‹ Abraham CowleyChapitre 108 sur 429 · Lettre à Sprat, citée par Jonnson (Life…., p · texte numérisé non relu

Lettre à Sprat, citée par Jonnson (Life…., p

44. The dangers of an Honest man in much Company, II, p. 446, 1. 33. 45. Of Myself, IX, p. 459, IL. 18...

46, HowiTT. Op. cit., p. 42.

Mais nous pouvons affirmer qu’il aime la campagne, la vie calme et studieuse qu’on y mène, d’un amour personnel, sincère, et non seulement à travers les livres. Il ne serait pas resté si fidèle à cet idéal, et ne l’aurait pas si heureusement célébré, s’il avait simplement imité des modèles littéraires. Il en a trouvé l'instinct en lui. Sa nature sérieuse, timide, l’éloignait de l4 vie active, et le destinait à la contemplation solitaire. Aussi, lorsque le sort a fait de lui l'hôte de Barn-Elms et de Chertsey, il s’est appliqué à vivre son rêve. Forcée au début, sa retraite n’a pas tardé à devenir volontaire, et la mélancolie chagrine des premiers temps a vite fait place à une acceptation souriante de son sort. Adaptation résignée d’abord, puis joyeuse, telles sont les deux étapes par lesquelles il a dû passer. Et nous croyons Sprat lors-

qu’il affirme :

Bien qu’il ait reçu de fréquentes invitations à reprendre son rôle actif, il ne prêta jamais l’oreille aux offres les plus tentantes de profits et d'honneur. Ses visites à la Ville et à la Cour étaient très rares, ses séjours à Londres étaient ceux d’un voyageur de passage et non d’un habitant 47.

Moins que jamais après 1660, d’ailleurs, la vie de cour ne pouvait lui plaire. Le spectacle prolongé de la Cour anglaise et de la Cour française, l’une « militante », l’autre « triomphante » ne l’avait pas séduit pendant son exil. Il n’avait fait, suivant sa propre expression, « qu’ajouter la confirmation de la raison à ce qui était auparavant un penchant naturel » 48. Ce dût être pis encore lorsqu'il vit, à partir de 1660, Charles II et ses courtisans se lancer éperdument à la poursuite du plaisir dont ils avaient été si longtemps privés, et ouvrir l’ère de licence qui rend l’époque tristement célèbre. La grossièreté de mœurs et de langage, l’immoralité, l’irréligion des « roués » de la Restauration, devaient profondément heurter son sens inné de la modération et ses convictions les plus chères. Tout bourgeois qu’il est, il a plus de finesse et de distinction que l’aristocratie de son temps. L’air de la Cour lui devient irrespirable, et, même en ne tenant pas compte de

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