‹ Abraham BosseChapitre 33 sur 63 · MAITRE D · texte numérisé non relu

MAITRE D

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80 LES ARTISTES CELÈBRES

miracles et un alphabet religieux. Il compose enfin un cadre d’almanach pour l’année 1638, des dessins d’orfèvrerie et un modèle d'horloge qui ne pouvait passer inaperçu dans la famille de horloger Sarrabat. Dans chacun de ces ouvrages il fait montre d’une liberté d'imagination, d’une hardiesse et d’une diversité inconcevables.

Il avait assez de renom pour être appelé à exécuter des travaux d’une nature presque spéciale. C’est ainsi que Guy de la Brosse le désigne pour graver, dans un volume in-folio, les plantes les plus rares du Jardin du Roi'. Cette tâche a été menée à bien par notre graveur, qui devait pourtant la considérer comme un peu ingrate. Les planches d'histoire naturelle que nous lui devons témoignent d’une extrême précision et d'une rare vigueur.

Il nous semble probable, en examinant ces travaux si variés, qu’Abraham Bosse s’est exercé à la peinture. Lui-même se donne comme dessinateur et peintre dans un des traités qu’il a publiés. Nous pouvons juger de la valeur de ses dessins, d’après le beau croquis à la sanguine, exposé au Musée du Louvre, et qui représente Une Femme faisant de la tapisserie, sujet qu’il a gravé et dont nous avons donné plus haut la reproduction?. On lui attribue plusieurs tableaux, entre autres une scène des Vierges folles, au Musée de Cluny, et une suite, les Saisons, au Musée de Lille. Ces peintures sont exécutées avec des tons vifs et éclatants, qui se détachent avec intensité sur un fond assez uniforme. Il n’est pas inutile de les regarder, si nous voulons nous faire une idée des couleurs qui brillaient sur tant de riches costumes, si nous voulons admirer certaines teintes, comme le vert céladon, qui était alors tout particulièrement en faveur. Après avoir étudié les gravures d'Abraham Bosse, nous pouvons demander à ces tableaux quelques nouvelles observations, à propos des modes et des mœurs.

Tableaux de graveur, si l’on veut; nous croyons pourtant qu'il ne faut pas se presser de considérer toutes ces œuvres comme étant de la main d'Abraham Bosse. S’il a pris goût parfois à peindre, par délassement ou par caprice, on peut imaginer aussi que des artistes qui vivaient de

1. Archives de l’Art français, tome I*. De Jussieu a écrit dans un mémoire : (Dans le dessein de faire connaître la supériorité du Jardin du Roi, Guy de la Brosse se servit de la main d'Abraham Bosse pour représenter les plantes singulières qu'il y élevoit et qui manquoient aux autres jardins. »

2. Nous signalons quelques autres dessins dans le Catalogue placé à la suite de cette notice.

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