Cf. J. VENX. Alumni Cantabrigienses, vol. I, p
7. Un manuscrit de la bibliothèque de Trinity College (Ms. O. 14-20) contient cette résolution : « Nos infra scripti Magister et Socii Collegii Stae et Individuae Trinitatis Cant. communi consensu lubentique animo hosce libros publicae Colly Bibliothecae dono dedimus : neutiquam dubitantes, quin successores nostri in perpetuum hoc tam laudabile exemplum (quod et nos unanimi Magistri et seniorum vota atque decreto, quantum in nobis, iis com-
livres dont il lui a fait don en 1665 8. Son testament, enfin, prouve nous le verrons, l’attachement de Cowley pour son collège.
Mais c’est aux environs immédiats de Londres qu'il veut s’établir, assez près de la ville pour ne pas perdre contact avec ses amis, assez loin pour avoir l'impression de la pleine campagne. Quelles ont été ses résidences ? Avec son élégante imprécision, Sprat parle de « deux ou trois villages sur les bords de la Tamise » 9. Les critiques se sont efforcés de préciser le nom de ces villages. Spence, dans ses anecdotes, déclare : « Lorsque Cowley se dégoûta de 1x Cour, il prit une maison d’abord à Battersea, puis à Barnes, puis à Chertsey : toujours plus loin de la ville » 10. Joseph Warton affirme de son côté qu’il habita d’abord une petite maison à Wandsworth, mais que, la trouvant irop près de la capitale, il la quitta pour Richmond, et finalement s'établit à Chertsey 11. Il est possible que Cowley ait commencé par s'installer à Battersea ou à Wandsworth, mais aucune preuve n’en subsiste, et il serait bien imprudent de croire aveuglément les affirmations souvent risquées d’un Spence ou d’un Joseph Warton. Nous sommes sûrs, par contre, qu’il vécut à Barnes plus de deux ans et finit ses jours à Chertsey. ?
mendavimus) secuturi sint. » Sur 46 noms, celui de Cowley figure dixseptième.
8. Ce sont : Glandorpii, Onomasticon Historiae Romanae (Francofundi, 1539); Schotani, Commentarius in Historiam Sacram Sulpitii Severi (Franequere, 1662); Carolus Patin, De Antiquis Numismatibus Romanis (Paris, 1663): Astrologia Gallica. Joannis Baptistae Morini (Hagae Comitis, 1561). Ces livres portent tous : Trin. Col. A° Dmi, 1665. Abraham Cowley M. D. hujus Collegii Socius D. D. (D. D. = dedit).
9. SPRAT. Op. cit., p. xv : « The Places that he chose for the seats of his declining Life, were two or three villages on the Bank of the Thames. »
10. Anecdotes, Observations, and Characters, of Books and Men. Collected from the conversation of Mr. Pope, and other eminent persons of his time. By the rev. Joseph SPENCE. Now first published from the original papers, with notes, and a life of the author, by Samuel Weller Singer, London, 1820, p. 286.
11. Joseph WarTow. An Essay on the Genius and Writings of Pope (5° édition, 1806, vol. II, p. 44). W. SreBBiNG (Some Verdicts of History reviewed, p. 71) cite quatre noms : Deptford, Battersea, Barn-Elms et Chertsey (Sur la discussion de ces résidences, voir les Notes and Quertes, VI, 1, p. 256
et VII, 3, pp. 48, 155, 372).
Il s’installe à Barnes dans une maison appelée Barn-Elms, fragment d’un vieux domaine où la reine Elisabeth avait installé sa laiterie 12, La maison a du reste disparu depuis longtemps; seuls subsistent quelques murs des vieux jardins. Disparus ‘aussi les ormes qui donnaient leur nom à la demeure. Ce sont ces ormes qui nous permettent, indirectement, de fixer avec quelque précision la date de l’arrivée de Cowley. Lorsque Mrs. Katherine Philips, ou, pour parler le langage de ses admirateurs, « l'incomparable Orinda », séjourna à Londres, à la fin de 1661 et au début de 1662, elle rendit visite à Cowley, et composa des vers : Upon the graveing of her name upon a tree in Barn-Elms Walks 13. Ajoutons qu’elle a écrit aussi une ode pindarique tout à fait à la manière de Cowley sur la retraite de notre héros : Upon M. Abrakam Cowley’s Retirement, vraisemblablement à l’occasion de cette visite 14. Orinda étant repartie pour Cardigan en mars, nous pouvons donc conclure qu'il a émigré à Barnes dès les tout premiers mois de 1662, c’est-à-dire presque tout de suite après l’échec de Cutter of Coleman Street. Et ceci s’accorde parfaitement avec ce que nous apprend Sprat de sa précipitation à fuir la ville 15. La désillusion amère l’a entraîné aux décisions hâtives.
En fait, bien que nous ayions de lui une lettre adressée à son ami Evelyn, où il célèbre les plaisirs du jardinage 16, le séjour de Barn-Elms ne lui convient pas. La Tamise toute proche y fait régner une humidité malsaine dont il ne tarde pas à ressentir les fâcheux effets. Dans le courant de l’année 1663, une fièvre le prend, qu'il traîne de longs mois 17, et dont il ne se remettra
12. Cf. William HowrrrT. Homes and Haunts of the most eminent British Poets, 3° édition, 1857, p. 44.
13. G. SAINTSBURY. Minor Poets of the Caroline Period, vol. I, p. 583. La première édition (non autorisée) des poèmes de Mrs. K. Philips est de 1663. La date de son séjour à Londres et l’incident de sa visite à Barn-Elms, se trouvent dans l’article qu'Edmund Gosse a consacré à « The Matchless Orinda », dans ses Seventeenth Century Studies, p. 241. Nous n’avons aucune raison de ne pas accepter ses affirmations.