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d’une façon si expressive, ont des physionomies étrangement significatives. Regardez celles-ci, les mondaines aux coiffures bouclées et frisées, aux collerettes brodées, aux corsages élégants et somptueux ; contemplez celles-là, qui se sont volontairement privées de tout luxe et de toute parure, laissant tomber sur leurs épaules leurs chevelures traînantes, vêtues à peu de frais de longues robes d’une extrême simplicité. Quel aperçu saisissant nous avons d’un monde lointain et disparu ! Quel jour éclatant jeté sur la vie d’autrefois!
Les Vierges sages passent leur temps à lire et à commenter des livres de liturgie et de prières. Elles ont posé près d’elles les lampes symboliques au co! de cygne, les lampes de pureté qui éciaireront leurs veillées. Nous les retrouvons, ces chastes et pieuses personnes, penchées durant une partie de la nuit, près de la haute cheminée, et poursuivant avec ferveur les mêmes pensées. Les lampes entretiennent fidèlement près d’elles leur lueur mystique. Quel air sérieux chez ces vestales chrétiennes, quel maintien exemplaire ! Rien ne les détourne de la pratique des devoirs dont laccomplissement remplit leur vie. Il faut les suivre, après leurs saintes veilles, quand elles se dirigent en procession vers l’église. Aussi obtiennent-elles la récompense qu’elles ont méritée par leur vertu. Le Christ apparaît à leurs yeux étonnés : elles voient venir à elles, à la clarté de leurs lampes, le divin époux dont elles ont longuement rêvé.
Attirées par toutes les distractions licites et illicites qui troublent les âmes, les Vierges folles ne laissent guère les idées religieuses entrer dans leur esprit : elles recherchent la dissipation;-les jeux, les lectures légères. La paresse les possède; elles n’ont pas envie de filer de la laine ni de travailler pour la maison ; elles ne prennent pas la peine d’allumer leurs lampes pour veiller. Le soir, elles s’ennuient auprès du foyer; assises dans des attitudes nonchalantes, accoudées sur- des coussins, elles n’ont rien à se dire et ferment les yeux. Elles seront punies de leur oisiveté ; si elles se présentent par hasard au temple, dans un moment de repentir, elles entendront une voix qui leur criera :
Retirez-vous d'ici, je ne vous connais point.
Ces sujets symboliques, empreints d’une poésie spiritualiste, s’accommodaient avec certaines tendances qui ont prévalu pendant le règne de Louis XIII. La France était gouvernée par un cardinal; on avait donné
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