‹ Abraham CowleyChapitre 107 sur 429 · Of Greatness, II, p · texte numérisé non relu

Of Greatness, II, p

Il s’installe dans sa nouvelle demeure au printemps de 1665; car le 21 mai il écrit à Sprat pour lui donner des nouvelles de son installation et l’inviter à venir le voir 39. I1 y habite une maison appelée « Porch House ». La maison subsiste, mais le porche à disparu, et on la connaît sous le nom de « Cowlèy House ». Une plaque rappelle le séjour qu'il y fit 40. La demeure est de dimensions modestes, mais sur le côté elle a un grand jardin, et derrière s'étendent de vastes prairies plates coupées par le ruisseau « The Bourne ». Au delà, St. Anne’s Hill, dont Cowley parle dans sa première lettre à Sprat, domine tout le pays. Un correspondant du Genileman’s Magazine mentionne un joli pavillon que Cowley avait fait construire, et un banc favori sous un sycomore au bord de l’eau 41. James Thorne, un siècle plus tard, décrit ainsi l’intérieur de la maison :

Un beau vieil escalier d’ébène, avec rampe, et une ou deux chambres lambrissées, qui restent à peu près telles que du vivant de Cowley, comme aussi le cabinet de travail du poète, petite pièce donnant sur les prairies du côté de St. Anne’s Hill, et la chambre où il mourut, sur la route 42.

Son séjour à Porch House avait assez mal débuté :

Le soir même de mon arrivée, je pris un si gros rhume, avec un catarrhe, que je dus garder la chambre dix jours et, deux jours plus fard, je me meurtris tellement les côtes en tombant, que je ne puis encore me remuer ni me retourner dans mon lit. Telle est ma fortune ici, pour commencer. En outre, je ne puis pas obtenir d’argent de mes

39. Citée par Jonnson. Life, p. 12, ainsi que nous l’avons déjà dit.

40. Cf. A. C. Jupson. Cowley in Arcadia (The Sewanee Review, vol. XXXI, p. 220..., 1923). L'inscription s’inspire du vers de Pope dans Windsor Forest : « Here the last accents flowed from Cowley’s tongue. »

41. The Gentleman’s Magazine, March 1797 (vol. 67, p. 199). En 1792, un autre correspondant décrivait Porch House en termes moins favorables (vol. 62, 28 janvier 1792) : « The house is now in a very ruinous state, and has not been inhabited for many years but it never could have been a good one. In Cowley’s time, there were several duck-ponds, and the garden must have been often overflowed from a small river immediately next to it, which runs from Windsor Great Park, and disembogues itself into the Thames at

Chertsey…. »

49. James THoRNE. Handbook to the Environs of London, 1876, p. 91.

160 ne LA VIE. DERNIÈRES ANNÉES

. , » . 2 . , fermiers et mes prairies sont dévorées, chaque nuit, par le bétail qu'y. mettent mes voisins. Ce que cela veut dire, ou deviendra avec le temps, Dieu le sait : si c’est un présage, cela ne peut finir par rien de moins

que la pendaison.. 43, Ë

écrit-il à Sprat, le 21 mai 1665.

Prenant trop au sérieux cette lettre où cependant l’humour perce à chaque ligne, Johnson y trouve l’expression d’une désillusion amère. Le citadin endurci, pour qui vivre loin de Fleet Street était souffrir l’exil, ne peut comprendre que Cowley se soit plu dans la solitude agreste de Chertsey. Et, sans doute, Cowley ne trouva-t-il pas à la campagne un bonheur parfait, exempt de tout souci. Comme il nous le confie en se moquant doucement de lui-même, ses illusions lui sont vite enlevées 44. Mais s’il est vrai que la solitude, dont il a fait son épouse, ne lui a apporté « ni la riche dot, ni la vie tranquille » qu’il en attendait, il n’a aucun regret de sa décision : « Je ne me repends pas de la voie que j'ai prise, et je n’en change pas » 45. Nous ne pouvons suivre dans leurs conclusions les critiques qui attribuent son amour de la campagne au dépit, et dire avec Howitt :

Toutes les fois qu’il avait des ennuis à la Cour, cette passion pour la solitude s’emparait de lui sans tarder..., s'étant convaincu qu’il aimait la campagne, il décida de passer à la pratique et se rendit ainsi à Barn-Elms 46,

Cet amour est sincère chez lui, et date de longtemps. Nous en avons trouvé r’expression première dans À Vote, écrit alors qu'il n’avait pas encore dix-huit ans. Il le redit dans The Wish, publié en 1647 dans le recueil The Mistress. A vrai dire, cet engouement paraît surtout littéraire. Les paradis pastoraux de Sidney et d'Honoré d’Urfé, et plus encore les souvenirs de l’âge d’or antique hantent sa mémoire. Lorsque à Barn-Elms, puis à Porch- House, il célèbre dans ses Essais les bienfaits de la solitude et de l'obscurité, il ne se lasse pas de citer Horace, Martial, Virgile, et d'exprimer avec enthousiasme leurs idées.

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