ARBER. Op. cit., II, p
17. En 1619 « liverymen » et « yeomen » votaient au nombre de 49. Cf. ARBER. Op. cit., II, p. 875. À
18. The Complete Works of Abraham Cowley.……, edited by the Rev. A. B. GRosART. Memorial-Introduction, p. x1.
19. S. Gee. Abraham Cowley, M. D. (St. Bartholomew's Hospital Journal, 1903, p. 4).
si l’on en croit les termes affectueux, par lesquels il lègue sa fortune « à sa chère et bien-aimée femme ».
© Mais pour Abraham il n’a guère été qu’un nom, et son influence n’a pu s'exercer sur lui que bien indirectement, par l'empreinte qu’il avait laissée sur la maisonnée. Beaucoup plus profonde et active a été celle de sa mère.
Ce n’est pas que nous soyions beaucoup plus renseignés sur Thomasine Cowley que nous ne le sommes sur son mari. Nous ignorons quel était son âge à la naissance d'Abraham. Sprat nous apprend qu’elle vécut jusqu’à quatre-vingts ans 20; il s’abstient toutefois d'indiquer la date de sa mort. Mais Abraham parle d’elle dans l’essai Of Myself, et s’il ne nous révèle d’elle qu’un trait, ce trait est essentiel. Expliquant comment il trouva un exemplaire des œuvres de Spenser sur le rebord de la fenêtre où sa mère mettait ses livres, il ajoute : « Je ne sais par quel hasard il s’y trouvait, car de toute sa vie, elle ne lut jamais que des livres de dévotion » 21.
Nous pouvons voir en elle une de ces bourgeoises d’un type si répandu alors en Angleterre, toute pénétrée de pensées religieuses, nourrie journellement de la Bible et des livres de piété autorisés par l'Eglise anglicane, créant autour d’elle une atmosphère de foi ardente, austère, très proche du puritanisme.
C’est dans cette atmosphère qu’a grandi Abraham; de son enfance date sa soumission respectueuse à la voix du Livre Saint, son dégoût du vice, même brillant, son besoin de voir en toutes choses le but moral à atteindre. Sans doute, d’autres influences viendront dans la suite des temps agir sur lui. Celle qu’a exercée sa mère les domine, car elle a déposé en lui le germe de cet instinct de respect et d’ordre qui formera la base de ses idées religieuses et morales.
Que Thomasine Cowley ait été, par surcroît, une femme de tête, on peut le supposer, puisqu'il semble bien que malgré son veuvage prématuré, elle a réussi à élever sans accident sa nombreuse
20. SPRAT. Op. cit., p. xxxI. 21. Essais : Of Myself II, p. 457.
famille, et qu’elle savait à l’occasion prendre des décisions graves: l'envoi d'Abraham à Westminster, nous en est un témoignage.
Les frères et les sœurs de Cowley, nous le savons par le testament de Thomas, étaient au nombre de six : deux filles, quatre garçons. Des cinq premiers, nous ne connaissons que les noms : Peter, Audrey, John, William, Katherine. Si, comme il le semble, les enfants sont énumérés par rang d’Âge, Pierre était l’aîné, et celui que nous connaissons, Thomas, était le sixième, ce qui s’accorde avec les dires de Sprat : « Pour ses trois frères, Abraham garda toujours une affection constante, et, ayant survécu aux deux premiers, il fit du troisième son héritier » 22. Or Thomas fut effectivement son héritier. De la phrase de Sprat nous pouvons, en outre, conclure qu’un de ses frères mourut relativement jeune, avant que Sprat eût fait la connaissance de Cowley. Nous savons, d'autre part, que l’un des deux autres mourut au moment de la première représentation de Cutter of Coleman Street, au mois de décembre 1661 23. Là s'arrêtent nos informations.
Quant à Thomas, le seul dont parle Abraham, le seul dont nous ayons le testament, il était, comme son père, libraire. Les registres de la corporation indiquent qu’à la date du 26 mars 1640, il a reçu la franchise de la corporation 24. Peut-être l’a-t-il reçue au titre de fils de libraire, pouvant en cette condition obtenir à 24 ans « freedom by patrimony ». (Ce qui ferait dater sa naïissance des environs de 1616, hypothèse très vraisemblable.) Nous savons en tout cas qu’il tenait boutique à l’enseigne du Lévrier, dans le cimetière de St Paul, et qu’il y est resté jusqu’à sa mort 25. Il s’occupait surtout de vendre des livres. Cependant, on trouve son nom sur une édition de l’Anatomie de la Messe de Pierre Du Moulin, traduite par James Mountaine, et imprimée par Stephen Bulkley en 1641 26. £