‹ Abraham CowleyChapitre 121 sur 429 · SPRAT. Account, p. xLI · texte numérisé non relu

SPRAT. Account, p. xLI

2. Nous avons trouvé cette indication dans la vie de Cowley écrite en latin par Sprat. Plus brève, plus simple, elle renferme quelques renseignements intéressants qui disparaissent dans l’élégante rhétorique de sa sœur anglaise. Voici ce qu’il dit : « … Initio superioris anni, inciderat in morbum, quem medici diabeten appellant. Hoc cum tres circiter menses laborasset, leviora symtomata fieri coeperunt, et sanari videbatur. »

3. SPRAT. Account, p. xLr. La vie latine dit : « Media aestate, inter messores nimium diu spatiatus, novo morbo correptus est. Rem ipse primo contempsit, ut levem, et cui remedia facilia proponebantur. Sed ingravescende in dies morbo, sero tandem medici accersuntur, atque ita non multo post tempore, pectoris et gutturis dolore, consumptus est. »

Près d’un siècle plus tard Spence, à l'affût d’anecdotes piquantes, raconte l’accident à sa façon. Cowley et Sprat seraient allés rendre visite à un voisin, et la réception aurait été trop cordiale. Les deux amis n’auraient repris le chemin du retour que fort tard. Leurs libations copieuses ajoutant aux incertitudes de la nuit, ils se seraient perdus, auraient couché à la belle étoile, et Cowley y aurait pris le refroidissement qui l’emporta 4. Est-il utile de dire que nous n’accordons aucune confiance à ce récit ? Certes, nous savons que Cowley ne dédaignait pas le bon vin; dans une de ses lettres de France il parle en connaisseur du vin de Piémont et du vin du Rhin 5. Est-ce une raison pour en faire un ivrogne à la mode du XVIII° siècle ? Spence nous paraît l’accommoder au goût de son époque, de cette époque où la valeur d’un homme se mesurait trop souvent au nombre de bouteilles qu'il pouvait boire. La version de Sprat, dans sa simplicité, s’accorde beaucoup mieux avec tout ce que nous savons de Cowley.

Il est mort à l’âge de 49 ans, le 28 juillet 1667. Son enterrement fut grandiose. De Chertsey le corps fut d’abord transporté à Londres par eau, le long de la Tamise qu’il avait tant aimée :

… What tears the river shed When the sad pomp along its banks was led !

s’écriera Pope 6.

On le déposa dans le palais de Buckingham, à Wallingford House, et c’est de là que partit le cortège, le 3 août dans l’aprèsmidi. Funérailles vraiment nationales, où le char traîné par six chevaux était suivi par près de cent carrosses de gens de qualité, par tous les hommes distingués de la ville, et un grand nombre d’évêques et de membres du clergé 7. On lui décernait l'honneur suprême : la sépulture dans l’Abbaye de Westminster où il repose dans le « Poets’ Corner », aux côtés de Chaucer et non loin de Spenser. Le duc de Buckingham tenait un cordon du poële 8.

Page 1