Voir plus bas l’arrestation de Cowley
28. Il existe, par exemple, un Thomas Cowley, contemporain du père du poète, auquel est accordé, en 1611, un « Privy seal » (Calendar of State Papers), et qui, en 1615, recoit le privilège « of the Surveyorship of all Honours, Castles, etc, Co. Chester, for life » (ibid.).
Un William Cowiey et un Clément Cooley figurent dans la liste des agents de Cromwell (Acts and Ordinances of the Interregnum.…., 1, p. 123; I, p. 335; IT" p.495):
Un Thomas Cowley, « citizen and grocer », de la paroisse de Saint-Giles,
Cripplegate, meurt en 1645. (Cf. son testament, daté du 20 octobre, enregistré le 11 décembre.)
IT
C’est donc un petit bourgeois de Londres, élevé en plein centre du quartier commerçant, menant la vie des enfants de sa classe: l'emprise de son milieu à été profonde et durable sur lui. Que sa mère, après la mort de son mari, ait continué à vivre dans la paroisse de St Michael ou qu’elle soit passée sur le territoire de St Dunstan in the West, c’est la même partie de la ville qu’il habite, et cetie partie possède un centre d’attraction sans rival pour un enfant : Fleet Street. Il a grandi dans l’atmosphère de cette rue, il y a fait connaissance avec les aspects multiples de la vie.
La rue est riche en spectacles divers, en effet, et d’abord Cowley y trouve face à face l’ancien et le nouveau Londres. S'il peut encore se perdre au nord dans la vieille ville, avec son grouillement pittoresque de petites maisons tapies autour des innombrables églises, au sud, entre la rue et la rivière, c’est une ville encore jeune qui apparaît à ses regards. A la place des couvents des ordres religieux que viennent de supprimer Henri VIII et Elisabeth, Bridewell, Whitefriars, the Temple, véritables palais aux grands jardins et aux cours spacieuses, s'élèvent des maisons
Le frère du poète avait également un homonyme, employé à l’Amirauté, tant pendant l’Interrègne qu'après la Restauration. De nombreuses références à sa personne sont faites dans les papiers d’Etat de l’époque (Cf. State Papers, Domestic Sertes.….).
Dans les registres contenant les licences de mariage délivrées par l’évêché de Londres, les Clarke et les Cowley sont innombrables. Parmi eux nous relevons : le 18 décembre 1581, un Thomas Cowley, « carpenter », et une Thomasine Berrye, qui pourraient être à la rigueur les ancêtres du poète. Le 23 novembre 1595, un Thomas Arrowsmith, « grocer », et une Mary Cowley, dans la paroisse de Saint-Dunstan in the West. Le 5 septembre 1640, se marie un William Cowley, âgé de 25 ans. Le 17 octobre 1626, une Elisabeth Cooley; le 29 octobre 1625, une Jane Cooley, etc. (Allegations for marriage licenses issued by the Bishop of London... edited by G. Armytage).
neuves : les jardins ont disparu, les cours sont devenues des ruelles. La population s’est portée en masse vers ce quartier nouveau. A la naissance de Cowley, il est surpeuplé. C’est d’ailleurs là une des caractéristiques du Londres de cette époque, comme le prouve une proclamation royale de 1622, interdisant aux gentilshèmmes de province de venir à la ville sauf pour affaires, et, dans ce cas, avec défense d'amener leur famille ou même leur femme 29.
Ce n’est pas à dire que tout soit parfait dans le quartier, et les contemporains eux-mêmes se plaignent de la saleté qui y règne. La voie publique qui continue Fleet Street vers l’ouest au delà de Temple Bar est si encombrée d’ordures en 1635 que la circulation y est malaisée 30. A l’est, le ruisseau qui a donné son nom à la rue coule encore à ciel ouvert, et l’odeur fétide qu’il dégage est un premier supplice pour les criminels que l’on mène par eau à la prison 31. Entre ces deux foyers d'infection, le quartier est malsain, aussi les épidémies sont fréquentes, et la peste vient souvent en décimer la population. Il ne se passe pas d’années sans que s’y rencontrent des cas isolés, et la maladie prend parfois des allures de fléau. En 1625, par exemple, Abraham a pu entendre les lamentations de la paroisse de St Dunstan in the West qui compte à elle seule 533 morts. En une semaine de cette année-là, du 30 juin au 7 juillet, la peste fait dans la ville 593 victimes 32.
Mais les contemporains oublient facilement ces inconvénients, alors inévitables, pour admirer la beauté et la richesse du quartier. Fleet Street, en particulier, dit John Stow 33, est « ornée de beaux bâtiments de premier ordre, bien habités par des marchands des meilleurs métiers, tels que drapiers en laine et en toile, épiciers, selliers, ébénistes, libraires, et le commerce y est très actif ».
La situation privilégiée du quartier fait que la population y est aussi variée que nombreuse, et la rue offre à l’enfant les spectacles et les types les plus divers. Les nobles y logent volontiers, s’y trouvant à portée de Saint-James. Les provinciaux y descendent, car les hommes de loi qu’ils veulent consulter demeurent tout