‹ Abraham CowleyChapitre 106 sur 429 · State Papers. 1bid., vol. 116, p · texte numérisé non relu

State Papers. 1bid., vol. 116, p

36. Mr. À. H. Nethercot ayant lui aussi découvert le document et devant le détailler tout au long, nous avons jugé inutile d’en refaire ici l’analyse.

ces legs, qui apportent sur la question des renseignements intéressants 36bis,

En 1691 s’engageait un procès entre le jeune Alexandre Davenant, et « dame Elizabeth Harvey, widow », à laquelle John Hervey avait légué en mourant cette action. Alexander Davenant essayait de rentrer en possession d’une somme de mille livres par laquelle il venait de racheter cette action à dame Elizabeth Hervey, affirmant que Cowley n’aurait pas dû en disposer (il ne s’agit d’ailleurs que d’une moitié d’action). La famille Hervey, par contre, maintenait ses droits au legs de Cowley.

Au dire d'Alexander Davenant, Cowley aurait reçu le revenu de cette demi-part comme prix de sa collaboration avec Sir William :

Abraham Cowley étant un homme d'esprit, versé dans la poésie, et très lié avec Sir William Davenant.…., celui-ci fit appel à son aide et à son jugement pour écrire, corriger, et fournir des tragédies, des comédies, et d’autres divertissements poétiques pour la scène, et, en récompense, pour la peine dudit Mr. Cowley, il autorisa.. Mr..Cowley ou toute personne qu’il désignerait, mais seulement avec son consentement, à prendre ladite demi-part sur les bénéfices de ce théâtre durant la vie dudit Sir William Davenant, part qui lui fut continuée, après la mort de Sir William Davenant, jusqu’à sa propre mort... (ce dernier point est d’ailleurs faux, puisque Cowley mourut en 1667 et Davenant en 1668).

Mais, ajoute Alexander Davenant, cette demi-part n’appartenait à Cowley qu’autant qu'il rendait des services au théâtre, et il n'avait aucunement le droit d’en disposer après sa mort. Le plaignant explique ensuite comment Cowley « étant de son vivant débiteur vis-à-vis dudit John Harvey pour une somme de trois cent livres ou telle autre somme », John Hervey avait obtenu de toucher en son lieu et place le produit de cette demi-part, et, continuant après la mort du poète, avait finalement « emboursé » une somme supérieure à celle qui lui était due.

A quoi Elizabeth Hervey répond en protestant du droit de Cowley à disposer comme bon lui semblait de sa demi-part. Si nous l'en croyons, cette part devait être assez considérable, car « il

36 bis. Chancery Office, C. 8. 348/95 et C. 8. 560/39. Mr. A. H. Nethercot les signale le premier, et les donne en appendice. Nous n’aurons donc pas besoin de les citer tout au long à notre tour.

devait avoir, et eut toujours trois livres par jour pour tous les jours où les acteurs jouaient dans ledit théâtre ».

Nous ne connaissons pas l’épilogue du procès, qui paraît avoir été abandonné 36 ter, mais les conclusions que nous pouvons en tirer, en ce qui concerne Cowley, ne manquent pas d'intérêt. Il semble qu’il ait secondé Davenant dans sa besogne de directeur de théâtre, et c’est là une activité nouvelle que nous lui découvrons. La seule preuve que nous en gardions, est d’ailleurs le Cutter of Coleman Street, effectivement représenté sur la scène de Davenant, en décembre 1661. Après son départ pour la campagne, sa collaboration dût se ralentir, mais Davenarit était sans doute heureux d’aider son ancien camarade d’exil.

Et cette aide, même si Cowley en a surtout profité pour se libérer d’une dette, a certainement été la bienvenue pour lui. Il est difficile d'évaluer avec précision les revenus qu’il pouvait retirer de sa part, mais ils devaient être appréciables. Alexander Davenant indique que le théâtre avait rapporté à Sir William « des bénéfices considérables », lui-même avait racheté la demi-part pour mille livres, et le chiffre de trois livres par jour de représentation, cité par Elizabeth Hervey, s’il est exact, devait en fin d’année constituer une somme que Cowley ne pouvait pas dédaigner.

A la lumière des nouveaux documents que nous avons étudiés, l'estimation de son revenu à 300 livres paraît nettement inférieure à la réalité, et Spence, quand il avance ce chiffre, se laisse visiblement impressionner par la réputation proverbiale de pauvreté des poètes 37, Lorsque, dans un de ses Essais, Cowley apprécie la somme de confort que l’on peut se procurer avec un revenu de 500 livres, ne nous donne-t-il pas lui-même une indication précieuse 38? [l lui est enfin possible de réaliser son rêve chéri, et d’unir à Chertsey, selon la formule célèbre, « otium cum dignitate ».

36 ter. La seule pièce se rapportant à l’affaire est une assignation adressée à dame Elizabeth Hervey, le 13 janvier 1692 (Chancery Orders, A. 1691, 384).

37. J. SPENCE. Anecdotes…., p. 13 : « Cowley’s allowance at last was not above 300 a year. J. WarTon (Essay on Pope, II, p. 44) est du même avis. Par contre, R. BELL (Lives, p. 76), veut que ces 300 livres s’ajoutent à ce que sa ferme lui rapportait.

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