à son tour :

Ma bonne sœur, soyez contente De cet excellent pot à laict,

Et gardez-le bien, s’il vous plaist, Puisqu'il vient de feu nostre tante,

Une autre femme, non moins affable, s'approche avec le même empressement, et tient ce langage, en montrant un vase de cuivre:

Recevez, ma chère voisine,

Ce beau pot de cuivre tout neuf.

On y ferait bien cuire un bœuf, Tantilest bon pour la cuisine.

La mariée remercie tout le monde ct entasse les présents sur une table déjà chargée de vaisselle et d’ustensiles. Elle aura de quoi garnir son bahut, son dressoir et son armoire. La voilà bien pourvue dans son modeste intérieur.

Si Abraham Bosse s’est attaché à retracer, dans un cadre aussi vaste, les principales scènes du mariage, c'est peut-être, il ne faut pas l'oublier, parce qu’il était marié depuis peu de temps lui-même: il avait observé autour de lui les circonstances et les personnages qu’il a représentés. Qui sait même si la jeune fiancée que nous montre la première gravure, jeune femme à la coiffure ronde, à la mine sérieuse, assez opulente de chair, vraie Tourangelle, n’est point Catherine Sarrabat ? Cette figure reparaît dans plusieurs estampes, et quel est l'artiste qui ne s’est plu à répéter dans ses œuvres les traits d’une personne aimée ? Laïissons de côté cette conjecture, qui semble assez fondée, pour noter que Bosse est revenu souvent à des idées qui se rattachent au mariage. Il est aussi l’auteur de deux scènes très saisissantes où il fait la satire des mauvais ménages, et il a représenté, dans une énergique composition, les

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