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LE TAMBOUR

N° 3 de la série des Figures au naturel tant des vestements que des postures

des Gardes Francoises du Ray Très Chrétien.

garde française en cuirasse, le garde française portant la hallebarde, jusqu’à des « goujats » ou valets d'armée, qui reviennent de la maraude. IL pourtraicture ces personnages un à un, avec les détails qui les font reconnaître. Dans cette suite, sa manière de graver se modifie; le trait est vif, le style accusé. Armés de piques et de mousquets, l’épée au côté, le feutre relevé ou la bourguignote en tête, les gardes paradent fièrement. Ils ont cette physionomie martiale, cette mobilité expressive, ces allures déterminées, qui sont propres de tout temps au soldat français et que nous retrouverons encore bien des fois dans les tableaux de bataille de Van der Meulen, comme dans les scènes de camp de Watteau, de Pater et de Charles Parrocel.

Pendant qu’Abraham Bosse exécutait ces suites, tout en y entremélant quelques pièces remarquables, destinées à l'illustration des livres ou à des recueils techniques comme les Portiques de Francini, il prenait place parmi les graveurs occupés et féconds; il trouvait sa voie en attendant de se révéler comme un créateur.

En 1632, il s'était marié; il avait épousé Catherine Sarrabat, fille d'un horloger de Tours, d’un « maître horlogeur », comme on disait alors. Les deux frères de celle-ci, Charles et Daniel Sarrabat, l’un horloger, l’autre graveur en métaux et en pierres, étaient des amis d'enfance d'Abraham Bosse ; ils étaient aussi calvinistes. Venus à Paris en même temps que notre artiste, ils avaient contracté avec lui une amitié qui ne s'était pas démentie et qui avait naturellement amené cette union !. Au moment de son mariage, Abraham Bosse avait trente ans; il était sûr de lui-même; il avait acquis assez d'expérience pour n’avoir pas à craindre, dans son intérieur de graveur, les surprises de l’avenir.

Autour de lui, tout le poussait aux audaces; il se trouvait entraîné

dans un mouvement nouveau; une grande époque était venue pour

1. Le dimanche 1x° jour de may 1632, furent espousez en l'église réformée de Tours le sieur Abraham Bosse et Catherine Sarrabat. (Registre des protestants de Tours.) Document publié par M. Grandmaison. Revue de l'Art francais. — Voir aussi Jal, Dictionnaire : Les annonces et promesses de mariage d'entre Abraham Bosse, graveur en taille-douce à Paris, fils de deffunct Louis Bosse, vivant me tailleur d'habits, et de Marie Martinet, ses père et mère d’une part, et de Catherine Sarrabat, fille de deffunct Jean Sarrabat, vivant m° horlogeur au dict Tours, et de Marie Rivière, ses père et mère d’autre part, ont été publiées par trois divers dimanches consécutifs en l’Église Réformée de Paris, recueillie à Charenton-Saint-Maurice. Le troisième dimanche du dit mois de mars, au dit an 1632. (Registres de Charenton. Archives de l’état civil de Paris, Palais de Justice.)

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