UN GENTILHOMME
Figure de la série : le Jardin de la Noblesse française.
portraits de personnages qui ont grand air, gens de qualité et gens de la cour ; il compose des suites de costumes, des séries de modes esquissées
avec la plus grande justesse. Si les détails sont parfois un peu maniérés, si la délicatesse qu’il montre devient frêle et fluette, cela ne messied pas aux personnages qu’il met en scène, jeunes seigneurs pimpants, pages imberbes qui semblent presque des enfants, belles dames qui se promènent galamment dans un parc ou qui, travaillant chez elles, s’occupent à dévider des écheveaux ou à faire de la dentelle aux fuseaux.
C’est un prédécesseur et un maître pour Abraham Bosse que Saint- Igny. Rapproché sans doute de cet artiste par quelque hasard, Abraham Bosse devient son collaborateur, grave toute une suite consacrée à la noblesse française, et imagine lui-même pour ce recueil quelques figures et un frontispice ingénieux.
Le Jardin de la noblesse française, publié en 1629, est un délicieux petit livre de costumes. Un gentilhomme et une dame n’avaient qu’à feuilleter cette série, pour savoir comment s’habillaient ceux qui donnaient le ton à Paris. On y voit défiler de jeunes cavaliers se drapant dans leur manteau, tenant leur canne levée en l’air, tirant leur épée du fourreau, montrant leurs gants, contemplant avec amour un médaillon. De gracieuses femmes s’avancent avec lenteur, abaissant un éventail, agitant un écran de plumes, étalant complaisamment un bout de manchette brodée. Tous ces personnages se pavanent, vus de face, vus de dos, vus de droite ou de gauche; ils setiennent dans ces attitudes variées pour faire valoir uniquement la beauté de leur ajustement. Derrière chaque figure se déroule un fond en perspective, allées de jardins, paysage de ville ou de campagne, palais, châteaux à tourelles. La noblesse française promène son habillement, aux abords des habitations royales ou dans ses domaines. Elle conserve, dans les modes qu’elle a adoptées, le goût qui s'imposait au début de la régence de Marie de Médicis, et l'on y retrouve quelques derniers souvenirs des élégances du règne de Henri III. Les jeunes seigneurs, coiffés du caudebec empanaché, laissant pendre, d'un côté de leur chevelure, une longue cadenette, portent le manteau court, le pourpoint brodé, le col de dentelles, le haut-dechausses bouffant et dés bottes à revers, d’où s’échappent des rubans. Ils ont des nœuds de rubans un peu partout, et cette garniture toute particulière, posée près de la ceinture et qu’on appelait « la petite oïe ». Les dames n’ont pas encore abandonné la fraise à tuyaux ouverte sur le
1. LE JARDIN DE LA NOBLESSE FRANÇOISE, dans lequel se peut cueillir la manière de leur vestement. 18 planches. F. L. D. Ciartres excudit A° 1620.
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devant du corsage; elles ont des collets montés, des « rotondes » à double et à triple rang de dentelles; la collerette plate fait à peine son apparition.
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