‹ Abraham BosseChapitre 26 sur 63 · LES CINQ · texte numérisé non relu

LES CINQ

Bosse a aussi traduites. Lorsqu'on fait un retour vers ces anciens artistes, on trouve qu’il faut peut-être rapprocher, avant tout, Abraham Bosse de l’habile et fécond Hendrick Goltzius. C’est un précurseur presque immédiat, mort dans la première partie du xvure siècle, et quia été, lui aussi, graveur de sujets de sainteté, de compositions symboliques et historiques et de scènes de mœurs.

Les compositions allégoriques offraient à Abraham Bosse des données toutes différentes de celles qu’il avait traitées dans ses sujets religieux. Il portait dans ce genre de productions des souvenirs mythologiques et un peu de paganisme ; son esprit retrouvait les raffinements auxquels s'étaient complu les artistes italiens de la Renaissance. Ces compositions avaient aussi obtenu la vogue ; tout le monde ne recherchait pas uniquement les gravures sévères et abstraites, les sujets ecclésiastiques et chrétiens; bien des gens aimaient, pour l’ornement du logis, les scènes spirituelles et gracieuses qui symbolisaient le cours de la vie, les diverses phases de l'existence, la marche des jours et des heures, ou qui exprimaient, sous un aspect riant et mondain, les jouissances et les plaisirs de l'humanité.

Combien de graveurs et de peintres avaient ainsi développé, depuis le Moyen-Age, ces conceptions générales, les Ages, les Saisons, les Éléments, les Cinq Sens! Dès le début du xvu° siècle, vous trouverez de tous côtés des répétitions de ces sujets; Stella, Deruet, Vouet, Callot s’en inspirent. Certaines allégories sont tellement à la mode que vous les verrez encore représentées dans des peintures de Teniers. Nos peintres classiques du xvine siècle les recherchent de même; ils reprennent des thèmes bien connus, pour nous en offrir de nouvelles redites, dans leur langage pimpant et aimable.

Lorsque Abraham Bosse s'applique à cet ordre de sujets, il est aussi inventif que les artistes les plus habiles. Il transporte aussi, dans ses gravures allégoriques, les habillements et les costumes de son temps. Dans les Quatre Ages de l’homme, la plus ancienne de ses séries, il maintient le caractère intime dont ses œuvres sont si profondément empreintes. Il figure l'Enfance d’une façon un peu sérieuse, mais vraie et naïve. Voici, couché dans son berceau, le petit être pour qui la vie commence à peine,

aussi composé une Légende de l'Enfant prodigue. Aldegrever est l’auteur de la Parabole du Mauvais Riche. Albert Dürer a gravé un Branle. Ces maîtres allemands semblent être arrivés des premiers à l'étude des scènes de la vie réelle.

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