ARBER. Op. cit., II, p
que deux de ses confrères, pour ne pas s’être rendu à la réunion trimestrielle 16.
Ces documents ne nous permettent vraiment pas de douter du véritable métier de Thomas. Le troisième indique même qu’il réussissait, car l’accès à la maîtrise était un honneur réservé aux membres les plus prospères et les plus honorables de [a corporation, et ces membres jouissaient d'importants privilèges, celui par exemple de voter, seuls de leur corporation avec les membres de la « Yeomanry » pour l'élection des magistrats de la Cité 17.
Les suppositions que nous pouvons faire, grâce à ces documents, sur la situation matérielle de Thomas, sont confirmées par le contenu de son testament. Il répartit sa fortune en legs qui révèlent une réelle prospérité; à chacun de ses enfants, qu'ils soient sept ou huit, il laisse cent quarante livres, soit en tout environ mille livres. Le reste, sauf quelques legs de peu d’importance, revient à sa femme. On peut accepter comme vraisemblable, l’estimation de sa fortune par Grosart à deux mille livres 18.
Et c’est là tout ce que nous savons du père d'Abraham. Nous ignorons l'enseigne et l’emplacement de sa boutique, et nous n’avons aucune raison de suivre le critique imaginatif qui en fait un des libraires de Paternoster Row 19. De ce que la célèbre rue regorgeait de boutiques de libraires, nous ne pouvons conclure que Thomas Cowley était l’un d’eux. Il pouvait aussi bien être installé dans le cimetière de Saint Paul, ou dans les rues avoisinantes.
Au total, nous nous le représentons comme un honnête bourgeois, commerçant prospère, estimé de ses confrères. Pieux, ce dernier trait nous est attesté par son testament : même en tenant compte du rôle que joue la tradition dans une pièce de ce genre, l’insistance avec laquelle il ramène tout à Dieu indique une foi sincère. Le même document nous le révèle également bon mari,