‹ Abraham BosseChapitre 4 sur 63 · Jal. Dictionnaire critique de biographie et d'histoire · texte numérisé non relu

Jal. Dictionnaire critique de biographie et d'histoire

au marché. Ces pièces n’offrent rien de significatif, et les compositions de Bellange sont assez superficielles. Abraham Bosse s'exerce à reproduire d’autres estampes, figures ou paysages. Il exécute, en 1624, quelques gravures pour le recueil dé Fontaines, dessinées par l’architecte Francini, pour les jardins des palais de Fontainebleau et de Saint- Germain-en-Laye. On peut supposer qu’à cette époque Abraham Bosse se trouvait à Paris. La première composition originale qu’on retrouve dans son œuvre est celle qui représente un jeune cavalier adressant des propos galants à une femme, auprès de laquelle se tient l'Amour, son arc à la main et décochant une flèche. Cette composition, qu'Abraham Bosse n’a point gravée lui-même, nous a été conservée par une gravure sur bois, très sèche et très dure ?. Tout révèle dans cette estampe l’embarras, la lourdeur d’exécution d’un artiste qui en est à peine à ses commencements. Une autre pièce, qui se rattache encore à une période de jeunesse, est datée de Tours, 1627 : c’est une Vierge tenant debout sur ses genoux l'Enfant Jésus emmaillotté. La Vierge est assise au pied d’un arbre, en costume de villageoïise ; on la prendrait pour une nourrice venue de la campagne. Cette composition est d’un style encore un peu lourd, mais elle annonce un artiste qui se forme et va devenir bientôt plus habile et plus expérimenté.

Comme graveur, Abraham Bosse reproduisait déjà volontiers des scènes de mœurs : une gravure, d’après Jean de Saint-Igny, nous apporte une preuve de ce goût. Nous avons devant nous, dans cette œuvre, deux fumeurs réunis dans une salle basse de tabagie qui semble un lieu plus ou moins équivoque. Ce sont de jeunes officiers au feutre relevé sur l'oreille ; ils font penser aux militaires qu’on retrouve dans les tableaux de corps de garde de Valentin, quoique leur tournure soit beaucoup plus française.

Saint-Igny, l’auteur de cette scène de genre, est un graveur fantaisiste, à la touche fine et délicate. M. Ph. de Chennevières a écrit l’histoire de ce charmant petit maître normand qui fut à la fois un continuateur de nos anciens artistes français et un initiateur élégant, s’inspirant de son temps et sensible au spectacle de la vie réelle ?, Il faut le placer

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